Édition internationale

Comment les médias étrangers observent la France après la journée du 17 octobre 2026 ?

Les manifestations du 17 octobre 2026 ont bouleversé la Une de nombreux médias étrangers. Entre violences, dégâts matériels et recherche des causes de la colère, tour d’horizon du regard de la presse internationale sur la France.

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Certains organismes et des internautes se donnent rendez-vous le samedi 24 octobre pour continuer les manifestations. © Margaux Lamy
Écrit par Margaux Lamy
Publié le 19 octobre 2026

Radio Canada : « des épisodes de violence »

Au Canada, des membres de l’équipe de RAD, une branche de Radio Canada produisant du contenu journalistique sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, ont traversé l’Atlantique. 

Ils ont réalisé une vidéo de 11 minutes sur le sujet, sortie le 18 octobre. La journaliste Julia Pagé et le réalisateur Frédéric Lacelle étaient « au milieu des gaz lacrymogènes », selon leurs dires dans l’introduction. 

 

 

RAD a fait un point global sur la situation et a affirmé que les manifestations étaient « extrêmement mouvementées ». Le média ajoute : « la journée du 17 octobre a été marquée par plusieurs manifestations pacifiques, mais aussi par des épisodes de violence. » La journaliste énumère les dégâts : « des voitures brûlées (...) des vitrines brisées...»

 

À la fin du reportage, cette dernière se demande : « À 6 mois des élections présidentielles en France, reste à voir  si ça sera suffisant pour apaiser la colère des centaines de milliers de Français descendus dans la rue samedi ».

 

Aussi, dans un autre article, mis à jour le 17 octobre, Radio Canada a titré « Une journée de manifestations marquée par des violences et des affrontements ». 


 

« La France s’est réveillée face à des scènes de dégâts étendus »

Les deux journalistes, James Waterhouse et Gabriela Pomeroy, de la BBC étaient aussi sur place, le lendemain du 17 octobre 2026. Ils ont réalisé un article sur les violences et ont fait un état des lieux des dégâts en France.

 

Ils commencent le papier avec cette phrase : « Dimanche, la France s’est réveillée face à des scènes de dégâts étendus, au lendemain d’une journée marquée par des émeutes et des manifestations : vitrines brisées, voitures incendiées, deux-roues calcinés, et des amas de verre et de débris jonchant les trottoirs de Paris ».

 

Le journal britannique écrit aussi : « Plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés lors des troubles survenus samedi, a indiqué le ministère français de l'Intérieur. »

 

Pour illustrer cet article, la BBC a choisi de réaliser un reportage sur le terrain. James Waterhouse montre les dégâts des vitrines à Paris.

 

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« Des voitures incendiées et des débris de verre jonchent les rues de Paris après que des manifestations ont dégénéré en émeutes et en pillages », titre la BBC. © Capture d’écran BBC

 

 

 

Pour El Pais, Emmanuel Macron est « déconnecté de la société »

Le quotidien espagnol El Pais, en revanche, affiche l’inverse. Pour leur photo de couverture, le média a choisi une photo d'un jeune cagoulé faisant un doigt d'honneur devant une voiture incendiée, place de la République, à Paris.

 

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« La colère de la jeunesse et les gilets jaunes mettent le feu à la France », titre le journal espagnol El País. © Capture d'écran France Info


Il estime que le samedi 17 octobre 2026 « a signé l’acte de décès du macronisme » et « Le second mandat du président, déconnecté de la société, a encore six longs mois devant lui, durant lesquels le pays doit trouver des réponses à la montée irrésistible de l'extrême droite ».

 

Dans un éditorial, datant du 18 octobre au soir, ce même média espagnol affirme : « Les scènes de destruction en France, les pillages dans les commerces et l'assaut des bâtiments publics n'ont pas grand-chose à voir avec les revendications des étudiants, mais avec une volonté de frapper les symboles de la République et de déstabiliser une démocratie européenne ».

« Les événements de ces jours peuvent être attribués à (...) la paralysie d'un Emmanuel Macron qui, après une décennie au pouvoir, est un canard boiteux sans marge de manœuvre et viscéralement détesté par une partie de la société », ajoute El Pais.

Le média atteste même : « Des corps de police (...) n'ont pas réussi à maintenir l'ordre public et à éviter le manque de contrôle ».

 

« Des violences extrêmes », selon Le Temps 

 

Le quotidien généraliste francophone de Suisse, Le Temps, a réalisé divers articles sur les manifestations du 17 octobre 2026.

 

Dans un papier, le média titre : « Gilets jaunes, lycéens… des mobilisations symboles du “crépuscule” sans fin du macronisme » et écrit dans la description : « A un sommet d’impopularité, Emmanuel Macron termine son second mandat sans majorité et sans relève ».

 

Dans un autre article, Le Temps atteste : « “Une frustration qui ne peut plus s’exprimer autrement” : en France, la jeunesse répond à l’appel des Gilets jaunes dans une journée marquée par les violences extrêmes ».


 

« Des groupes d'agitateurs vêtus de noir causaient des dégâts »

Pour le New York Times, les deux journalistes, Catherine Porter et Ségolène Le Stradic, ont affirmé : « Les étudiants, les agriculteurs, les enseignants et les syndicalistes marchaient souvent pacifiquement à travers une partie d'une ville, tandis que des groupes d'agitateurs vêtus de noir se mêlaient avec la police et causaient des dégâts dans d'autres régions. »

 

“Nous essayons de sauver notre avenir”,de Milan à Tirana, pourquoi la colère sociale secoue l’Europe

 

Le média a aussi écrit sur le discours du président de la France : « (...) le président Emmanuel Macron a juré dimanche de répondre à certaines des demandes des manifestants, mais a donné peu de détails (...) » et « il n'a offert aucune concession concrète ». 

 

Beaucoup de photos ont accompagné ce papier, illustrant autant les dégâts matériaux que les manifestants en marche. 

 

« Des bandes de jeunes ont sillonné les rues de la ville » rédige Bangkok Post

Selon notre correspondant Franck Stepler, en Thaïlande, les médias suivent aussi la crise française, appuyant sur les violences et la réponse des autorités. 

Le quotidien anglophone The Nation a relayé l’intervention d’Emmanuel Macron et les mesures annoncées par ce dernier. Il fait un récapitulatif : « Macron a appelé au calme dans un discours télévisé, tout en reconnaissant que les manifestants pacifiques avaient des griefs légitimes et ne devaient pas être confondus avec les responsables de la destruction. »

De son côté, le Bangkok Post a fait un résumé des faits et a écrit : « Des bandes de jeunes ont sillonné les rues de la ville, affrontant sporadiquement les forces de l'ordre, tout en allumant des feux et en s'en prenant à des magasins fermés pour s'y introduire et vider leurs rayons. »

 

En Allemagne, Frankfurter Allgemeine : « La France envoie des images terribles dans le monde ».

Pour le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine, Niklas Záboji rédige en introduction : « Le report, depuis des années, des réformes en France a des conséquences désastreuses. Rien de tout cela ne justifie la violence. Mais tout cela est source de grande inquiétude. » Le journaliste soutient : « La France envoie des images terribles dans le monde ».

 

Au contraire, sur les réseaux sociaux, certains internautes français appellent à ne pas seulement « regarder les scènes de dégradation commises par une infime minorité », comme l'atteste la militante, Camille Étienne.

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