La Caisse des Français de l’étranger (CFE) traverse une période décisive. Malgré une progression de ses recettes ces dernières années, l’institution demeure confrontée à un déficit structurel supérieur à 10 millions d’euros par an. Pour tenter de rétablir l’équilibre de ses comptes, une hausse significative des cotisations santé va entrer en vigueur le 1ᵉʳ avril 2026, tandis que des réformes plus larges sont en discussion avec l’État.


À compter du 1ᵉʳ avril 2026, les cotisations des contrats santé augmenteront de 11 % pour la majorité des assurés, qu’il s’agisse de contrats individuels ou collectifs.
Un déficit persistant malgré la progression des recettes
La Caisse des Français de l’étranger (CFE) assure une mission essentielle : offrir aux Français vivant à l’étranger une continuité de protection sociale comparable à celle dont ils bénéficieraient en France. Les cotisations santé et risques professionnels sont estimés à 190 millions d’euros en 2025, témoignant d’une progression notable des recettes. Mais ce modèle est aujourd’hui fragilisé. Les dépenses de santé - en hausse dans un contexte d’inflation médicale mondiale -, continuent de dépasser les ressources. Résultat : la CFE enregistre un déficit annuel supérieur à 10 millions d’euros. Or la CFE a une obligation réglementaire d’équilibrer ses comptes. Elle doit couvrir seule les risques qu’elle assure. Une mission d’expertise conduite par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale des finances (IGF) a rendu ses conclusions en 2026 et a confirmé ce déséquilibre. Leurs conclusions ont souligné que les cotisations santé étaient fixées à un niveau trop bas pour couvrir les dépenses réelles, recommandant leur relèvement.
Une hausse des cotisations santé à partir du 1ᵉʳ avril 2026
Dans ce contexte, le Conseil d’administration de la CFE a décidé d’une revalorisation tarifaire progressive, présentée comme nécessaire à la pérennité du système. À compter du 1ᵉʳ avril 2026, les cotisations des contrats santé augmenteront de 11 % pour la majorité des assurés, qu’il s’agisse de contrats individuels ou collectifs. Cette hausse inclut notamment l’effet mécanique lié à l’augmentation du plafond de la Sécurité sociale.
Deux exceptions sont prévues : les « Contrats Ex », soumis à une réglementation spécifique, verront leur cotisation augmenter de 4 % seulement. La catégorie aidée - destinée aux assurés les plus fragiles - ne sera pas concernée par cette revalorisation, afin de préserver leur accès à la protection sociale. Dans sa newsletter de janvier 2026, la CFE insiste sur le fait que cette augmentation s’inscrit dans une volonté de restaurer progressivement l’équilibre financier, tout en maintenant des tarifs jugés compétitifs par rapport aux assurances privées internationales.
2026 doit être “l’année des fondations pour l’avenir”
Une institution sous tutelle étroite de l’État
Placée sous la tutelle des ministères chargés de la Santé et du Budget, la CFE travaille en étroite coordination avec les pouvoirs publics. Elle collabore également avec le ministère chargé des Français de l’étranger. Dans un éditorial publié début 2026, la présidente de la CFE, Isabelle Frej, souligne que l’année 2025 a été consacrée à “l’analyse approfondie des enjeux actuels et à la préparation stratégique de l’avenir”. Elle affirme que 2026 doit être “l’année des fondations pour l’avenir”, avec notamment la signature prévue d’une nouvelle convention de partenariat avec l’État. “Ma mission reste inchangée : être aux côtés des assurés, en leur offrant un accompagnement de qualité, des solutions adaptées et une protection sociale renforcée”, écrit-elle, tout en saluant la mobilisation des équipes et des élus.
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