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Imamoğlu est officiellement le nouveau maire d'Istanbul

Par Jonathan Grimmer | Publié le 17/04/2019 à 17:59 | Mis à jour le 19/04/2019 à 01:35
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Le Haut-comité électoral (YSK) a officialisé hier la victoire du candidat du CHP à l'élection municipale du 31 mars. Néanmoins, le YSK doit encore se prononcer sur une demande d'annulation du scrutin déposée mardi par l'AKP. Un énième recours que certains observateurs jugent contre-productif.

 

C’est une nouvelle que les partisans de l’opposition n’attendaient plus : le Haut-comité électoral (YSK) a officialisé hier la victoire d’Ekrem Imamoğlu, le candidat commun du CHP et de l’Iyi Parti, à l’élection municipale d’Istanbul, qui s’est tenue il y a plus de deux semaines, le 31 mars.

Après avoir reçu son mandat dans les locaux du YSK, l’ancien édile de Beylikdüzü, un arrondissement populaire d’Istanbul, s’est rendu en début d’après-midi à la mairie de la ville, où l’attendaient des dizaines de milliers de supporters (voir notre reportage). « Nous n’avons jamais abandonné, nous n’avons jamais renoncé à la démocratie et à nos droits », a scandé Ekrem Imamoğlu à l'attention de la foule, faisant référence aux multiples recours déposés par l’AKP pour faire invalider les résultats depuis que le YSK l’a désigné vainqueur, le 1er avril dernier. « Nous savons que des procédures sont encore en cours… Mais nous espérons que les autorités compétentes y répondront de la façon la plus juste qui soit », n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler celui qui se pose désormais comme l’un des principaux opposants d’Erdoğan en vue de la présidentielle de 2023.

« Qu'adviendra-t-il s'ils perdent les élections nationales ? »

De fait, l’AKP n’a pas toujours renoncé à la mairie :  le YSK doit encore se prononcer sur une demande d’annulation du scrutin déposée mardi par le parti au pouvoir. La veille, le candidat battu, Yıldırım Binali assurait en conférence de presse:  « L’AKP aurait remporté la mairie d’Istanbul si toutes les voix avaient été prises en compte.[…] L’écart entre moi et Ekrem Imamoğlu est tombé à 12 200 voix [13 729 selon les derniers chiffres officiels, ndlr] alors que seuls 10% des votes ont été recomptés. » faisait remarquer que l’écart entre lui et Ekrem Imamoğlu était passé de 25 000  à 12 200 voix alors que seuls 10% des votes ont été recomptés. 

Parmi les observateurs, certains se demandent si cette débauche d’énergie de l’AKP pour conserver la municipalité n’est pas contre-productive. « Les gens se posent la question : ‘S’ils s’acharnent à ce point pour la mairie d’Istanbul, qu’adviendra-t-il s’ils perdent les élections nationales ?’ », confie à Al-Jazeera un analyste du think tank libertarien américain Cato Institute.  Et de nuancer peu après : « D’un autre côté, le fait que les autorités ne se soient pas pliées aux exigences du parti, et qu’à la fin elles accordent la victoire à Ekrem Imamoglu, montre que les lois existent toujours en Turquie »... Même s’il a fallu attendre 17 jours pour qu’elles soient respectées, feront remarquer les membres de l’opposition, à l’instar du député CHP Erdogan Toprak.

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Jonathan Grimmer

Journaliste de formation, passionné de littérature et d'échecs, j'ai pris la responsabilité de l’édition d’Istanbul de lepetitjournal.com en avril 2019 après avoir travaillé deux ans en France pour divers titres de la presse écrite.
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