Édition internationale

IRAN – Ahmadinejad mis à mal par son propre camp

Toujours contesté par l'opposition qui s'est rassemblée vendredi sous l'impulsion de l'ex-président Rafsandjani, Ahmadinejad a été mis en difficulté cette fois par ses amis politiques. Des ultraconservateurs ont exigé la démission du vice-président tout juste nommé et qui est connu pour sa sympathie envers Israël et les Etats-Unis

Esfandiar Rahim Mashaie et Mahmoud Ahmadinejad, le 14 avril 2009 (photo AFP)

(Rédaction Internationale)
- En nommant un vice-président ouvert au dialogue avec Israël, Mahmoud Ahmadinejad avait voulu faire un geste vers la communauté internationale. Mais le président iranien a rapidement été rappelé à l'ordre par son propre camp conservateur. Dimanche, trois jours après l'annonce de son arrivée au poste de premier vice-président, Esfandiar Rahim Mashaie était même annoncé démissionnaire par la télévision iranienne en langue anglaise Press-TV. "Un mensonge propagé par les ennemis du gouvernement", selon Mashaie

Un ami de la famille
Esfandiar Rahim Mashaie est pourtant très proche du président réélu. Il fait même partie de sa famille puisque sa fille a épousé le fils d'Ahmadinejad. Cependant, pour obtenir un poste de pouvoir en Iran, il faut avoir l'accord du Guide suprême. L'ayatollah Ali Khamenei avait, il y a tout juste un an, désavoué des propos de Mashaie. Ce dernier avait affirmé que l'Iran était "l'ami du peuple américain et du peuple israélien"et qu'il considérait "le peuple américain comme l'un des meilleurs peuples du monde."Officiellement, l'Iran ne reconnaît pas Israël. Les parlementaires conservateurs et dignitaires religieux avaient alors exigé le départ d'Esfandiar Rahim Mashaie, à l'époque vice-président chargé du Tourisme.
Ce week-end, c'est la presse conservatrice qui a déclenché la polémique par l'intermédiaire du quotidien Kahyan. Le directeur de ce dernier, Hossein Shariatmadari, choisi par le Guide suprême, avait écrit dans l'édition de dimanche que "de nombreuses personnes proches du président, comme le peuple qui le soutient, sont hostiles à la nomination de M. Rahim Mashaie et s'en inquiètent."

L'ex-président Rafsandjani dénonce la situation
Ce nouvel évènement dans la vie politique iranienne montre que Mahmoud Ahmadinejad n'aura pas les mains totalement libres pour choisir son nouveau gouvernement pour lequel chaque ministre devra obtenir individuellement la confiance des députés.
Ahmadinejad doit être de nouveau investi président entre le 2 et le 6 août. La situation ne s'est pas pour autant arrangée en Iran où l'opposition et un mouvement populaire continuent de contester le résultat des élections. La semaine passée de nouveaux heurts ont eu lieu entre les forces de l'ordre épaulées par les milices bassidji et des partisans de Mir Hossein Moussavi. Candidat battu à l'élection présidentielle, il avait dénoncé des fraudes entachant le scrutin et demandé la tenue d'un nouveau vote.
Vendredi, l'un de ses soutiens et ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani a pris la parole pour la première fois depuis le scrutin du 12 juin. "La République islamique court à sa perte si le vote du peuple n'est pas pris en considération", a-t-il averti. Durant son prêche, il a également dénoncé les atteintes à la liberté de la presse et les multiples arrestations injustifiées. Ulcéré par ces prises de positions, l'ayatollah Khamenei a adressé un vif avertissement à Rafsandjani lors d'une allocution télévisée, hier.
Un autre perdant du scrutin, Mohamed Karoubi, aurait été agressé physiquement et insulté alors qu'il souhaitait se rendre à la prière et rassemblement du vendredi, selon le site Internet de son parti réformateur.
Yann Fernandez (www.lepetitjournal.com) mardi 21 juillet 2009

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