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Sénatoriales 2026 : Yan Chantrel candidat à sa réélection, "des promesses aux actes"

À l’approche des élections sénatoriales du 27 septembre 2026, le sénateur sortant Yan Chantrel annonce officiellement sa candidature à sa réélection. Il entend faire de l’adoption d’une grande loi en leur faveur sa priorité, avec notamment le financement de la CFE, les services consulaires, la protection sociale et l’enseignement français à l’étranger. « Les Français de l’étranger ne doivent plus être une variable d’ajustement des politiques publiques »

yan chantrelyan chantrel
Écrit par Capucine Canonne
Publié le 23 juillet 2026

 

Oui, je suis candidat à ma réélection. 

 

 

Un projet de loi concernant les Français de l’étranger est toujours en cours de réflexion mais rien n’a encore été présenté au parlement. Pourquoi ce projet est essentiel ?

Ce projet de loi est essentiel parce qu'il doit permettre d’apporter des réponses concrètes aux attentes des Français établis hors de France. Depuis plusieurs mois, avec de nombreux élus consulaires, parlementaires et responsables associatifs, nous alertons le Gouvernement sur l'urgence d'agir.

C'est tout le sens de “l'Appel des 100” que nous avons lancé pour demander que les engagements pris envers les Français de l'étranger soient enfin tenus, notamment en matière de protection sociale, de services consulaires et de financement pérenne de la Caisse des Français de l'étranger (CFE). 

Dans le prolongement de cette démarche, j'ai interpellé le Gouvernement en début de semaine afin qu’il s'explique sur le calendrier, le contenu et les moyens qui seront consacrés à cette réforme. Il ne suffit plus d'annoncer un projet de loi : il faut désormais le présenter, l'examiner et y consacrer des moyens suffisants pour répondre aux besoins de nos compatriotes.

Les Français de l'étranger représentent près de trois millions de nos concitoyens. Ils contribuent au rayonnement de la France partout dans le monde. Ils sont en droit d'attendre une politique ambitieuse qui garantisse l'égalité d'accès aux droits et aux services publics, quel que soit leur pays de résidence. Après les concertations et les promesses, le temps est venu de passer aux actes.

 

 

L’AEFE est en pleine réforme et vous avez réalisé un rapport suite à une mission d’information transpartisane. Quelle est, selon vous, la mesure qui doit être mise en œuvre en priorité dès 2027 ?

La mesure qui doit être mise en œuvre en priorité est de garantir un financement pérenne et ambitieux de l'enseignement français à l'étranger. 

Cette conviction, je l'ai portée tout au long des travaux de notre mission d'information transpartisane. Au nom de mon groupe, le deuxième en nombre au Sénat, j'ai négocié avec la majorité sénatoriale et obtenu un engagement clair : celui d'une rallonge budgétaire d'au moins 30 millions d'euros en faveur de l'AEFE dès l’année prochaine. 

 

 

Pour l'enseignement français à l'étranger, j'ai obtenu de la majorité sénatoriale l'engagement d'une rallonge budgétaire d'au moins 30 millions d'euros en faveur de l'AEFE

 

Ce que j’ai obtenu constitue un changement de braquet budgétaire à destination de l’enseignement français de l’étranger. Le but étant de mettre un coup d'arrêt aux  hausses de frais de scolarité à travers un bouclier tarifaire et de revenir sur les décisions prises en décembre par le Conseil d’Administration de l’AEFE.

Plus largement, le rapport que nous avons remis montre que le réseau est confronté à une contradiction : on lui demande de poursuivre son développement, d'accueillir davantage d'élèves et de répondre à des exigences pédagogiques toujours plus fortes, sans lui donner durablement les moyens de ses ambitions.

C'est pourquoi je plaide aujourd'hui pour une loi de programmation qui garantisse, sur plusieurs années, les ressources budgétaires de l'AEFE, donne de la visibilité aux établissements et permette de contenir la hausse des frais de scolarité supportés par les familles.

Cette ambition financière doit aller de pair avec une gouvernance plus ouverte et plus transparente, associant pleinement les établissements, les personnels, les parents d'élèves et les élus des Français de l'étranger.

L'enseignement français à l'étranger est l'un des plus puissants outils de rayonnement pour notre pays, mais aussi d'émancipation individuelle et collective au service de nos compatriotes. 

Investir dans ce réseau, c'est investir dans la jeunesse, dans la francophonie et dans la place de la France dans le monde.

 

 

La création de la cellule « Tolérance Zéro » a constitué une avancée importante. Mais notre rapport montre aussi qu'elle ne remplit pas encore pleinement sa mission.

 

 

yan chantrel sénateur

 

 

Vous prenez la parole sur la protection des agents du réseau diplomatique français victimes de harcèlement et violences sexistes et sexuelles, avec la remise d’un rapport. Considérez vous que la cellule tolérance zéro (CTZ) remplit sa mission ? 

La diplomatie française porte les valeurs de la République partout dans le monde. À ce titre, elle doit être exemplaire et irréprochable dans la prévention et la lutte contre le harcèlement ainsi que contre les violences sexistes et sexuelles. Nous ne pouvons pas défendre les droits humains à l'international sans être irréprochables dans nos propres institutions.

La création de la cellule « Tolérance Zéro » a constitué une avancée importante. Elle a permis de reconnaître que ces situations existent et qu'elles doivent être prises en charge. De ce point de vue, il faut saluer le travail accompli. Mais notre rapport montre aussi qu'elle ne remplit pas encore pleinement sa mission.

