Édition internationale

ISRAEL - Attentat meurtrier à Tel Aviv

Une attaque suicide a fait au moins dix morts et une cinquantaine de blessés hier, dans un quartier populaire de Tel Aviv. Pendant qu'Israël prépare sa riposte, le Hamas s'est refuséàcondamner l'attentat

La sandwicherie oùont péri dix personnes hier avait déjàétévisée par un attentat en janvier dernier (Photo : AFP)

L'Etat hébreu a étéfrappépar un attentat suicide, hier, vers 13h30. C'est le premier acte terroriste depuis janvier et depuis l'arrivée du Hamas au pouvoir en Palestine.
L'attaque a fait, selon un bilan encore provisoire, dix morts et au moins 49 blessés, dont certains se trouvent dans un état très critique. La cible était une sandwicherie baptisée "Le falafel du maire", située àTel Aviv, dans le quartier populaire et très fréquentéde Neve Shaanan. Le dernier attentat qui avait frappéIsraël, le 19 janvier, avait viséle même endroit, faisant 15 blessés mais pas de victime mortelle, sauf le kamikaze lui-même.
Fait marquant, l'attaque a étérevendiquée hier àla fois par le Djihad islamique et par les Brigades des Martyrs d'Al Aksa. Sami Salim Mohammed Hammad, l'homme qui s'est fait exploser, était âgéde 21 ans et originaire de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Le Djihad islamique a remis aux médias une vidéo qu'il avait enregistréavant de mourir, dans laquelle le jeune kamikaze se voulait menaçant : "il y a de nombreux autres kamikazes sur le chemin". Il y expliquait également qu'il dédiait son geste aux Palestiniens emprisonnés en Israël (environ 9.000 personnes).
Abbas embarrassé
Cette tragédie coïncide en Israël avec les célébrations de Pessah, la Pâques juive. Mais c'était aussi le jour de l'entrée officielle en fonction des nouveaux députés de la Knesset, suite aux élections du 28 mars dernier. Le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a déclaré: "nous saurons réagir comme il convient". Les responsables de la défense d'Israël devaient se réunir hier soir pour décider de la riposte àmener. D'après les premiers échos, un raid contre le siège du gouvernement du Hamas àGaza n'était pas envisagé.
Mahmoud Abbas, le président de l'Autoritépalestinienne, a, lui, vivement condamnécette "attaque terroriste"qui selon lui "viole le consensus national palestinien et porte atteinte aux intérêts de notre peuple". Du côtédu Hamas, ce n'était pas vraiment le même son de cloche. Fraîchement élu au gouvernement palestinien, le groupe a refuséde se désolidariser de l'attentat et a estiméqu'il s'agissait d'une "conséquence naturelle de la poursuite de l'agression et de l'escalade israéliennes". Le Hamas, qui va recevoir une aide financière de l'Iran de 50 millions de dollars, observe un cessez-le-feu depuis plusieurs mois. Il s'était rendu responsable du dernier attentat le plus sanglant en Israël, qui avait fait 16 morts août 2004 àBeersheva.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 18 avril 2006

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