

Quatre ans après le naufrage du Bugaled Breizh, les juges d'instruction viennent de révéler les nouvelles pièces du dossier. Confortant l'hypothèse d'un accrochage avec un sous-marin, ce rapport pointe du doigt la marine de quatre pays
Le 15 janvier 2004, le Bugaled Breizh faisait naufrage au large des côtes britanniques, causant la mort des 5 marins à bord (photo AFP)
(Rédaction Internationale) - L'affaire du naufrage du Bugaled Breizh refait surface. Alors qu'ils sont sur le point d'être mutés, les deux juges d'instruction en charge du dossier depuis 4 ans ont communiqué hier les derniers éléments de l'enquête. Et d'après leur rapport, l'hypothèse d'un naufrage causé par un sous-marin est aujourd'hui "hautement probable". Pourtant, en avril dernier, le parquet de Quimper avait privilégié l'hypothèse du banal accident de pêche. La procureur avait alors suivi les conclusions du Bureau Enquêtes Accidents de Mer, qui dépend du ministère de l'Ecologie, et qui avait conclu à un simple "enfouissement ou croche du train de pêche dans le sable".
Mais une nouvelle pièce du dossier refait aujourd'hui pencher les soupçons vers la responsabilité d'un sous-marin. D'après un officier sous-marinier à la retraite, le naufrage aurait été provoqué par le gouvernail d'un sous-marin qui se serait pris dans un câble du chalutier, emportant alors le navire dans les fonds marins. Et pour cet expert, la rapidité de ce naufrage ne laisse aucun doute : c'est un des puissants sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) qui serait en cause. Or seuls quatre pays disposent de ce type de submersible : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et la France.
La France accusée de "masquer la vérité"
Le chalutier Bugaled Breizh avait coulé en seulement quelques minutes le 15 janvier 2004, au large de l'Angleterre, emportant avec lui ses cinq membres d'équipage. Les suspicions avaient alors aussitôt mis en cause un sous-marin, le naufrage ayant eu lieu dans la zone d'entraînement de la marine de l'OTAN et de la Grande-Bretagne. Mais cette hypothèse n'avait pu être confirmée, faute de coopération des Etats concernés. Malgré plusieurs demandes, les juges n'ont en effet jamais obtenu les positions exactes des sous-marins en question le jour de l'accident.
Aujourd'hui, selon l'avocat des familles de victimes, Me Bergot, les deux juges d'instruction considèrent qu"il est pratiquement impossible d'aller lancer des commissions rogatoires internationales"en direction des quatre pays soupçonnés. Pourtant, Me Bergot tient à interroger ces 4 Etats car "aujourd'hui, il y a des criminels qui courent dans la nature, de quelque nation que ce soit".
Accusant les militaires et le gouvernement français de "masquer la vérité", l'avocat des familles devrait bientôt relancer l'instruction sur ce dossier. En espérant enfin lever le voile sur la cause d'un naufrage vieux de quatre ans.
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) vendredi 1er août 2008
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Nouvel Obs ? Bugaled Breizh : un expert judiciaire relance la thèse d'un sous-marin nucléaire
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Libération ? Bugaled Breizh : La thèse du sous-marin "hautement probable"selon les juges






















