Édition internationale

Quels droits pour les femmes à Hong Kong ?

Hong Kong célèbrera, comme la plupart des pays dans le monde, une journée dédiée aux droits de la femme, entre 25 et 30 pays propose même un jour/un demi jour férié le 8 mars à l'occasion de cet évenement tels que la Chine ou le Népal par exemple. Qu'en est-il de Hong Kong et ou se situe la métropole en terme de droits des femmes ?

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Écrit par Juliette Robieux
Publié le 5 mars 2026

Tout d’abord, un peu d’histoire :

 la Journée Internationale des Droits de la Femme fut officialisée en 1977 par les Nations Unies. L’initiative, née au sein du mouvement socialiste américain en 1908, s’est rapidement répandue à travers le monde. En France, la première « journée de la femme » est célébrée en 1911, et depuis 1977, le 8 mars est devenu une journée mondiale de mobilisation pour l’égalité des genres et la reconnaissance des droits des femmes.

A Hong Kong, la Journée internationale des droits des femmes est célébrée, notamment à travers des réceptions officielles de haut niveau organisées par la Commission des femmes, créée en 2001.

 

Quelle place pour les femmes à Hong Kong ?


Les droits des femmes à Hong Kong ont profondément évolué, passant d’une société patriarcale fortement marquée par les traditions à un système doté de protections juridiques solides contre la discrimination. Cette transformation a été portée par les réformes législatives des années 1970 à 1990, la montée en puissance économique des femmes et la création de la Equal Opportunities Commission (Commission pour l’Égalité des Chances).

Historiquement, avant les années 1970, les femmes à Hong Kong, notamment dans les Nouveaux Territoires, étaient privées de droits fonciers et cantonnées à la sphère domestique. Ce cadre a été bouleversé par des réformes majeures :

1970 : le Marriage Reform Ordinance abolit la polygamie et reconnaît le mariage monogame.

1994 : les femmes des Nouveaux Territoires obtiennent le droit d’hériter de terres.

1995 : adoption de la Sex Discrimination Ordinance interdisant la discrimination fondée sur le sexe, le statut marital ou la grossesse.

1997 : la Family Status Discrimination Ordinance protège les personnes discriminées en raison de leurs obligations familiales.

Ces lois ont marqué un tournant et permis aux femmes de revendiquer leur place dans l’espace public et professionnel.

 

L’égalité des genres dans l’éducation


L’éducation est l’un des domaines où Hong Kong excelle le plus en terme d'égalité de genre. Les femmes constituent aujourd’hui plus de 53% des étudiants universitaires, et leur taux d’alphabétisation dépasse 95%. L’accès à l’enseignement supérieur est désormais égalitaire, bien qu’un certain biais persiste dans le choix des filières : les femmes restent majoritaires dans les domaines artistiques, sociaux et du soin, tandis que les hommes dominent encore l’ingénierie et les technologies.

 

Inégalités économiques et professionnelles


Malgré ces avancées, des inégalités structurelles persistent dans le monde du travail : en 2024, le salaire mensuel médian des femmes (environ 20 000 HKD) reste 16% inférieur à celui des hommes (24 000 HKD). Les femmes occupent 29 à 38% des postes de direction, bien qu’elles soient majoritaires parmi les comptables et les avocates. La participation au marché du travail demeure inégale, avec 48,2% de femmes mariées actives contre 64,2% d’hommes mariés. Plus de 97% des aidants familiaux non rémunérés sont des femmes, soulignant la charge disproportionnée du travail domestique et de soins.

Les discriminations liées à la grossesse et au harcèlement sexuel au travail restent préoccupantes : entre 2019 et 2022, plus d’un quart des plaintes pour discrimination genré concernaient la maternité, et 14,6% des femmes ont signalé des expériences de harcèlement.

 

Les institutions et les progrès légaux récents

L’extension de la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) à Hong Kong en 1996 a consolidé le cadre légal. Depuis, plusieurs structures ont renforcé la défense des droits des femmes :

  • Equal Opportunities Commission (établie en 1996) : veille à l’application des lois anti-discrimination.
  • Women’s Commission (établie en 2001): conseille le gouvernement sur les politiques en faveur de l’égalité.
  • Harmony House (établie en 1985) :  offre un refuge aux femmes victimes de violences domestiques.

 

Défis persistants et perspectives


Malgré les progrès, Hong Kong conserve un écart significatif en matière d’égalité de genre :

  • La participation politique reste faible : 5 femmes sur 32 siègent au Conseil exécutif.
  • Les taux de pauvreté féminine, notamment chez les personnes âgées, dépassent ceux des hommes (8,2% en 2024).
  • Le Global Women Peace and Security Index 2025 classe Hong Kong 39ᵉ sur 177 pays, juste derrière les États-Unis. Cette position illustre une avancée notable, mais également un long chemin à parcourir.

Comme Paul Chan indiqué lors du dernier Sommet des Femmes Cheffes de l’Exécutif en novembre dernier:

Cependant, les progrès sont inégaux. Comme le montre votre rapport, certains secteurs avancent plus rapidement que d’autres. Je crois que la clé d’une amélioration durable réside dans la mise en place d’opportunités égales et d’une visibilité équitable pour les hommes et les femmes, afin de permettre à leur potentiel de s’exprimer pleinement et à leurs compétences d’être véritablement reconnues et appréciées.

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