Le réseau social eYou lancé en mars 2026 par deux entrepreneurs français revisite les réseaux sociaux. La plateforme combat la désinformation, avec du fact-checking, un fil d’actualité en direct et un contrôle des algorithmes. Ce projet européen compte plus de 60 000 utilisateurs. Les deux fondateurs, Grégoire Vigroux et Jasseem Allybokus, nous racontent.


“Notre objectif est de réconcilier les utilisateurs avec les réseaux sociaux”, nous lance Grégoire Vigroux, l'un des deux fondateurs du nouveau réseau social eYou. Il faut dire que cette plateforme, pré-lancée le 17 mars 2026 et officiellement lancée le 5 mai 2026 par deux entrepreneurs français a de l'ambition : revisiter les réseaux sociaux en les rendant plus sains et davantage dignes de confiance.
Lancement de eYou, un nouveau réseau social européen: entretien avec Julien Coustaury
“Notre ambition est d’offrir une alternative crédible,” explique Julien Coustaury, l’un des investisseurs de l'application, à l’édition lepetitjournal.com de Bucarest, en mai 2026. Il fait confiance à Grégoire Vigroux et Jasseem Allybokus, deux Français basés en Roumanie depuis plus d'une décennie, qui se lancent dans l'aventure de l'entreprenariat au service de la confiance...
Le réseau eYou combat la désinformation
Le réseau social s’apparente à X : un fil de posts écrits, parfois accompagnés d’images, des hashtags, et des challenges “trendy”.... La plupart des publications sont en anglais, mais il est possible de toutes les traduire automatiquement. eYou se démarque notamment des autres réseaux sociaux par une caractéristique appelée “Pulse” : un fil d’actualité en direct partageant des articles plus ou moins courts et les répertoriant par catégorie, à la façon d’un média.

La vraie différence de ce média c’est l’icône “vérifié” en dessous de chaque publication. L’objectif de la plateforme est simple : lutter contre la désinformation et encourager le fact-checking. Une intelligence artificielle se charge donc d’analyser chaque publication. Si des informations ou des faits sont partagés, l’IA les vérifie. Il est possible de voir le descriptif de la vérification en cliquant sur l’icône.

Les deux fondateurs de la plateforme nous expliquent en juin 2026, “Nous avons constaté une montée de la défiance envers les plateformes traditionnelles. eYou est né d'une conviction simple : les réseaux sociaux jouent aujourd'hui un rôle central dans nos vies, mais de plus en plus d'utilisateurs ont le sentiment d'avoir perdu le contrôle de leur expérience.” C’est ainsi qu’est née l’idée de créer un nouveau réseau social de confiance. Pour ce faire, Grégoire Vigroux et Jasseem Allybokus ont “interrogé plusieurs centaines d'utilisateurs afin de comprendre leurs frustrations et leurs attentes.“
Les réseaux sociaux jouent aujourd'hui un rôle central dans nos vies, mais de plus en plus d'utilisateurs ont le sentiment d'avoir perdu le contrôle de leur expérience.”
La plateforme cherche avant tout à rendre l’expérience utilisateur meilleure. Les fondateurs insistent sur les “piliers fondamentaux” de la plateforme : “La protection des données personnelles, la transparence des mécanismes de recommandation, la lutte contre la désinformation grâce à l'intelligence artificielle et au fact-checking, la promotion d'échanges constructifs et respectueux et une approche plus éthique de l'économie de l'attention.”
eYou offre une alternative aux plateformes américaines
La plateforme est européenne, “par son ADN, ses valeurs et sa vision”, expliquent-ils. Créée et lancée en Roumanie, elle est conçue, développée et hébergée en Europe. Mais d’après les fondateurs, c’est “surtout une question de philosophie.” La plateforme devient une sorte d'alternative européenne aux géants américains. Elle est en accord avec des valeurs européennes, notamment sur les données personnelles des utilisateurs qui sont donc protégées conformément au règlement général sur la protection des données de l’Union européenne.
“À travers eYou, nous souhaitons contribuer à la souveraineté numérique européenne et démontrer que l'innovation technologique peut également venir d'Europe”, expliquent Grégoire Vigroux et Jasseem Allybokus. Le secteur des réseaux sociaux est largement dominé par les entreprises américaines et chinoises, à travers eYou ils permettent à “l'Europe de faire émerger ses propres champions numériques.”
Un lancement réussi pour eYou
Trois semaines après le lancement public d’eYou, le 5 mai 2026, la plateforme comptait plus de 60 000 utilisateurs dans plus de 160 pays. L’objectif n’était que de 10 000 membres pour les débuts de l’application, d’après lepetitjournal.com Bucarest. Le fonds d'investissement Fil Rouge Capital, basé en Croatie, a financé le projet à hauteur de 300 000 euros. Julien Coustaury soutient à la rédaction de Bucarest que “d'autres levées de fonds viendront soutenir le développement du projet.”
La plateforme comptait plus de 60 000 utilisateurs dans plus de 160 pays.
eYou connaît un grand succès : les utilisateurs ouvrent la plateforme en moyenne 7,7 fois par jour et y passent plus de 40 minutes au quotidien. Ils ne se contentent pas d’essayer la plateforme, ils reviennent : le taux de rétention atteint 47,2%. “Ces résultats nous confirment qu'il existe une véritable demande pour un réseau social plus transparent, plus responsable et plus humain.”
Les utilisateurs ouvrent la plateforme en moyenne 7,7 fois par jour et y passent plus de 40 minutes au quotidien.
La plateforme va continuer d’évoluer, les fondateurs souhaitent développer de nombreux points : “enrichir l'expérience utilisateur, renforcer les fonctionnalités communautaires et accélérer le développement des outils d'intelligence artificielle dédiés à la vérification des contenus. Nous poursuivrons également nos efforts en matière de transparence algorithmique.” La plateforme reste pleinement impliquée dans l’expérience utilisateur.
Grégoire Vigroux et Jasseem Allybokus rappelent l’objectif principal d’eYou : “Nous n'avons pas l'ambition de créer simplement un nouveau réseau social. Notre ambition est de construire la première grande plateforme sociale européenne capable de rétablir la confiance dans les réseaux sociaux”.
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