Édition internationale

“Je veux être utile” : de la Colombie à la France, Juan Arias partage son expérience

Juan Arias a quitté la Colombie pour la France en 2017. Au cours de cette expérience, il a dû s'adapter à une nouvelle culture et à un nouveau pays. Il partage du contenu sur les réseaux sociaux, proposant des conseils et partageant son expérience. Âgé de 26 ans, le jeune Colombien est parvenu à trouver un équilibre entre deux cultures.

Juan Jaco AriasJuan Jaco Arias
Écrit par Julie Danel Amanou
Publié le 17 juillet 2026, mis à jour le 21 juillet 2026

Depuis très jeune, j’ai eu un grand intérêt pour la France. Je voulais vraiment la découvrir, la visiter et y vivre,” Juan Arias a quitté la Colombie pour la France il y a neuf ans, pour ses études. Arrivé en 2017 à l’âge de 17 ans, il en a aujourd’hui 26 et vit à Paris. Si son arrivée en France a été simplifiée par son “parcours très francophone en Colombie”, où il a fait toute sa scolarité en français, cela n’a pas été évident pour autant. Il s’est alors confronté à une nouvelle culture, à des procédures administratives complexes et à la bureaucratie française. 

 

 

Juan Arias
Juan a fait ses études à Sciences Po, en France

 

À travers cette expérience, Juan a commencé à créer du contenu, donnant des conseils pour s’installer en France, y trouver un logement et du travail, comprendre les démarches administratives nécessaires, s’intégrer et comprendre la culture française… Il publie ses vidéos, majoritairement en espagnol, sur Instagram et YouTube. Si elles sont principalement en espagnol, c’est parce que ses quelques 17 300 abonnés sur Instagram sont originaires d’Amérique du Sud pour la plupart, “du Mexique, du Pérou, d'Espagne, du Venezuela… Il y a beaucoup de Colombiens et de plus en plus de Français,” énonce-t-il.

 

 


 

 

Partager du contenu pour faciliter l’arrivée en France

Juan a commencé à partager son expérience sur les réseaux sociaux en 2020, pendant une année d’échange aux États-Unis, “Je créé du contenu parce que ça me fait une sorte de répertoire de mes expériences, mais surtout parce que je veux être utile”, mais il a finalement arrêté son activité lors de son retour en Colombie pour le confinement.

 

Le créateur de contenu a recommencé à publier sur Instagram plusieurs années plus tard, en août 2025, et n’a pas arrêté depuis. Sa communauté a grandi et Juan a pu donner des conseils sous plusieurs formes : “J’ai même fait des appels avec des étudiants qui voulaient venir en France, pour les aider sur les procédures nécessaires”. 

 

 

 

 

C’est en rencontrant des difficultés à son arrivée en France qu’il a eu l’idée de recommencer à publier du contenu. “Je suis bien conscient que la réalité de la plupart des migrants est plus difficile,  parce que j'ai migré en connaissant le français, en intégrant une université… Alors je crée du contenu pour apporter une aide utile à ceux dont la réalité est bien plus dure que la mienne.” 

 

 

Je crée du contenu pour apporter une aide utile à ceux dont la réalité est bien plus dure que la mienne.

 

 

En publiant sur les réseaux sociaux, le jeune homme a l’occasion d’être créatif et il a “une liberté presque absolue” sur son contenu. Le Colombien constate le fruit de ses efforts en recevant des retours : “Quand on me dit qu’une vidéo que j’ai faite a servi à quelqu’un, c’est un sentiment incroyable. C’est pour ça que je publie sur les réseaux, pour transmettre du contenu qui a un impact positif dans le parcours des autres personnes venues en France.


 

La dualité culturelle qu’implique une expatriation

Ses années en Colombie bercées par une éducation scolaire française ont rendu son départ plus simple. Juan a grandi à Pereira en Colombie, où les inégalités sont fortes. Il était plus intéressant d’aller à l’école française “pour avoir un système éducatif plus fort et pour avoir plus d'opportunités par la suite. C'est mieux d'être dans un établissement privé et le lycée français était un bon lycée dans ma ville.

 

En ayant un pied dans la culture colombienne et l’autre dans la culture française, Juan a commencé à s’intéresser à la France, mais l’étape décisive a été un échange de 10 à 11 mois en Ardèche, à ses 14 ans. “C’est une année qui a changé ma vie. Si je n'avais pas eu cette expérience en France qui m’a fait connaître le pays, la culture, les gens, la manière de vivre à la française, je pense que je serais resté en Colombie,” raconte Juan. 

 

 

 

 

Le Colombien a pu constater les différences culturelles dès son premier voyage en France, passant d’une ville considérée comme “petite” en Colombie de plus de 500 000 habitants, à la ville d’Annonay d’environ 25 000 habitants en France. “La diaspora n'est pas très forte en Ardèche, j’étais le seul Colombien, je paraissais très différent. Au début, il y avait une vraie curiosité autour de moi de la part de mes camarades mais en faisant le premier pas je me suis fait de très bons amis,” ajoute le créateur de contenu. C’est l’un des plus grands chocs culturels selon lui, “les Colombiens sont plus chaleureux et accueillants au premier abord, contrairement aux Français.” Mais à l’inverse des Colombiens, une fois que le lien est créé en France, “il est fort et perdure dans le temps”, constate Juan.  

 

Se créer un cercle social est aussi un défi en arrivant dans un nouveau pays, “paradoxalement, Paris est une ville très dense, très internationale, très diverse… mais le sentiment de solitude peut être très fort”. Le jeune Colombien est arrivé au début de ses études, la plupart des étudiants ne se connaissaient pas et ne venaient pas tous de Paris, facilitant l’échange et la création de relations amicales. 

 

 

Juan Arias
Juan Arias

 


 

Se créer un nouveau cercle social à l’étranger

Le créateur de contenu est parvenu à garder une part de sa culture en se faisant des amies d’origine latino-américaines. D’après l’Insee, environ 3% des immigrés en France venaient d’Amérique du sud en 2024. “C’est plus simple d’avoir des amis latinos : on parle tous la même langue, on a tous la même culture…”, admet Juan. Mais s’il devait donner un conseil à un étudiant étranger, c’est “d’avoir des amis français : cela facilite l'intégration culturelle et cela permet une expérience beaucoup plus riche.

 

 

Juan conseille d’avoir des amis français : cela facilite l'intégration culturelle et cela permet une expérience beaucoup plus riche.

 

Il reste vrai qu’en arrivant dans un nouveau pays, on est contraint d’en quitter un autre et ce n’est pas toujours simple pour le Colombien qui est loin de sa famille : “La première année est beaucoup plus difficile que la neuvième. C’est dur puisque ce qui me ressemble est loin de moi, mais c’est le sacrifice à faire lorsqu’on décide de migrer.

 

Juan a prévu de retrouver la Colombie à un moment, mais ce n’est pas pour tout de suite. “J'adore la France, c'est vraiment mon deuxième pays. Je m’y sens très attaché, culturellement, personnellement et professionnellement. En ce moment, mon histoire est en France et je ne pense pas encore avoir terminé ce chapitre de ma vie,” confie Juan. 

 

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