Édition internationale

Roland-Garros revient… mais qui joue encore au tennis en 2026 ?

Et si Roland-Garros était surtout une machine à fabriquer de la nostalgie ? Chaque année, ça recommence. La lumière change. Les journées s’allongent. Et, sans vraiment s’en rendre compte… la France retombe amoureuse du tennis lors de ce prestigieux tournois, qui a eu lieu cette année du 18 mai au 7 juin 2026.

 Affiche Roland-Garros 2026 (c) DR Affiche Roland-Garros 2026 (c) DR
Affiche Roland-Garros 2026 (c) DR
Écrit par Franck Pedretti
Publié le 25 mai 2026

Le rendez-vous est là… c’est presque automatique. Tu passes devant un écran, une vidéo sur ton Insta… il y a de la terre battue… un échange long… un ralenti sur une balle qui frôle la ligne… et tu te surprends à rester, à liker… ton algorithme prend le pli, et tu es à deux doigts de rallumer ta TV pour le match suivant. Même si tu n’as pas joué depuis des années. Même si tu ne connais plus le classement ATP.

Même si chaque année tu te dis : « je regarderai juste un match… » — et puis, en fait, tu regardes jusqu’à la finale.

C’est ça l’effet Roland-Garros dont l’édition 2026 va encore une fois nous surprendre. 
« RG » pour les initiés, c’est une mémoire collective, une petite madeleine de Proust qu’on aime bien croquer à l’heure du goûter. C’est le sport des révisions du Bac. Des après-midis trop chauds. Des matchs qu’on regarde en fond… et qui finissent à 1 heure du matin. Car oui, « RG » est devenu un sport en nocturne ! Gaël Monfils en est fan, et nous aussi. Et surtout, c’est un moment rare : un sport que toute une génération redécouvre en même temps, un peu comme les Jeux Olympiques, tous les quatre ans.

 

Pendant ce temps-là, le sport change de forme

 

Une autre réalité s’installe doucement ici aux Etats-Unis. Des terrains de tennis disparaissent et sont réaménagés. Des lignes sont repeintes. Des raquettes changent de forme. La balle devient plus légère.

Et une question revient partout : « Do you play pickleball ? »

Et là, toi qui as pris des cours de tennis, tu t’y essayes, tu adores, et tu penses pouvoir devenir numéro 1 mondial la semaine prochaine. Car oui, le pickleball est un sport facile pour quiconque a déjà eu une raquette dans la main… et c’est un sport FUN.

Sur des lieux historiques comme le centre Bobby Riggs Racket & Paddle à Encinitas, en Californie, les courts de tennis ont littéralement disparu — remplacés par des courts de pickleball. Un court de tennis = deux courts de pickleball. La rentabilité de l’espace devient alors économique.

Le tennis serait-il en danger ? Soyons sincères… quand avez-vous touché votre raquette pour la dernière fois ? Elle réclame sûrement un recordage.

L’exemple de Bobby Riggs est fort. Décédé en 1995, il n’a pas connu l’essor de ce nouveau sport. Bobby Riggs était pourtant le numéro UN mondial en 1939. Champion, showman, figure du fameux « Battle of the Sexes » contre Billie Jean King.

Et aujourd’hui, sur une partie de son héritage, on ne joue plus exactement au même jeu. Le pickleball gagne parce qu’il est simple. Rapide. Accessible.

Là où le tennis demande du temps, beaucoup de temps, car trop technique : la vitesse et le poids de la balle…, la taille du terrain aussi.

 

Mais en France, le tennis a un léger avantage que personne n’a encore réussi à copier

 

Le nombre de licenciés est en chute libre. Les Clubs de Tennis se font rares. Le pickleball gagne du terrain au quotidien. Mais le tennis gagne une autre chose impossible à industrialiser : la nostalgie, parce que le tennis ne vit pas toute l’année pour le grand public. Il attend. Et puis arrive Roland-Garros, les tournois du Grand Chelem, et là, tout revient. Les joueurs. Les émotions. Les souvenirs personnels. Et surtout… les générations.

Le pickleball gagne peut-être les terrains du quotidien. Le tennis, lui, gagne quelque chose de plus lent, plus étrange, plus puissant : la mémoire collective des finales de Roland Garros que ce soient celles de Wilander vs. Noah, Federrer vs. Nadal ou encore plus récemment les finales interminables de Djoko qui traversent plusieursgénérations… Djokovic en quête de son 25ème Grand Chelem.

Donc chaque année, sans prévenir, Roland-Garros remet tout le monde au même point de départ. Comme si on retombait amoureux du tennis. Encore. Sans savoir pourquoi. Alors êtes-vous Pickleball ou Tennis ?

Bon Roland-Garros… et vive la nostalgie !

 

 Affiche Roland-Garros 2026 (c) DR
 Affiche Roland-Garros 2026 (c) DR

 

L’affiche de cette édition 2026 de Roland-Garros a été confiée à l’artiste français JR.

Connu pour ses installations monumentales dans l’espace public, JR transforme les villes en galeries à ciel ouvert. Il est notamment célèbre pour ses gigantesques collages photographiques en trompe-l’œil, capables de faire « disparaître » ou métamorphoser des monuments entiers, comme la pyramide du Musée du Louvre en 2016.

Son travail repose sur une idée simple : faire sortir l’art des musées pour l’installer dans la rue, et transformer des images éphémères en souvenirs collectifs.

N’a-t-il pas, au fond, volontairement illustré tout ce qu’on vient de raconter dans ce papier ? Un clin d’œil à la nostalgie, et peut-être aussi à ce devoir de mémoire qui, lui aussi, risque de s’effacer doucement… si on ne l’entretient pas comme ce court de terre battue.

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