Vendredi 17 septembre 2021

Dragan Mihailovic: "Nos joueurs de volley à Hong Kong donnent tout ce qu'ils ont!"

Par Jérôme de Clarens | Publié le 28/07/2021 à 18:05 | Mis à jour le 29/07/2021 à 02:38
Photo : Dragan Mihailovic, l'entraîneur de l'équipe de volley hongkongaise
volleyball hong kong

Alors que le sport est à l’honneur, avec les Jeux olympiques à Tokyo, Lepetitjournal.com est parti à la rencontre d’un autre coach de renom, Dragan Mihailovic, qui est actuellement en charge de l’équipe de volley hommes de Hong Kong.

Lorsqu’on regarde le CV de Dragan Mihailovic, on se rend rapidement compte que c’est une pointure dans le monde du volleyball. Originaire de Serbie, cet ancien athlète et entraîneur de 60 ans, a enchaîné les performances et a entraîné de nombreuses équipes — dont 7 sélections nationales — tout autour du globe.

De la Serbie à l’Inde, en passant par le Liban, le Canada, la Yougoslavie ou encore Hong Kong, il a su mener des générations de joueurs au succès, dont le champion serbe Nikola Grbic, le brésilien Thiago Aranha ou les Français Junot Mistoco et Sébastien Ruette, pour ne citer qu’eux.

Maîtrisant 6 langues, il coache depuis 2021 l’équipe masculine de volley de Hong Kong. Pour en savoir plus sur son parcours hors du commun, Lepetitjournal.com est parti à sa rencontre.

« Nos joueurs donnent tout ce qu’ils peuvent ! »

Comment se développe le volley à Hong Kong ?

Le volley à Hong Kong est un projet de la Fédération internationale de Volleyball, en collaboration avec la Fédération hongkongaise de volleyball (VBAHK), qui avait le désir de faire progresser ce sport. C’est pourquoi je suis arrivé à Hong Kong afin de les entraîner.  

Un gros travail nous attend, travailler en tant que directeur du développement et technique n’est pas facile.

 

volleyball hong kong
Dragan et son équipe hongkongaise

 

Comment décririez-vous votre équipe à Hong Kong ? Quelles sont ses forces et ses faiblesses ?

Le travail principal à effectuer est la sélection masculine, avec, en parallèle, un rôle consultatif auprès des juniors et des cadets.

De plus, le plus gros travail sera certainement la formation des entraîneurs locaux. Je ne suis pas sûr qu’ils sachent comment le faire, mais la Fédération internationale de volleyball, avec moi sur place, pouvons les aider avec des conseils et des exemples de pays où le volleyball est à un niveau élevé.

Le volley ici est un sport amateur, les joueurs donnent tout ce qu’ils peuvent, l’envie de progresser est grande et ils sont très disciplinés. Le culte de l’équipe nationale n’est pas le même qu’en Europe et je dois fournir un gros effort pour m’adapter à cette façon de travailler. J’espère que je pourrai peut-être changer ça.

 

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Quel est votre objectif pour les mois et années à venir ?

En ces temps de Covid, c’est difficile de faire des plans à long terme. Comme je travaille sur un projet de la Fédération internationale de Volleyball (FIVB) avec l’équipe de volley de Hong Kong, toute notre concentration se porte les championnats d’Asie qui se dérouleront au Japon en septembre, ainsi que pour les Asian Games, l’année prochaine.

En parallèle, nous travaillons sur le développement de nos coachs, ce qui devrait nous apporter une plus grande et une meilleure base de jeunes joueurs dans le futur.

« Un moment fort de ma carrière a été l’obtention de la médaille d’argent aux championnats du monde au Japon, en 1998 »

Quelle a été votre plus belle expérience en tant qu’entraîneur ?

C’est une question difficile, d’autant plus que ma carrière est longue. Ce que je mentionnerais en premier, c’est les 6 ans où j’ai été coach à Montréal. J’ai notamment pu entraîner une équipe au Collège de Maisonneuve, et j’ai été le premier entraîneur « étranger » de la Québec Provincial Team. J’ai ensuite été coach invité à Calgary avec l’équipe nationale canadienne ainsi que « head coach » à l’Université de Montréal et j’en suis très fier.

Une autre expérience extraordinaire a été le moment de la victoire de la première médaille olympique de bronze pour la Yougoslavie, à Atlanta en 1996. Nous avons également remporté une médaille d’argent aux championnats européens à Rotterdam en 1997 ainsi qu’une médaille d’argent aux championnats du monde au Japon en 1998.

 

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J’ai eu la chance de travailler avec l’une des équipes les plus emblématiques en France, Arago de Sète, triplement couronnée (Championship, Prince’s cup, King’s cup) au Qatar, gagnante du premier titre de champions pour le Zahra club au Liban…. Et j’ai pu être le coach du Bydgoszcz club à la PlusLiga Poland, ce qui est, avec la ligue italienne, la meilleure ligue d’Europe et même du monde.

« Il y a de magnifiques moments dans la vie d’un entraîneur, mais il y a aussi les autres… »

Avez-vous une anecdote sur votre profession d’entraîneur ?

Il y a énormément de magnifiques moments dans la vie d’un entraîneur, mais il y a aussi les autres moments… ceux qu’on essaie d’oublier le plus rapidement possible.

L’un des bons moments était lors d’un événement avec la Grèce, en 1998. C’étaient les quarts de finale de la CEV Cup contre l’équipe italienne Sysley Treviso. À l’époque, ils étaient la meilleure équipe d’Europe. J’avais la charge du Greek club Orestiada et notre objectif était de faire bonne figure face à eux.

Pour ce faire, nous sommes partis pour l’Italie. Nous avons pris le bus jusqu’à l’aéroport d’Alexandroúpolis, puis l’avion jusqu’à Athènes. Là, nous avons pris un deuxième vol pour Milan et avons rejoint Trévise en bus, pour faire face à l’équipe Sysley, qui gagnerait le soir suivant.

Après le match, il a fallu rentrer. Cela nous a pris deux jours pour nous remettre de la fatigue… et le match-retour avait lieu six jours plus tard, chez nous en Grèce.

 

volleyball hong kong
Photo@Erik Mclean - Unsplash

 

On s’attendait à ce qu’ils soient aussi fatigués que nous après ce long voyage, mais Sysley, en tant qu’équipe de premier plan, est arrivée à Alexandroúpolis en jet privé, grâce à son sponsor Benetton. Ils n’étaient absolument pas fatigués…

Malgré tout, à la satisfaction de nos chers fans, nous avons réussi à jouer 5 sets et même si nous avons perdu 3 à 2, tout le monde était très satisfait.

Avez-vous un dernier message à faire passer à nos lecteurs?

Mon objectif principal en tant que coach est d’aborder la formation de manière responsable et professionnelle sous tous ses aspects. Si nous avons cela et si nous intégrons un bon système, un esprit d’équipe et un engagement maximum, nous sommes déjà gagnants. Ce qui me donne de l’espoir, c’est la détermination de la FIVB et de tout le monde au VBAHK à élever le niveau du volleyball et pourquoi pas devenir un jour un sport d’élite à Hong Kong !

 

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Jérôme de Clarens

Jérôme, 31 ans. Ancien du secteur F&B, il s'est reconverti dans le coaching de vie par le biais du partage et du sport. Il contribue au Petit Journal sur les articles liés à la communauté et au sport
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