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+40 % de participants en un an, comment l’Hyrox est devenu un phénomène mondial

L’Hyrox, un sport à mi-chemin entre la course à pied et le cross-training, a connu une hausse de 40% de participation en un an. « Pour l’Hyrox de Paris au Grand Palais (avril 2026), on était 90 000 sur la liste d'attente, pour 20 000 places. » explique Mathieu Ernst, étudiant en sport business. Mais pourquoi un tel succès en France et dans le monde entier ?

Une femme pratiquant l'HyroxUne femme pratiquant l'Hyrox
crédit : HybridFitty
Écrit par Flora Lacroix
Publié le 1 juin 2026, mis à jour le 2 juin 2026

 

L’Hyrox est devenu un véritable phénomène mondial. Une discipline à mi-chemin entre la course à pied et le cross-training qui a séduit rapidement des milliers d’amateurs de sport, comme Mathieu Ernst, un étudiant en sport business de 22 ans. L’habitué des salles de sport a participé à plusieurs Hyrox à l’étranger depuis un an. À l’occasion d’un séjour en Corée du Sud pour ses études en mai 2025, il décide de s’inscrire pour la première fois à un Hyrox. C’est une discipline qu’il avait découverte quelques semaines seulement avant l’évènement organisé à Séoul. « C'était le moyen de découvrir un sport qui avait l'air drôle et sympa. » 

 

Comme lui, beaucoup ont été séduits par ce nouveau défi. Plus de 80 courses ont été organisées dans le monde en 2025, selon le site Hyrox France. 550 000 sportifs ont participé à ces courses et ont rassemblé également près de 350 000 spectateurs. 



 

Le succès grandissant de l’Hyrox 


En un an, l’Hyrox a connu une hausse de 40% de participation. Un succès grandissant pour un sport encore peu connu du grand public. 
 

L’Hyrox est une discipline créée en Allemagne en 2017 ; elle se situe entre la course à pied et le cross-training. À la différence du crossfit, l’Hyrox nécessite des mouvements plus fonctionnels et accessibles avec peu de pratique. Une boucle d’un kilomètre est réalisée avant et après chaque station, soit au total 8 km de course à pied. 
 

L’enchaînement des stations et des kilomètres de course à pied est le même pour tous les participants. 

 

Le déroulé complet d’un Hyrox 

1 km de course à pied + 1 km sur la machine Skierg, une machine imitant les mouvements du ski de fond. 
1 km de course à pied + Sled Push, pousser un traîneau lesté.  
1 km de course à pied + Sled Pull, tirer un traîneau lourd sur une distance de 50 mètres. 
1 km de course à pied + Burpee Broad Jumps. 
1 km de course à pied + Rameur 
1 km de course à pied + Farmers Carry, marcher avec une kettlebell dans chaque main. 
1 km de course à pied + Sandbag Lunges, porter un sac sur les épaules. 
1 km de course à pied + Wall Balls, lancer un ballon lourd en l’air et le faire rebondir sur une plateforme. 

 

 

L’Hyrox se veut donc accessible en particulier aux usagers des salles de fitness, mais pas que. La course à pied a une grande importance dans cette discipline : 8 kilomètres de course sont à parcourir entre chaque station. Ce moment peut faire descendre le chrono sur l’épreuve totale ou à l’inverse faire perdre du temps aux sportifs. Laurent Peries, directeur marketing et recrutement de l’EDHEC Business School, s’est essayé à l’Hyrox après 20 ans de pratique sportive régulière : trail, marathon, 10 km et triathlon. C’est cette importance de la course à pied au sein des courses Hyrox qui l’a convaincu : « Il y a une base de course à pied, donc c'est aussi pour ça que je m'y suis mis. Contrairement à ce que certains pensent, c'est un effort beaucoup plus axé sur le cardio et la haute intensité que sur la force elle-même.»  

Malgré l’accessibilité que prônent les fondateurs de la discipline, selon ce grand sportif, un entraînement est requis car la course reste très intense pour des débutants. « C'est une course qui a été faite pour être accessible à tout le monde. C'est moins technique que le crossfit ; il n'y a pas d'haltérophilie, donc il suffit de s'entraîner un peu. Il est possible de reproduire les 8 stations. Ensuite, il y a l'envers du décor et certains qui débutent à peine le sport et qui s'inscrivent directement à ce type de course sans trop de préparation…»  

 

Laurent Peries a participé à deux Hyrox et son constat est sans appel : les participants courent plus que les 8 kilomètres indiqués dans le parcours. « À l'intérieur de ce qu'on appelle la rock zone. Pour aller rejoindre sa station, on a encore de la distance. Je l'ai vu à l'Hyrox de Lyon. Au final, j'ai fait environ 10 kilomètres, donc il doit y avoir à peu près aussi 2 kilomètres dans la rock zone sur les 8 stations. On court tout le temps et sans temps de repos. Donc c'est aussi cela qui peut être différent de la musculation. Il faut quand même être habitué à courir et à faire du cardio…Parce qu’à chaque kilomètre qu’on court, c’est sous fatigue, donc ce n’est pas la même chose.»   



