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EXPO – Les Delcol vous donnent à voir les couleurs du Mali

Du 3 au 19 février, Joanna et Patrick Delcol, exposent au Skwer leurs peintures et photographies du Mali. Ces ?uvres seront vendues pour financer des projets de microcrédit en Afrique de l'Ouest. Juste avant le vernissage, LePetitJournal.com a rencontré ce sympathique couple belgo-polonais. Interview.

lepetitjournal.com : Votre exposition est originale. Elle réunit deux auteurs, deux techniques (peinture et photographie) et deux pays : le Sénégal et surtout le Mali. Comment vous est venue cette idée ?

Joanna Delcol : Tout a commencé en 1987 quand Patrick a fait son service civil pour Médecins sans Frontières à Tombouctou. 20 ans après, il a eu envie de nous faire partager cette expérience. Nous avons donc fait deux voyages en famille en 2008 et 2009 au Mali et au Sénégal. A notre retour en Pologne, inspirée par ces paysages, j'ai voulu mettre sur la toile toutes ces couleurs et ces lumières. Et puis le 1er janvier 2011, au petit déjeuner, Patrick et moi parlions de nos bonnes résolutions et de nos projets pour la nouvelle année. Et on s'est dit, pourquoi pas faire quelque chose en commun, quelque chose d'artistique. Je lui ai dit qu'il pourrait enfin montrer ses photos, il m'a dit « on devrait plutôt faire une exposition ensemble. Tu as tes toiles africaines, j'ai mes photos du Mali », c'est comme ça que tout a commencé. D'ailleurs, c'est ce « projet de couple » qui intrigue, intéresse. Les gens nous demandent : « C'est vrai ? il faut avoir des projets communs ? ».

Patrick Delcol : Mais ce projet conjugal pour 2011, faute d'une salle disponible, a été repoussé en 2012. Heureusement d'ailleurs, nous n'aurions jamais été prêts avant. Nous y avons consacré tous nos week-ends depuis septembre. Car tant qu'à le faire, autant le faire bien. Nous avons trouvé à Skwer un espace énorme : 300 m2. Et là encore on se dit, j'y suis, j'y reste : il va falloir le remplir. Au total, nous accrocherons 15 tableaux et 28 photos. Les plus petites font 60 par 85cm. Les plus grandes 1m sur 1m55 !


Une expérience enrichissante ?

Patrick : Oui extrêmement ! Je travaille dans l'immobilier et si je suis photographe amateur depuis que j'ai 14 ans, c'est ma première véritable exposition. Joanna, elle, peint depuis 2000 avec le groupe de Varsovie Accueil, elle a déjà fait des expositions collectives, mais jamais quelque chose de similaire. On a appris sur le tas, on s'est trompé parfois, il a fallu recommencer. Mais on a découvert un monde qu'on ne connaissait pas : la création d'un site, d'un catalogue, le choix des photos, la gestion de cet énorme espace...
Heureusement, on a fait appel à des professionnels, souvent des petits jeunots, qui nous ont apporté un regard neuf. A un moment, il faut se dire très humblement qu'on ne sait pas faire et avoir confiance. On a laissé les choses s'ouvrir d'elles-mêmes. 
Et bien sûr, cette expérience, ce vécu commun nous a aussi rapprochés. C'est une étape importante pour nous, mais aussi une inspiration future pour nos enfants...

Cette exposition marque votre entrée dans le monde de l'art  ?

Joanna : Pour ça, on attend un peu les réactions du public. Si le retour est positif j'aimerais bien par exemple exposer mes collages. J'en ai fait des centaines depuis 10 ans, il est temps que je les montre. On lance d'ailleurs cette semaine nos sites internet respectifs (www.pdelcol.com ; www.jankowiakdelcol.com).

Patrick : Nous avons déjà une proposition pour amener cette expo à l'Alliance française de ?ód?, sans doute à partir de mars. Et j'ai aussi d'autres projets. J'aimerais m'attaquer au thème du consumérisme par exemple. Un sujet difficile mais je pense que la photo est un bon vecteur pour l'expliciter.

 

Les photos de Patrick sont reproductibles, mais pour vous Joanna, ce n'est pas trop dur de vous séparer de vos toiles ?

Joanna : Si, énormément ! Notamment trois tableaux dont Les femmes touaregs que j'adore. Je leur ai même fixé un prix 4 fois supérieur aux autres... Comme ça, si personne ne les apprécie vraiment, je les garde.... C'est tellement personnel une toile. Unique aussi. On part d'un espace vierge, et on ne fait jamais la même chose. C'est une question d'instant, d'état d'esprit. J'aimerais bien en connaître les acheteurs d'ailleurs...