Les nombreuses auditions que nous avons menées, qu'il s'agisse des responsables du ministère, des organisations syndicales, de l'Assemblée des Français de l'étranger ou des agents eux-mêmes, révèlent une réalité préoccupante : beaucoup hésitent encore à signaler des faits par peur de représailles ou d'un impact sur leur carrière, particulièrement dans des postes où l'isolement et le poids des relations hiérarchiques sont très forts.

Notre rapport montre également que le nombre de signalements ne doit pas être interprété comme le reflet fidèle de la réalité. Une partie importante des violences demeure invisible, parce que les victimes ne se sentent pas toujours suffisamment protégées pour parler.

C'est pourquoi nous formulons des recommandations très concrètes : réduire les délais de traitement, renforcer la professionnalisation de la cellule, garantir une confidentialité absolue, mieux protéger les victimes et les témoins, assurer un véritable suivi des dossiers et surtout renforcer l'indépendance des enquêtes lorsque les personnes mises en cause occupent des fonctions d'autorité. La confiance dans le dispositif dépend de ces garanties.

La tolérance zéro ne doit pas être un simple affichage. Elle doit devenir une réalité pour chaque agent de notre réseau diplomatique. C'est une question de protection des personnels, mais aussi de crédibilité de l'État et de la diplomatie française.

 

 

Ma première priorité pour les Français établis hors de France sera de faire adopter une grande loi en faveur des Français établis hors de France

 

Des élections sénatoriales qui concernent des sénateurs des Français établis hors de France ont lieu le dimanche 27 septembre 2026. Sénateur sortant, êtes vous candidat ? 

Oui, je suis candidat à ma réélection. J'ai pris cette décision parce que je souhaite poursuivre le travail engagé depuis le début de mon mandat au service des Français établis hors de France.

 

Élections sénatoriales 2026 : qu’en est-il des sénateurs des expatriés français ? 

 

Dès les résultats des élections consulaires, j’ai immédiatement proposé à nos partenaires de gauche de construire une liste d’union. J’ai malheureusement dû constater que cette volonté n’était pas partagée. Cette union, nous la construirons par le terrain, avec les élus de proximité, le monde associatif, les acteurs de l’éducation et les Françaises et Français de l’étranger, au-delà des appareils nationaux. Pour autant, notre porte restera toujours ouverte à nos partenaires pour rejoindre cette dynamique de rassemblement.

Durant ces dernières années, j'ai voulu être un sénateur utile, présent sur le terrain avec plus de 80 déplacements et capable d'obtenir des résultats concrets. Pour l'enseignement français à l'étranger, j'ai obtenu de la majorité sénatoriale l'engagement d'une rallonge budgétaire d'au moins 30 millions d'euros en faveur de l'AEFE. J’ai aussi mené des combats pour le financement de la protection sociale, l’amélioration des services consulaires, l’accès aux droits et une plus grande justice fiscale. 

J'ai également porté des textes importants. J'ai fait adopter une proposition de loi visant à mieux protéger les étudiants en renforçant la régulation de l'enseignement supérieur privé lucratif, afin de garantir la qualité des formations et la transparence des établissements. J'ai également fait adopter une proposition de loi en faveur du bénévolat et de la vie associative, pour reconnaître davantage l'engagement de celles et ceux qui font vivre notre tissu associatif.

Je me suis aussi engagé pour le renouveau démocratique en défendant des textes visant à faciliter le recours au référendum d'initiative partagée, afin que les citoyens y compris hors de France puissent participer activement aux grandes décisions, ainsi qu'une proposition de loi visant à inscrire les conventions citoyennes dans notre Constitution, parce que je suis convaincu que notre démocratie doit davantage associer les citoyens à l'élaboration des politiques publiques.

 

Yan Chantrel le 21 juillet aux questions gouvernement - extrait vidéo Sénat
Yan Chantrel le 21 juillet aux questions gouvernement - extrait vidéo Sénat

 

Si vous êtes réélu, quelle sera votre toute première priorité ? 

Ma première priorité pour les Français établis hors de France sera de faire adopter une grande loi en faveur des Français établis hors de France. Depuis plusieurs années, les concertations se succèdent, les diagnostics sont connus, mais les réformes attendent toujours. Il est temps de passer des promesses aux actes.

 

Les Français de l'étranger doivent bénéficier des mêmes droits et de la même qualité de service public que tous les autres citoyens.

 

Cette loi devra garantir un financement pérenne de la Caisse des Français de l'étranger, renforcer les services consulaires, améliorer la protection sociale, soutenir l'enseignement français à l'étranger et simplifier l'accès aux droits, qu'il s'agisse de la retraite ou de l'accès à un compte bancaire en France. 

Plus largement, je continuerai à défendre une conviction simple : les Français de l'étranger ne doivent plus être une variable d'ajustement des politiques publiques. Ils représentent près de trois millions de nos compatriotes, contribuent chaque jour au rayonnement de la France et doivent bénéficier des mêmes droits et de la même qualité de service public que tous les autres citoyens.

Dans le contexte politique actuel, il y a aussi un enjeu démocratique majeur. Je continuerai à être un parlementaire de combat qui défend les valeurs de la République, l'État de droit, l'ouverture sur le monde et le refus des discours de repli et de division. Les Français de l'étranger savent combien les idées de l'extrême droite fragilisent notre cohésion nationale, notre image à l'international et les principes d'égalité et de fraternité qui fondent notre République. Je continuerai à me battre contre ces idées et à porter une alternative de progrès, de justice et de solidarité.

 

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