 

L’Hyrox, un business florissant 

L’Hyrox devient un phénomène business et marketing majeur dans l’univers du sport. « À l’origine, c’est une marque qui a créé un sport, explique Maxime Villalongue, directeur de Hyrox France, sur France Info. C'est ça qui est assez unique. Il faut bien comprendre que l'Hyrox répond à un besoin qui était présent, mais que personne n'avait identifié.»  En France, 1 300 salles de sport sont partenaires de la marque Hyrox. Cette discipline a généré entre 15 et 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en France en 2025.  À terme, la popularité de l’Hyrox pourrait se rapprocher de celle des marathons. La pratique de la course à pied a drastiquement augmenté ces cinq dernières années et l’Hyrox pourrait continuer d’évoluer dans ce sens. Pour le marathon de Londres 2026 - l’un des 7 marathons majeurs - il y avait 1 million de personnes sur liste d’attente, selon L’Équipe. Gageons que l’Hyrox arrive à ce niveau. 

 

 

 

Les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans la popularité de ce sport. Les participants peuvent acheter un pack photo à environ 40 euros pour obtenir de nombreux clichés d’eux en plein effort. Des photos lumineuses qui plaisent énormément et se retrouvent pour beaucoup sur Instagram. Une manière de faire parler de l’événement et de convaincre de nouveaux adeptes.  


 

L’Hyrox à l’étranger, une invitation au voyage 

Pour beaucoup d’amateurs de ce sport, l’Hyrox est une opportunité de voyager. Ils peuvent se rendre dans des pays limitrophes de la France ou même parfois à l’autre bout du monde pour aller participer à une compétition. En restant sur place quelques jours, ils profitent ainsi de la ville avant et après l’évènement. Une façon de voyager que l’on appelle le tourisme sportif populaire dans la pratique de la course à pied. 

 

Course, football, cyclisme…le tourisme sportif, la nouvelle mine d’or pour le secteur

 

Mathieu Ernst a participé à plusieurs Hyrox comme celui de Stuttgart en Allemagne, à Paris, à Londres et à Nice en double. L’étudiant de 22 ans est allé à l’étranger pour être certain de pouvoir prendre une place. « Jamais je ne serais allé à Stuttgart autre que pour l’Hyrox. » Selon lui, voyager pour réaliser un Hyrox est essentiellement expliqué par la volonté de trouver des places, même de dernière minute. Mathieu Ernst estime que partir à l’étranger pour participer à un Hyrox est presque inévitable : « la problématique, c'est qu'en France, il y a une grosse communauté de crossfit et d'Hyrox. Les places sont très limitées. Par exemple, pour l’Hyrox de Paris au Grand Palais (avril 2026), on était 90 000 sur la liste d'attente, pour 20 000 places. »  

Laurent Peries, n’a d’ailleurs pas obtenu de place pour l’Hyrox de Nice, en février 2026 : « L’évènement était déjà plein, donc on se rue même sur des compétitions à l'étranger. » 

 


 

Hyrox, la plus grande course de fitness au monde

 

Pour certains, partir à l’étranger pour participer à un évènement sportif est synonyme de voyage. Ambre Mry, jeune athlète et coach en Hyrox, est ravie de pouvoir joindre ses deux passions : « J’ai choisi cette course à l’étranger (Barcelone) car la date m’arrangeait et cela permet de voyager tout en faisant du sport. C’était vraiment quelque chose qui me tenait à cœur, voyager pour le sport. Ce sont deux choses qui me font vibrer. » À son compteur, deux Hyrox réalisés à Toulouse, un à Bordeaux, à Nice, à Barcelone et à Perth en Australie. L’évènement organisé en Océanie est d’ailleurs sa meilleure expérience à l’étranger : « En Australie, c’était super, j’ai vu des athlètes élite. Cela a amené beaucoup de monde et de l’ambiance. » 

En revanche, l’Hyrox à Barcelone a été une moins bonne expérience, « je n’ai pas aimé l’ambiance, pas d’énergie, mauvaise organisation, peu de bénévoles… j’ai été un peu déçue. » Pour les prochains, Ambre Mry recherche des lieux mythiques, comme celui de Paris sous les verrières du Grand Palais en août 2027. Côté international, elle se dirigerait vers l’Italie. 
 

L’Hyrox a l’ambition de devenir une épreuve olympique aux Jeux de Melbourne en 2032.

 

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