Ukraine, Covid, manifestations.. quel impact des différentes crises à Hong Kong ?

Par Ayman Ragab | Publié le 06/03/2022 à 14:34 | Mis à jour le 07/03/2022 à 03:50
Photo : @Unsplash/Drew Willson
personnes dans la rue à Hong Kong

Avec une production inférieure en 2021 au niveau de 2018, les effets de la crise sanitaires et de la crise politique qu'a connu Hong Kong sont loin d'être négligeables. Pourtant les chiffres affichent un mieux depuis la fin de l'année 2021. Le nouveau contexte géopolitique mondial pourrait à nouveau jouer.

Le PIB en recul de 2% sur 3 ans

La croissance annuelle de Hong Kong des années 2010 a été modérée, autour de 2,5%. En 2018, le PIB de Hong Kong était de 361 milliards USD selon la Banque Mondiale. L’année 2020 a vu une récession, la croissance chutant à -6.5%, en particulier lors des deux premiers semestres, avec une croissance aux alentours de -9%.

L’année 2021 a cependant vu un rebond, enregistrant une croissance de 6.4% au total, résultat bénéficiant surtout des performances des deux premiers semestres de l’année, respectivement de 8% et 7,6%. Le dernier quartile a vu une croissance plutôt respectable de 4.8% mais le PIB reste néanmoins toujours 2% inférieur à sa valeur de 2018.

Source: 2021 Economic Background and 2022 Prospects, HK government

La finance tient bon, le tourisme s'écroule

Parmi les quatre secteurs d’activités traditionnels de Hong Kong, que sont la finance, le tourisme, le commerce et logistique (import-export, transports...), et services professionnels (secteur légal, comptabilité, architecture, ingénierie, R&D, management...), les chiffres restent dans les grandes lignes à peu près inchangés.

Le secteur financier, cœur battant de l’économie hongkongaise, a continué de croitre, même durant la pandémie. En effet, la plus-value est passée de 480 milliards HKD en 2017 à 598 milliards HKD en 2020, soit de 19% à 23% du PIB.

 

Source : Census & Statistics Department

 

Si la part dans le PIB des secteurs commerciaux (20%) et des services professionnels (12%) n’a pas évolué outre mesure entre 2019 et 2020, les bénéfices absolus ont quant à eux baissé. On passe de 571 milliards de HKD en 2018 à 541 milliards de HKD en 2019, et à 508 milliards HKD en 2020 pour le secteur commerce et logistique, et de 324 milliards HKD en 2019 à 296 milliards HKD en 2020 pour les secteurs professionnels.

 

Source : Census & Statistics Department

 

Le secteur touristique a cependant connu un total effondrement, contribuant pour 4.5% du PIB en 2018, 3.6% en 2019 pour seulement 0.4% en 2020. Dans le même cadre, la contribution du transport aérien au PIB a chuté de 2.5% en 2017 à 1.5% en 2020. Les lourdes restrictions à l’entrée ont totalement découragé toute tentative de voyager.

 

Source : Census & Statistics Department

Un retour à l'emploi à Hong Kong

Quel a donc été l’impact des indicateurs précédemment cités sur la vie à Hong Kong? Tout d’abord, il faut noter que l’année 2020 a laissé des milliers d’individus sans emploi. Le taux de chômage a donc atteint un niveau inégalé depuis 2004, atteignant 6% début 2020 pour plafonner aux environs de 7% début 2021. Le taux de chômage est cependant redescendu à 4% début 2022. Les jeunes (moins de 25 ans) ont été tout particulièrement touchés, avec un taux de chômage atteignant 20% mi-2020 puis stable autour de 13% pour une bonne partie de l’année 2021, avant de redescendre à partir de d’octobre pour atteindre 5.5% aujourd’hui.

Source: 2021 Economic Background and 2022 Prospects, HK government

Inflation plus ou moins stable

Les prix ont quant à eux augmenté de manière plutôt saine. En effet, l’inflation a augmenté de manière quasi minime début 2021, pour ensuite augmenter et se stabiliser aux alentours de avec un pic de 3.7% en juillet 2021. En janvier 2022, l’inflation est à 1.2%. De manière générale, les économistes s’accordent à dire qu’un taux d’inflation entre 1% et 2% reste idéal. Accompagnant la montée des prix, les salaires ont eux aussi augmenté en 2021, après un ralentissement en 2020.

Source : Tradingeconomics.com

Source : Tradingeconomics.com

Conséquence de l’inactivité et de la situation sanitaire incertaine, les ménages ont drastiquement réduit leurs dépenses. Les dépenses liées à la consommation ont donc chuté lors du premier quartile de 2020 de 14%, et il faudra attendre 2021 pour que la confiance des ménages revienne. Il reste intéressant de remarquer que les dépenses liées à la nourriture restent faibles, même en 2021 avec une baisse de 13.4% en 2020 et de 4.4% en 2021.