Lundi 28 septembre 2020
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Virginie Chouan "Les enfants interprètent l’expatriation différemment"

Par Déborah Collet | Publié le 07/05/2020 à 18:00 | Mis à jour le 07/05/2020 à 18:00
expatriation famille livre

Maman de trois enfants, Virginie Chouan décide de partir s’expatrier à Casablanca au Maroc, accompagnée de toute sa famille, puisque "papa" a trouvé un travail sur place. Une nouvelle aventure s’offre à eux. Elle cherche désespérément un livre pour annoncer à ses enfants la nouvelle et expliquer "Qu’est-ce que l’expatriation ?" de manière pédagogique. Elle revient bredouille et toute la famille décide d’écrire "L'Expat' et moi !". Une manière ludique d’en discuter en famille et de partager de bons moments.

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Le récit permet de parler de l’expatriation de manière simple, légère à travers un récit humoristique, illustré de dessins et d’images. 

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire un récit humoristique sur l’expatriation familiale ? 

Quand on a fait le choix de s’expatrier avec mon mari à Casablanca, je travaillais, à l’époque à la Défense, dans un groupe international. J’ai fait le tour des librairies pour essayer de trouver un livre, qui expliquait à mes trois enfants de manière simple ce qu’est l’expatriation. Il faut savoir que pour nous, c’était notre toute première expatriation. Cette notion d’expatriation était confuse aux yeux des enfants et le concept compliqué à comprendre. Je suis revenue bredouille de ma recherche auprès des libraires. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser de ce côté-là. Je me suis lancé dans l’aventure éditoriale avec l’aide de mes trois enfants. 

Le récit permet de parler de l’expatriation de manière simple, légère à travers un récit humoristique, illustré de dessins et d’images. La vocation est de préparer et aider les parents à expliquer les changements que va vivre toute la famille, les différentes étapes à suivre et peut-être les aider à mettre des mots sur des émotions, des craintes, des angoisses ou même des joies. Chaque enfant prend la parole et se retrouve dans le livre. 

 

Comment expliquer à ses enfants d’âges différents que l’expatriation est une "chouette expérience familiale" ? 

Je ne pense pas qu’il y ait de recette magique pour préparer les enfants au départ dans l'autre pays, mais nous avons essayé de leur expliquer de la manière la plus simple possible. Il s’avère que mon mari, qui avait trouvé un poste à Casablanca, était très positif et enthousiaste à l’idée de s’expatrier depuis un certain moment. C’était un projet qu’il avait à cœur et qu’il souhaitait nous faire partager. Personnellement, j’étais un peu plus en retrait parce que j'ai mesuré tous les changements qu’entraîne l’expatriation dans la vie du conjoint. Le fait d’arrêter de travailler était une décision compliquée. 

Malgré tout, nous avons adopté une posture commune lors de l’annonce aux enfants. Nous leur avons expliqué que c’était une chouette aventure familiale que nous allions vivre tous ensemble. Nous avons trois enfants d’âges différents, le plus petit, Malo avait 2 ans, Zoé avait 6 ans, et le plus grand Noah avait 10 ans. Ils interprétaient l’expatriation de manières très différentes, leurs émotions n’étaient pas unanimes et partagées. 

Pendant cette période de préparation, avant de s'expatrier, la clef est de communiquer et d’échanger le plus possible avec ses enfants. Quand ils me disaient "j’ai envie de rester ici ! ", "Je n’ai pas envie de trier mes affaires !", "Je n’ai pas envie de quitter mes copains !", c’est parce qu’ils étaient inquiets. Nous étions très disponibles, à l’écoute et nous les avons accompagnés dans les différentes étapes à suivre avant l’expatriation. En tant qu’adulte, nous pouvons avoir des comportements irrationnels et nos enfants, qui sont très malins, peuvent en profiter pour être un peu plus capricieux ou plus sollicitants. C’est un vrai défi pour les parents d’accompagner au mieux les enfants avant, pendant et après l’expatriation.

 

Nous leur avons expliqué que c’était une chouette aventure familiale que nous allions vivre tous ensemble. 

 

Quelles sont les étapes à suivre et les préparatifs à faire avant de partir s’expatrier en famille ? 

Comme tout départ en expatriation, il y a des étapes administratives obligatoires. Nous avons dû mettre en vente notre logement en France. Nous avons dû nous occuper des papiers à faire notamment vis-à-vis de la Sécurité sociale, du changement d’adresse de la France au Maroc. Il y a une grosse étape de tri à réaliser, ce qui permet de garder que l’essentiel des jouets et des affaires des enfants. Je pense que cette étape peut être source de débat au sein de la famille. 