C'est la première fois que vous exposez ainsi vos ?uvres devant de potentiels acheteurs, pas trop le trac ?

Joanna : Si bien sûr. Pas facile de se dévoiler devant le regard des autres. Quelle sera leur réaction ? Nous avons fixé des prix vraiment très raisonnables, mais vont-ils pour autant acheter ? Nos sites internet aussi nous dévoilent aux yeux du monde.

Patrick : C'est un test pour nous, un petit acte de courage. Mais c'est pour la bonne cause : alors ça permet de dépasser les simples questions d'égo.

Les légendes de vos photos Patrick sont très détaillées. Pourquoi ?

Patrick : Je voulais profiter des photos pour présenter le quotidien de ces populations et raconter une histoire. Le contexte d'une photo est important, surtout dans un pays comme la Pologne où aujourd'hui les photographes ne sont personne. Tout le monde pense pouvoir faire une photo. Ce qui est vrai d'ailleurs, tout le monde peut aussi écrire un premier roman, une première chanson... Mais il faut expliquer que derrière cette photo il y autre chose, un contexte, une émotion. Il ne suffit pas d'avoir un appareil, il faut raconter une histoire et celle-ci s'incarne physiquement dans un espace.

Parlez-nous de votre soutien à des projets de microcrédit :

Patrick : C'est bien de montrer ces photos du Mali, mais que peut-on faire de plus ? J'ai cherché sur internet des sources de microcrédit. Ayant vécu et travaillé sur place, je savais que donner de l'argent ne sert à rien. Il faut aussi accompagner, donner du travail.

Je suis alors tombé sur le très beau site de Xetic et j'ai contacté le responsable Jérémy Camus. Je lui ai proposé de venir au vernissage, mais il sera à Dakar. Je lui ai demandé alors d'envoyer un représentant. Et il m'a répondu : "Mais monsieur je suis tout seul. Je veux réduire au maximum les frais fixes". J'ai trouvé ça convaincant.

Ce système marche, les gens remboursent leur crédit sans intérêts en 2 ou 3 ans. 500 euros par exemple pour monter un commerce de fruits et légumes. C'est la seule manière de vaincre la pauvreté. Et ça passe souvent par les femmes, ce sont elles qui sauveront l'Afrique.

Au final, une belle aventure humaine ?

Joanna : Oui, et jusqu'au bout ! Tenez, cette anecdote qui vient de nous arriver. En 2009, au Sénégal, Ousmane Traoré, notre très sympathique guide, me dit qu'il a un cousin musicien en Pologne. Il me donne son nom, et me demande de lui passer le bonjour de sa part. Arrivée à Varsovie, je range ce papier dans mon carnet de voyage, et j'oublie malheureusement de le contacter. Au moment de faire le catalogue de l'exposition, on souhaite remercier les gens qui nous ont accompagnés en Afrique. Je retourne à mon carnet pour bien orthographier tous les noms et je retrouve le contact du fameux cousin. Je décide de l'inviter au vernissage... un certain Mamadou Diouf...

Mais nous sommes le dimanche et je ne veux pas le déranger. Je décide de l'appeler le lendemain. Le lundi matin, je bois mon café en feuilletant le journal, quand je tombe sur une photo de Mamadou Diouf, lauréat du prix « Gazeta Sto?eczna » pour son action en faveur du dialogue interculturel. Et là je réalise enfin ! Le cousin de notre guide est sans doute la plus grande "star" africaine vivant en Pologne.

Je décide d'aller directement au concert qu'il donne à l'occasion de son prix. Je prends mon courage à deux mains et je l'aborde pour l'inviter à l'expo. Et il me répond : "passez dans mon émission sur Radio PiN dimanche soir, vous allez pouvoir expliquez ce que vous faites !" Une magnifique coïncidence et une belle rencontre qui nous fait dire, comme en Afrique : c'était écrit...

Propos recueillis par LM et CQ (www.lepetitjournal.com/varsovie.html) mercredi 1er février 2012


Vernissage jeudi 2 février à 19h
Exposition du 3 au 19 février 2012
Skwer, filiale du Centre Artistique Fabryka Trzciny (au niveau -1)

Adresse : ul. Krakowskie Przedmie?cie 60a


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