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HISTOIRE – Le journal des conquistadors

 

Le Petitjournal.com vous offre une traduction exclusive de trois textes que vous avez sûrement vus à votre arrivée à Mexico. Ce sont les tables de pierre monumentales qui ornent l'entrée du Museo Templo Mayor : les mots des conquistadors découvrant Mexico-Tenochtitlan

Hernán Cortés,

Segunda carta de relación, 1522 :

Vous avez, tout autour de ce circuit, des pièces tout à fait adorables, dans lesquelles il y a des salles très grandes et des couloirs où logent les religieux qui vivent ici il y a bien quarante tours très hautes et bien construites, et la plus haute possède une cinquantaine de marches pour monter en son coeur. La tour principale est plus haute que la tour de la grande église de Séville. Les ouvrages sont si bien travaillés, qu'ils soient en pierre de taille ou de bois, qu'aucun détail ne pourrait être amélioré, car toute la pierre de taille de l'intérieur des chapelles où ils conservent leurs idoles est faite de broderies et de galetas. Et le bois est tout en maçonnerie de mosaïques de monstres et autres figures et ?uvres. Toutes ces tours sont des sépultures, et les chapelles qu'on y trouve sont chacune dédiées à l'idole qui fut l'objet de dévotion du défunt.

Bernal Díaz del Castillo
Historia verdadera de la conquista de la Nueva España 1558 :

L'étonnement du conquistador
Et nous avons vu l'eau douce qui venait de Chapultepec, qui approvisionnait la ville, et dans ces trois chaussées étaient construits par intervalles des ponts, par lesquels entrait et sortait l'eau, d'une lagune à l'autre. Et après avoir bien observé et considéré ce que nous avions vu, nous fûmes voir la grande place et la multitude de gens qui la peuplaient, les uns achetant, les autres vendant, et la rumeur et le bourdonnement des voix et des mots résonnaient à plus d'une lieue. Et parmi des soldats certains avaient voyagé dans de nombreuses parties du monde, jusqu'à Constantinople, mais ce lieu si pacifique, avec une telle concorde, dans un endroit d'une telle taille et accueillant une telle foule, ça aucun d'eux ne l'avait vu auparavant.

Fray Toribio de Benavente,
"Motolinia", memoriales, 1549 :

La septième plaie fut l'édification de la grande ville de Mexico dans laquelle, les premières années, il y eut plus de gens que lors de la construction du temple de Jérusalem au temps de Salomon. En effet, il y avait tant de gens qui marchaient sur les chantiers, y arrivaient avec du matériel ou apportaient les impôts et les taxes d'entretien aux Espagnols, que pour ceux qui y travaillaient, on pouvait à peine se reposer dans quelque rue ou chaussée, et pourtant elles sont bien larges. Sur les chantiers, les uns prenaient les poutres et certains tombaient du haut, sur d'autres tombaient les édifices qu'ils déconstruisaient en un lieu pour les reconstruire ailleurs c'étaient le quotidien des chantiers, et les indiens le vivaient à leurs frais, allant chercher les matières premières et payant les carriers, les tailleurs de pierre et les charpentiers, et s'ils n'apportaient pas à manger, ils jeûnaient. Et le tout porté sur le dos?

La Rédaction (www.lepetitjournal.com - Mexico) jeudi 17 janvier 2008

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