

Dunga, sélectionneur du Brésil a fait son choix : la Coupe du monde se fera sans Ronaldinho ni les jeunes talents de Santos : Neymar et Paulo Henrique Ganso
Tout le monde se souvient de lui, soulevant rageusement la Coupe du monde 1994. Aux Etats-Unis, le Brésil de Dunga devient alors champion du monde de football pour la quatrième fois de son histoire, après un tournoi poignant, plein de suspense, mais au jeu musclé et fort peu spectaculaire. Il est loin le temps des virevoltants Garrincha, Zico ou Socrates?
Aujourd'hui, Dunga est l'entraîneur qui va mener la seleção en quête de l'Hexa, le sixième titre mondial. Même si aujourd'hui il peut compter sur des joueurs brillants techniquement comme Kaka ou Robinho, il symbolise encore à lui seul le jeu dur et dépourvu de créativité pratiqué au début des années 90.
Alors quand il doit choisir la liste des heureux élus qui participeront à la coupe du monde en juin prochain, il ne faut pas s'attendre à beaucoup de fantaisie. « Si je devais considérer l´opinion de la presse, je devrais changer mon équipe tous les dimanches. La convocation se fera à partir du travail effectué depuis trois ans à la tête de la sélection. Au cours de cette période, nous avons appelé 80 joueurs et chacun a eu sa chance. Ceux qui connaissent le foot savent que les surprises ne sont plus possibles. Quand il y a une préparation en amont, il n´y a plus de surprise? », déclarait-il en conférence de presse en avril dernier.
Pas d'artistes, mais une équipe au jeu dur, très 90s?
Et pourtant, à quelques semaines de la convocation, tout le peuple brésilien s'est remis à rêver en découvrant une merveille : l'équipe de Santos et ses Meninos da Vila, gamins pétris de talent qui pratiquent un jeu de rêve, 100% tourné vers l'attaque. Deux d'entre eux crèvent l'écran : Paulo Henrique Ganso, 20 ans, meneur de jeu d'une rare élégance et Neymar, 18 ans à peine, buteur ultra-rapide au sourire ravageur. Tout les amateurs de beau jeu, relayés par l'ensemble des médias et le roi Pelé lui-même, réclament alors à l'unisson les deux prodiges au sein de l'équipe qui défendra les couleurs du Brésil en Afrique du Sud.
Mais Dunga a la tête dure. A la place de Paulo Henrique Ganso, ou même de Ronaldinho, autre artiste du ballon rond qui revenait fort du côté de Milan, il a préféré Kléberson, joueur de devoir qui n'est même plus titulaire à Flamengo. En attaque, après avoir écarté Adriano, coupable de trop de frasques extra-sportives, il a choisi Grafite, qui évolue à Wolfsburg, en Allemagne, plutôt que le feu-follet Neymar.
Les torcedores de la seleção espèrent au moins que cette équipe aura la même efficacité que celle de 1994.
Martin SOUZA (www.lepetitjournal.com ? Rio de Janeiro) Jeudi 13 mai 2010




































