Édition internationale

FAVELA DU LEME - Quand la pacification devient économique

Dans un précédent article, nous étions partis à la découverte de la crèche Sorriso no Morro, située dans la favela du Leme. Grâce à la pacification, celle-ci est actuellement loin de ressembler au coupe-gorge qu'elle était il y a quelques années. Et les changements semblent se poursuivre puisque Morar Carioca va y investir 42 millions de reais

Un projet d'envergure…
Morar Carioca est un projet qu'a lancé la Préfecture de Rio le 27 août 2010, et qui vise un processus d'urbanisation et d'intégration de toutes les favelas cariocas d'ici les 10 prochaines années. Pour celles du Leme, les travaux ont commencé lundi 21 février dans les morros Chapéu Mangueira et Babilônia. 42 millions de reais seront partagés entre les deux communautés dans des interventions urbaines qui devront normalement finir en septembre 2012. Le secrétaire municipal de l'habitat, Jorge Bittar, a déclaré : "le projet prévoit, entre autres, la fin de la lingua negra de la plage du Leme". La "lingua negra", c'est ce fossé qui part de la promenade et se termine dans la mer. Lorsque les pluies sont trop abondantes dans la ville de Rio, les égouts débordent et déversent la saleté des rues sur la plage. Ce qui n'arrange en rien la qualité –déjà critiquée- de l'eau de mer de Copacabana et Leme ! Des filtreurs d'eau, des égouts et des unités de drainage seront donc créés.

…humain et écologique
Le projet envisage également la construction de 117 unités d'habitation et de points d'illumination publique. Près de 3.500 moradores des deux favelas pourront alors bénéficier de ces installations, selon la préfecture. Malheureusement, plus de 90 familles devront être déplacées, étant installées sur une zone de protection environnementale, sur les hauteurs du Morro da Babilônia. La communauté recevra cependant trois immeubles pour compenser ces déménagements imposés. Il en sera de même à Chapéu Mangueria ; tous les édifices possèderont un réservoir d'eau de pluie et seront construits de façon à capter au maximum la lumière naturelle. Pour éviter l'expansion sur les zones vertes sous protection environnementale, des "ecolimites" seront construites. Dans les deux favelas, elles seront marquées par une rue large de 1m20.

Quant à l'amélioration des habitations, un combat contre l'insalubrité sera mené, pouvant entraîner la démolition d'immeubles. La ventilation et l'illumination des locaux devront être compatibles avec les principes de santé publique. "Nous allons monter ici un Pouso (Posto de Orientaçao Urbanistica), et ainsi nous éviterons l'accroissement désordonné", a confirmé Jorge Bittar.

L'idée est d'atteindre les objectifs fixés pour Rio+20, grand événement où toutes les nations du monde se réuniront afin de discuter du développement durable et des combats contre la pauvreté, en 2012.

Margot MADESCLAIRE (www.lepetitjournal.com – Rio de janeiro) mardi 15 mars 2011

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