

La Kunsthalle de Bonn présente jusqu'au 30 août une rétrospective d'Amedeo Modigliani. Artiste peu reconnu avant sa mort, les lignes et couleurs du maître italien subjuguent plus tard ses pairs, éblouissent aujourd'hui les foules. L'exposition est l'occasion de découvrir les différents aspects de cet artiste inclassable
Modigliani, Nue assise, 1917
De nombreuses ?uvres rassemblées pour quelques mois seulement
Dispersées aux quatre coins du monde dans les musées ou chez les collectionneurs, les ?uvres de Modigliani n'ont que rarement été réunies. La Kunsthalle rassemble, pour quelques mois, peintures, dessins et sculptures de l'artiste, mort à l'âge de 35 ans. On y découvre les influences du peintre, Renaissance, Maniérisme, mais aussi l'art africain, perceptible notamment dans ses dessins et sculptures, comme en témoignent deux des pièces exposées nommées "tête".
Épris d'absolu, Modigliani n'a vécu que pour son art, creusant son propre style avec acharnement, refusant de se laisser embarquer par les différents courants de l'époque (fauvisme, cubisme), même si des influences sont perceptibles dans son ?uvre. L'exposition chronologique de ses pièces révèle l'évolution de son art en tentant de mettre en lumière les périodes clés de sa production. On y observe ainsi l'évolution de la palette de l'artiste au fil des ans, de ses premières toiles riches et sombres aux dernières ?uvres réalisées dans le sud de la France et aux couleurs plus lumineuses.
Un thème de prédilection : la figure humaine
Qui ne reconnaît aujourd'hui le style « Modigliani » ? Lignes épurées, cous étirés, visages allongés, yeux vides, nus couchés aux poses languissantes.
A l'exception de quelques paysages, sa production se centre sur la figure humaine dont la représentation qu'il en fait garde une grande part de mystère. Au fil des salles, on observe ce style extrêmement personnel et ce goût pour les scènes minimalistes : figures aux lignes pures et sculpturales sur fonds sobres. Dans des portraits qui expriment souvent la mélancolie, Modigliani fait ressortir la personnalité de ses modèles.
Il peignait et dessinait amis et compagnons qui partageaient sa vie à Paris. On remarquera ses représentations de Picasso, du poète Max Jacob, de son mécène Paul Guillaume, ou encore de son ami Zborowski. Parmi les portraits de femmes, une place importante est laissée à ses compagnes successives, Béatrice Hastings et Jeanne Hébuterne, son modèle préféré. Est-il bon de rappeler aux visiteurs la réputation sulfureuse du peintre "dont tous les modèles seraient passés dans son lit avant de passer sur ses toiles"?
La rétrospective accueille également deux nus, dont la représentation inédite des attributs féminins fut si décriée à l'époque, ainsi que quelques portraits dont l'appartenance à l'?uvre du maître n'est pas certaine...
Plusieurs années s'écouleront avant qu'un tel trésor ne soit réuni à nouveau en un si beau musée? à ne rater sous aucun prétexte au Museumsmeile Bonn (Friedrich-Ebert-Allee 4) www.bundeskunsthallee.de
Magali HAMON (www.lepetitjournal.com/rhenanie.html) vendredi 8 mai 2009
{mxc}




































