Édition internationale

G20 - Le rassemblement consacre l'avènement d'un nouvel ordre financier mondial

Cette rubrique est présentée avec notre partenaire  


Les chefs d'Etat et de gouvernement ont réussi à se mettre d'accord sur l'essentiel, notamment sur l'encadrement des bonus et la refonte des institutions multilatérales 

Le résultat n'était pas gagné d'avance. Hier vendredi, à Pittsburgh, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 sont parvenus à gommer l'essentiel de leur divergence pour poursuivre la refondation de l'ordre économique et monétaire du XXIème siècle. Au terme de tractations où les "sherpas " des chefs d'Etat ont travaillé très tard dans les nuits qui ont précédé ce sommet, la donne a changé.

En premier lieu sur les bonus des opérateurs de marché dont les montants faramineux qu'ils ont touché au titre de l'année 2008 dans certains établissements américains, en particulier Goldman Sachs, on choqué l'opinion publique. Le versement de ces primes de fin d'année vont être sévèrement encadrées. Certes, contrairement aux fortes revendications des Européens, aucun plafond spécifique n'a été défini. Néanmoins, le communiqué final du G20 indique de manière explicite que ces bonus pourront être limités, "en pourcentage des revenus nets totaux de la banque, lorsqu'ils ne seront pas compatibles avec le maintien d'une base de fonds propres solides ". Aucun bonus garanti à plus d'un an ne sera permis et le paiement des primes, dont une bonne partie en actions, devra s'étaler sur plusieurs années avec la possibilité de remboursement de tout ou partie de celui-ci. Il reviendra aux superviseurs nationaux, en l'occurrence les banques centrales de surveiller les pratiques en la matière des établissements qu'ils ont sous leur tutelle.

Autre grande avancée du sommet du G20 : la poursuite de la refonte des institutions multilatérales internationales, en particulier le Fonds Monétaire International (FMI). D'une part, la répartition des droits de vote va faire l'objet d'ici à janvier 2011 d'un deuxième ajustement après celui d'avril 2008. A l'époque, la Chine, la Turquie, la Corée du Sud et le Mexique avaient obtenu 2,7 % de droits de vote supplémentaires. A Pittsburgh, les leaders du G20 se sont entendus pour transférer au moins 5 % de droits de vote de pays sur-représentés au sein de l'institution vers des homologues sous représentés. La Chine, une fois de plus, devrait en récupérer une bonne partie.

Les Européens feront le sacrifice. La part de la plupart des pays de l'Union, à l'exception de l'Espagne et de la Pologne, devrait voir un recul, y compris la France, l'Allemagne ou la Grande Bretagne. Si la voix des pays émergents va être renforcée, "ce droit leur vaut des devoirs ", selon l'expression du chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy. En clair, ces pays ne devront plus se dédouaner des recommandations du FMI dans la conduite de leur politique économique. Le FMI a, en effet, vu sa mission de surveillance des politiques économiques nationales renforcée. Mais, ce qui restera dans les mémoires après ce sommet de Pittsburgh sera la mort annoncée du G8. Ce forum va se transformer en G20 d'ici à deux ans pour toutes les questions d'ordre économique et financier.

Comme le souligne le communiqué final du G20, la mobilisation des vingt plus grands pays de la planète (85 % du PIB mondial) pour conjurer la crise "a marché " ("It worked "). Le G20 va donc être pérennisé. Dès l'an prochain, alors que le Canada doit présider le G8 et la Corée le G20, deux sommets du G20 sont d'ores et déjà programmés. En 2011, la France assurera seule cette présidence. Et si la crise est résolue, un sommet unique devrait être tenu en France.

RICHARD HIAULT. De notre partenaire www.LesEchos.fr (www.lepetitjournal.com) jeudi 24 septembre 2009 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.