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Les enfants de l’ère Meiji, à l’école de la modernité

Une salle de classe à l'ère MeijiUne salle de classe à l'ère Meiji

Comment étaient éduqués les enfants de l’ère Meiji au Japon ? En grande partie par de belles estampes ! Ce sont ces magnifiques ukiyo-e de la fin du 19e siècle que présente la Maison de la Culture du Japon, du 30 mars au 21 mai 2022.

 

La Maison de la Culture du Japon à Paris propose une exposition exceptionnelle de 140 estampes japonaises de l’ère Meiji (1868-1912). Ces magnifiques ukiyo-e proviennent des collections du Machida City Muséum of Graphic Arts, l’un des plus importants concernant la gravure, et le Kumon Institute of Education.

 

Affiche de l'exposition de la Maison de la Culture du Japon

 

L’ère Meiji : une ouverture sur le monde

Cette exposition se concentre sur un sujet original et peu traité jusqu’à présent en France : l’éducation des jeunes Japonais à la fin du 19e siècle. Une époque où le Japon s’ouvre sur l’Occident et revoie aussi ses méthodes éducatives. « L’histoire du jeu et de l’étude présentée dans cette exposition se poursuit de nos jours sans interruption. Les cours collectifs en salle de classe qui sont apparus à l’ère Meiji sont une institution aujourd’hui, et des jeux anciens comme l’origami ou le jeu de cartes bôzu mekuri sont encore très populaires auprès des enfants d’aujourd’hui. Pour nous, Meiji est à la fois proche et lointaine », souligne Kana Murase, conservatrice au Machida City Museum of Graphic Arts. Suite à un décret, l’Empire du soleil levant se tourne vers une éducation à l’occidentale, en classe, et se rapprochant du modèle français.

 

La curatrice de l’exposition ajoute : « En plus d’admirer des estampes d’enfants datant de l’ère Meiji, on est fasciné de pouvoir découvrir des thèmes qui nous sont proches dans des œuvres que l’on voit pour la première fois. Le public français saura certainement lui aussi y être sensible. Les enfants en tenue occidentale sur des images imprimées selon le procédé traditionnel de la gravure sur bois - mais portant des inscriptions en alphabet latin, témoignent des échanges entre le Japon et l’Occident. L’énergie que dégagent ces enfants est à la fois universelle et intemporelle - autant de raisons, j’espère, pour le public y soit réceptif ».

 

Ukiyo-e de l'ère meiji

 

Les ukiyo-e : une vision rêvée du monde et du Japon

Ces estampes vendues familièrement au Japon devaient comme moyen d’information mais aussi d’éducation auprès des enfants et des adultes japonais. Elles permettaient à la fois d’apprendre des mots d’anglais, de jouer mais aussi de savoir comment tresser ses cheveux à l’occidentale. Ces ukiyo-e étaient également très prisés en Europe, en pleine vague japoniste. Cet art populaire prend alors une réelle valeur artistique et une partie de la production part donc vers l’Europe et notamment la France.

 

Une estampe de Georges Bigot

 

Georges Bigot, un Français qui chronique le Japon du 19e siècle

Cette vision idéalisée d’un Japon moderne et occidentalisé n’est pas vraiment le reflet exact de l’époque. Les eaux-fortes de l’artiste français Georges Bigot qui viennent conclure l’exposition, apportent une vision plus réaliste du Japon de la fin du 19e siècle. L’artiste français arrivé dans l’archipel en 1882 y restera 17 ans et documentera la culture japonaise, non sans un oeil critique face à une modernisation et une occidentalisation effrénée.

 

Informations pratiques
30mars22mai

Du 30 mars à 11:00

Jusqu'au 22 mai à 19:00

Adresse

101 bis Quai Branly
75015 Paris

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