Édition internationale

Quelles sont les priorités de la politique étrangère française en 2026 ?

À l’occasion de la Conférence des ambassadrices et ambassadeurs, organisée le jeudi 8 janvier 2026 au Palais de l’Élysée, le Président de la République a présenté les grandes priorités et orientations de la politique étrangère française pour l’année 2026.

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Écrit par Manal Oumaline
Publié le 9 janvier 2026

 

 

 

La Conférence des ambassadrices et ambassadeurs a eu lieu le jeudi 8 janvier 2026 au Palais de l’Élysée à Paris. Lors de cette rencontre, le président de la république a décrit un contexte international marqué par l’affaiblissement du multilatéralisme et par la multiplication des tensions géopolitiques. Ces décisions doivent guider l’action diplomatique française dans un contexte marqué par le conflit ukrainien. Le président a abordé trois axes : le renforcement de la souveraineté européenne, la défense des intérêts économiques et sécuritaires, et la consolidation des partenariats internationaux, en particulier avec l’Afrique.
 

La priorité absolue : la sécurité européenne

La guerre en Ukraine constitue la première priorité de la politique étrangère française pour 2026. Le Président a rappelé que ce conflit engage directement la sécurité du continent européen, affirmant que  “l’avenir de la sécurité européenne se joue en Ukraine”. Le maintien du soutien à Kyiv a été confirmé, tant sur le plan militaire que financier, dans le cadre de la coalition des volontaires. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’inscrire cet engagement dans la durée : “la paix ne peut pas être fondée sur l’abandon de l’Ukraine ni sur un cessez-le-feu fragile”. La mise en place de garanties de sécurité européennes et le renforcement de la coordination militaire entre États membres figurent parmi les priorités stratégiques évoquées pour l’année 2026.


 

L’Europe ne peut plus être la seule grande puissance à jouer selon des règles que les autres ne respectent plus. Le renforcement des défenses en Europe Le développement de l’Europe de la défense constitue la deuxième priorité stratégique présentée. Emmanuel Macron a rappelé que l’autonomie stratégique européenne, longtemps contestée, est désormais pleinement assumée, déclarant que “l’Europe ne peut plus déléguer sa sécurité”. Cette priorité se traduit par le renforcement des instruments de financement communs (tel que le fonds européen de la défense) et la promotion d’une préférence européenne dans les achats de d’armes de défense.

Le Président a souligné que “la crédibilité européenne passe par une base industrielle et technologique de défense solide”. Le Président de la République a également alerté sur les conséquences de la concurrence déloyale et des déséquilibres commerciaux mondiaux, estimant que “l’Europe ne peut plus être la seule grande puissance à jouer selon des règles que les autres ne respectent plus”. L’agressivité commerciale chinoise et les politiques tarifaires américaines ont été citées comme des facteurs de fragilisation de l’industrie européenne. Face à cette situation, le chef de l’État a appelé à “une politique de protection économique assumée”, fondée sur la réciprocité, des mécanismes de sauvegarde et une préférence européenne renforcée.

 

IA, quantique, spatial : la course à la puissance technologique

Le Président a souligné que la souveraineté technologique constitue désormais une priorité transversale, à la fois pour la politique étrangère et la politique économique de la France : “ la maîtrise des technologies clés conditionne notre indépendance politique”, soulignant ainsi le lien direct entre puissance technologique et autonomie stratégique. Les secteurs considérés comme stratégiques comprennent l’intelligence artificielle, le quantique, le spatial, ainsi que les technologies liées à la transition écologique. Ces domaines ne sont pas seulement des moteurs de croissance économique : ils sont aussi des leviers de diplomatie, car ils permettent à la France et à l’Europe de peser dans les négociations internationales et de créer des standards technologiques globaux.

L’approche transversale implique que ces investissements stratégiques ne se limitent pas aux budgets nationaux : ils mobilisent des mécanismes européens (subventions, prêts garantis et partenariats industriels). 


 

 

Un partenariat stratégique et économique avec l’Afrique

Un partenariat avec l’Afrique a été abordé lors de la conférence, comme un élément essentiel de la diplomatie française pour 2026, en prévision du sommet Afrique-France à Nairobi. Le président a insisté sur une approche renouvelée, basée sur “un partenariat d’égal à égal, fondé sur la coopération économique et les jeunesses”. La stratégie française combine plusieurs leviers : la révision de la présence militaire pour répondre aux enjeux sécuritaires, le soutien à l’entrepreneuriat et aux industries culturelles pour stimuler l’innovation et la création d’emplois, ainsi que l’accompagnement des diasporas africaines pour renforcer les liens humains et économiques. Le chef de l’État a insisté sur “un réengagement économique français sur le continent africain”, visant à positionner la France comme partenaire stratégique dans les secteurs clés et à renforcer l’influence européenne face aux acteurs internationaux émergents.

 

Le multilatéralisme et la présidence française du G7

Enfin, le Chef d'Etat a confirmé que le multilatéralisme demeure également au cœur de la diplomatie française, tout en insistant sur une approche pragmatique vers les résultats. Il a précisé que la France privilégie un multilatéralisme capable de produire des actions concrètes face aux enjeux globaux. Les priorités définies incluent la réduction des déséquilibres macroéconomiques mondiaux, le renforcement du dialogue avec les pays émergents et la prévention d’une fragmentation durable de l’ordre international. La présidence française du G7 à Évian en juin 2026, sera l’occasion de concrétiser cette vision diplomatique et économique sur la scène mondiale.

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