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Nous sommes passés par la case vaccins médicaux. Tout au long des préparatifs, nous avons essayé de placer des touches d’humour, mais ce n’est pas toujours facile. Par exemple, quand le docteur dit à vos enfants "Dans ce pays, il ne faudra pas approcher les animaux, boire de l’eau du robinet et être très prudent tout le temps!", l’aventure perd un peu de sa magie. 

Nous avons choisi de partir à la recherche du logement au Maroc sans les enfants pour être plus efficaces. Nous avons voulu préparer cette étape avec les enfants et ils ont listé leurs envies pour notre future installation. C’est à ce moment-là que nous avons eu des comportements irrationnels, car sur place, c’était mission impossible de satisfaire les attentes de tout le monde. 

En amont, mon mari était parti à Casablanca et il commençait à faire des allers-retours pour le début de son activité. Noah n’a pas bien vécu cette période où nous avons préparé le départ sans "papa". Pendant cette période, les enfants auraient besoin des deux parents.

Il y a une période compliquée, mais en même temps festive à vivre, avant le départ, ce sont les adieux. Nous avons pris du temps pour aller dire au revoir à la famille, à la nounou et aux copains. Très vite, un état de nostalgie s’installe. 

 

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Quelles ont été vos premières impressions, à vous et vos enfants, lors de l’arrivée dans le nouveau pays ? 

Nous avons tous vécu différemment l’arrivée dans le nouveau pays. Avant le grand départ, nous avions focalisé notre attention sur Noah. Il était très réticent face à l’expatriation. Au final, étonnement, c’est lui qui s’est le mieux adapté sur place à notre nouveau quotidien. Pour lui, c’était une nouvelle expérience et une belle découverte du Maroc. Les premiers jours lors de notre arrivée, il était très curieux. En revanche, Zoé a très mal vécu le changement et elle était très angoissée. À l’époque, Malo avait 2 ans donc il suivait ses frères et sœurs et il ne verbalisait pas ses émotions de la même manière. Nous avons accompagné Zoé au mieux pour qu’elle accepte ces changements. 

Pour la personne expatriée qui travaille, elle rentre dans une routine professionnelle. Par contre, pour le conjoint, il y a un énorme travail d’accompagnement des enfants à faire. J’ai dû gérer l’intégration des enfants et de la famille, partir à la découverte des commerces et rencontrer d’autres familles. À ce moment-là, je me suis aperçue que le conjoint avait un rôle primordial. 

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Déborah Collet

Spécialisée en communication et dans les relations médias, elle est aujourd’hui journaliste au sein de la rédaction internationale.
1 Commentaire (s)Réagir
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KRISS ven 08/05/2020 - 22:49

Allo Maman bobo ! Voilà donc comment on fabrique de jeunes bobos en reportant sans s’en rendre compte sur ses enfants, ses doutes, sa névrose et sa propre anxiété ! Et le toubib itou marche dans la combine car psychologue seulement de la carte vitale! Exemple frappant de la « féminisation infantilisation puérilisation » à l’ordre du jour dont on voit le résultat : bougies, nounours, fleurs et discours sanglotant dans les pires moments des autres! Ainsi donc ici, est exposé tout le saint-frusquin futile inutile pour se sentir expatrier à Casablanca alors qu’on a mieux comme outremer à…. Marseille ou Barbes mais qu’on n’a surtout pas fait connaître! Tout est bien plus simple pourtant ! L’expatriation est un déplacement physique, l’adaptation mentale se forme dès la naissance sur l’exemplarité parentale en toutes circonstances existantes qui prépare celles à venir! Les enfants ont seulement besoin d’avoir eu cet accompagnement et ensuite la continuité sur place se fera d’elle-même ! Tout tient à l’exemple sain de parents adultes et non pas enfants eux-mêmes, bien dans leurs peaux d’adultes et les enfants suivront avec joie sans aucunement se casser la tête. De nos jours, nos je-sais-tout et en particulier nos féminines potiches ne se rendent pas compte qu’elles fabriquent des enfants pots de terre dans un éternel monde de pots de fer ! Or la vie elle, ne change pas voire aggrave sa rudesse outremer! Rabelais Montaigne Rousseau La Fontaine…..etc…simple pourtant tout y est ! Mais la boboterie veut toujours chercher ailleurs car il n’est pas assez snob de voir qu’on a déjà tout chez soi !

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