

Deux dirigeants du journal d'opposition turc Cumhuriyet ont été incarcérés jeudi soir par une cour pénale d'Istanbul pour avoir fait état de livraisons d'armes du régime turc à des groupes djihadistes en Syrie.

Suite à une plainte du président turc, Recep Tayyip Erdoğan, un procureur avait ouvert une enquête le 29 mai dernier, quelques heures après la publication par le journal de photos et d’une vidéo montrant des armes transportées dans des camions des services de renseignement, interceptés en janvier 2014 à la frontière turco-syrienne. Ces véhicules étaient censés convoyer – selon la version officielle – de l'aide humanitaire aux Turkmènes de Syrie. Mais les images de Cumhuriyet montraient des milliers de munitions cachées sous des boites de médicaments.
Le quotidien n’avait pas été en mesure de suivre la trace de ces armes, mais il laissait entendre qu’elles étaient destinées aux groupes djihadistes combattant l’armée syrienne de Bachar el-Assad. Une version que les autorités turques ont constamment niée. Hier encore, le président Erdoğan a répété que ces armes avaient été envoyées aux Turkmènes, ceux-là même que l’aviation russe et l’armée de Bachar el-Assad bombardent depuis plusieurs jours à la frontière turco-syrienne.
Après la parution de l’article, Recep Tayyip Erdoğan avait menacé le rédacteur en chef, promettant de lui faire “payer très cher”. Parmi les premiers à réagir, jeudi soir, à l’incarcération des journalistes, le chef du Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kılıçdaroğlu : “Si l’on enferme ceux qui rapportent le crime et non ceux qui le commettent, personne ne peut prétendre que la presse est libre et la justice indépendante en Turquie”, a déclaré le chef de l’opposition.
Istanbul (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 27 novembre 2015











































