

L'ex tyran serbe Slobodan Milosevic est mort samedi àl'âge de 64 ans dans sa cellule du Tribunal pénal international avant d'avoir pu être jugépour ses crimes de guerre. Dommage?
Slobodan Milosevic en 2001 au premier jour de son procès devant le Tribunal Pénal International (photo AFP)
Slobodan Milosevic, l'ex Président de la Serbie, est mort samedi àl'âge de 64 ans dans sa prison du Tribunal Pénal International en Hollande. Détenu depuis le 28 juin 2001 àScheveningen, Milosevic répondait de 66 chefs d'inculpation pour génocide, crimes contre l'humanitéet crimes de guerre commis pendant les guerres civiles qui ont déchiréles Balkans dans les années 1990, en Croatie, en Bosnie et au Kosovo. En cinq ans, Milosevic n'aura pas eu le temps d'être jugé, emportant sa véritédans sa tombe. Dommage?
Car, Slobodan Milosevic restera sans doute comme l'un des plus grands criminels de l'histoire du XXe siècle. Néen 1914, orphelin de ses parents suicidaires, fonctionnaire, il devient un apparatchik du Parti Communiste yougoslave, dont il prend la tête en 1980, six ans après la mort de Tito.
Purification ethnique
Avec l'éclatement de la Yougoslavie, suite àl'effondrement du bloc de l'Est, Milosevic met le feu aux poudres en 1989 lors d'un discours au Kosovo. Entre 1991 et 1995, le nationaliste serbe ouvre des fronts en Croatie, en Bosnie, au Kosovo et en Macédoine derrière son projet de Grande Serbie.
Jusque sa chute en 2000, les conflits provoqueront la mort de plus de 200,000 personnes en Bosnie et de plus de 20,000 en Croatie. Milosevic en porte la responsabilité. Il a aussi commandéle déplacement de populations, et les opérations de "purification ethnique"en Bosnie. Depuis la seconde guerre mondiale, l'Europe n'avait plus connu de telles atrocités.
Pour cette raison, Milosevic devait être jugéet, sans doute, condamné. Mais, son procès s'est enliséautour de multiples chefs d'inculpation, et de milliers d'heures d'audition. Alors que son procès devait prendre fin cet été, la justice ne sera donc pas rendue aux populations victimes de la folie de Milosevic.
Le TPI pâtit
De fait, la mort de Milosevic a entachéle crédit du Tribunal pénal international créépresque spécifiquement pour lui par la communautéinternationale. Les défenseurs du chef de guerre, dont rappellent que Milosevic était malade (hypertension et problèmes cardiaques) et avait demandéen vain de bénéficier d'une remise en libertéconditionnelle afin de pouvoir être soignéen Russie. D'autres estiment que Milosevic a pu être empoisonnéce que devrait démentir une autopsie officielle.
L'image du TPI pâtit d'autant que la semaine dernière, Milan Babic, autoproclaméprésident des Serbes de Croatie, s'est suicidédans sa cellule àLa Haye. Dans le cas de Milosevic, un suicide apparaît improbable, mais en Serbie le mot assassinat revient sur les lèvres de ses nostalgiques, alors que la question du lieu de son enterrement (Serbie, Monténégro, Russie?) avive déjàla polémique.
Thierry CLEMENT. (LPJ) 13 mars 2006
Lire aussi
Portait de Milosevic dans L'Obs
http://permanent.nouvelobs.com/europe/20060311.OBS0163.html
Mort avant d'être jugé? Dans Le Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-749964@51-749951,0.html
Les réactions ? Dans Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/20060311.WWW000000023_reactions.html
Sur TF 1 ? Les controverses demeurent
http://tf1.lci.fr/infos/monde/0,,3289684,00.html


































