

L'exécution de Hank Skinner, qui devait avoir lieu aujourd'hui, a été suspendue par la justice texane. L'Américain marié à une Française clame depuis 16 ans son innocence et patiente dans l'incertitude de voir sa requête de tests ADN aboutir
Soulagée. Sandrine Ageorges-Skinner a exprimé sa joie lorsque la Cour d'appel du Texas a suspendu lundi soir l'exécution de son mari Hank Skinner (photo AFP) prévue ce mercredi. La justice texane a jugé "prudent" de procéder à l'examen de la requête des avocats de l'Américain concernant la réalisation de tests ADN sur des preuves encore non-exploitées. "L'exécution est suspendue dans l'attente qu'un jugement soit rendu pour cet appel", a indiqué la cour dans son arrêt.
Suspendu à l'appel
Cet Américain de 47 ans, marié à une Française, clame son innocence depuis sa condamnation en 1995 pour le meurtre de sa compagne et des deux fils de celle-ci, le soir du nouvel an 1993. Assurant qu'il était inconscient au moment des faits car il avait ingéré anxiolytiques et anti-douleurs accompagnés d'alcool, il réclame des tests ADN pour prouver son innocence, qui pour l'heure lui ont toujours été refusés. "Parce que le statut de l'ADN a changé, et parce que certains de ces changements sont le fait de cette affaire, nous estimons qu'il serait prudent pour cette cour de prendre le temps d'examiner dans quelle mesure ces changements affectent ce dossier", a fait valoir la Cour d'appel texane. Son exécution avait déjà été reportée en mars dernier, une heure avant l'injection létale.
Joie mais incertitudes
Après 16 ans passés dans le couloir de la mort, l'avenir de Hank Skinner reste incertain. "Effectivement, c'est un énième répit, mais c'est mieux que d'être allé à la morgue mercredi", expliquait mardi matin Sandrine Ageorges-Skinner au micro de France Inter. "On était très content. Il a poussé un gros soupir. Il a commencé à se détendre, on a tous senti qu'on commençait vraiment à se détendre. Mais bon, effectivement, il faut remonter la machine et ne pas espérer gagner. On ne sait toujours pas si on aura ces tests ADN ou pas", ajoute-t-elle, en soulignant qu'elle aimerait bien que "la France et l'Union européenne s'impliquent beaucoup plus". "Le Texas est l'État des États-Unis qui fait le plus d'échanges commerciaux avec l'UE. On ne peut d'un côté leur taper dessus en critiquant la peine de mort et de l'autre nourrir la bête", déclare la militante contre la peine de mort. Le Quai d'Orsay avait cependant demandé le 4 novembre dernier à l'Etat du Texas, la levée du mandat d'exécution estimant qu'elle était "indispensable".
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mercredi 9 novembre 2011
En savoir plus
Article de France Soir, Peine de mort : Nouveau répit pour Hank Skinner
Article du Parisien, Texas : l'exécution de Hank Skinner suspendue




































