À 30 ans, Lucille Befort prépare un nouveau départ. La fondatrice du compte French Vibes Club construit depuis plusieurs années un pont culturel entre la France et l’Amérique. Aujourd’hui, elle espère franchir une nouvelle étape : obtenir un visa O-1, souvent surnommé « visa talent », pour s’installer en Californie. Portrait et conseils.


Elle arrive souriante à la terrasse du café où nous avons rendez-vous à Paris. Avant l’entrevue, nous avons bien entendu parcouru ce fameux compte sur les réseaux sociaux French Vibes Club, rempli de bons sentiments à l’égard de la culture française, à coups de cours de pâtisserie et d’immersion à Paris. Mais qui est donc cette Française de 30 ans - invitée à l’Elysée ou au Domaine du Champ de Bataille - qui s’est lancée dans de longues démarches pour obtenir le visa O-1, direction les Etats-Unis ? Mais avant toutes démarches administratives et dossier juridique, il y a une histoire de passion, de transmission et d’attachement profond à la culture française que lepetitjournal.com veut vous raconter travers Lucille Befort.
« J’ai toujours eu ce pont entre les États-Unis et la France »

Lucille Befort, une Française à la fascination américaine
« J’ai toujours eu ce pont entre les États-Unis et la France » nous confie-t-elle d’emblée, complétant cette affirmation : « j’ai un parcours assez international. J’ai étudié le marketing, la communication et le business international à l’American University of Paris avant de vivre entre la Floride, New York et Los Angeles. » Chez Lucille Befort, le rêve américain ne date pas d’hier. « Depuis que j’ai 14-15 ans, j’ai supplié mes parents de faire un voyage à New York ». Et, comme beaucoup de Français de sa génération, elle grandit avec les références culturelles américaines : le cinéma, la musique et les grandes villes mythiques.
Alors, lorsqu’elle part vivre aux États-Unis en 2022 avec un visa étudiant, la fascination se confirme : « Tout est surdimensionné. Il y avait un vrai décalage avec notre vie en France et ça m’a interpellée. » Si elle découvre les deux côtes américaines, c’est finalement la Californie qui la marque le plus. « J’ai aimé ce mélange entre la ville, les parcs nationaux, la nature, la mer… On peut aller skier puis voir l’océan dans la même journée. J’ai eu l’impression que tout était possible là-bas. »
j’ai réalisé qu’il y avait énormément de personnes qui admiraient la France.
“La France fait rêver bien au-delà de la mode”
Paradoxalement, c’est en vivant à l’étranger que Lucille Befort renforce son identité française : « Je me suis réaffirmée dans cette idée française parce que j’ai réalisé qu’il y avait énormément de personnes qui admiraient la France. » Sur ses réseaux sociaux - suivie par près de 190 000 personnes via French Vibes Club - la créatrice de contenus défend une vision plus profonde de la culture française : « Au-delà de la mode ou des cosmétiques, il y a notre histoire, notre patrimoine, notre savoir-faire, notre art de vivre »
Mais pourquoi une telle fascination pour la culture française s’interroge-t-on ? Son histoire familiale n’y est pas pour rien. « J’étais très proche de mes grands-parents. Ils me racontaient leur jeunesse en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces récits m’ont beaucoup marquée. » La jeune femme évoque aussi son père, « féru d’histoire », avec qui elle a passé « de nombreuses heures à discuter », ajoutant, souriante « J’ai toujours aimé tout ce qui était lié au patrimoine, à l’histoire, à la culture française. »
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Le visa O-1, un parcours “challengeant”
C’est finalement un voyage de trois mois en 2025 qui agit comme un déclic. « Au retour, je me suis dit : j’aimerais vraiment vivre cette expérience sur le long terme. » Pour cela, la créatrice de contenus se tourne vers le visa O-1, destiné aux profils reconnus dans leur domaine. « On m’a orientée vers ce visa parce qu’en tant que créatrice de contenu, je pouvais entrer dans cette catégorie. » Le processus reste exigeant. « C’est un dossier qu’on monte depuis plusieurs mois avec une avocate spécialisée. Le faire seule aurait été vraiment compliqué. »
Quand on traverse tous cette même expérience de l’expatriation, ça crée des liens très forts.
Le visa O-1 est un visa américain de non-immigrant destiné aux personnes possédant des capacités extraordinaires dans des domaines comme les sciences, les affaires, l’éducation, l’athlétisme, les arts, le cinéma ou la télévision. Accordé au cas par cas, ce visa exige une reconnaissance nationale ou internationale ainsi qu’une offre d’emploi d’un employeur basé aux États-Unis. Contrairement à d’autres visas de travail américains, le visa O-1 repose avant tout sur des preuves concrètes de réalisations exceptionnelles : prix prestigieux, publications, contributions majeures, salaires élevés ou participation à des productions reconnues. Le visa se décline en deux catégories : le visa O-1A pour les secteurs scientifiques, éducatifs, commerciaux et sportifs, et le visa O-1B pour les arts, le cinéma et la télévision.
Lucille décrit une procédure presque introspective. « Il faut faire le tour complet de sa vie. Mon avocate m’a même dit : “À la fin, je te connaîtrai peut-être mieux que toi-même.” » Car oui, études, expériences professionnelles, collaborations, recommandations…Tout est analysé. « Je pense qu’il n’y a aucun secteur de ma vie qui n’a pas été exploré. »
Nous poussons un peu la discussion pour comprendre l’enjeu d’un tel visa dit de “talent”. La jeune femme préfère parler d’un parcours « challengeant » pour montrer French Vibes Club comme un pont culturels entre la France et les Etats-Unis, et un moyen de faire rayonner la culture française auprès d'un public international. « Etre bien accompagnée change tout. » Avant de lancer sa procédure, Lucille Befort a rencontré de nombreux expatriés français à Los Angeles : entrepreneurs, membres de la communauté française, représentants institutionnels. Pour elle, la communauté française à l’étranger joue un rôle essentiel dans cette décision de partir vivre aux Etats-Unis. « Quand on traverse tous cette même expérience de l’expatriation, ça crée des liens très forts. »
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“Il faut d’abord trouver le visa qui vous correspond”
Alors que de plus en plus de jeunes Français rêvent de tenter leur chance aux États-Unis, Lucille reçoit régulièrement des questions sur les visas et l’expatriation. Son premier conseil : ne pas foncer sans préparation : « Il faut vraiment identifier le visa qui correspond à son profil. Parce qu’ils sont tous très différents. »
La Française cite notamment le VIE, les visas sponsorisés par des entreprises ou encore les visas entrepreneurs : « La première étape, c’est vraiment de comprendre dans quelle catégorie on entre. »
Lucille insiste également sur la patience nécessaire : « Il faut être très motivé. C’est un parcours qui demande de l’énergie et de la patience ». Le visa O-1 lui ouvrirait les portes américaines pour une durée de 3 ans : « cela serait déjà une très belle expérience. Ensuite, je verrai selon ce que cette aventure m’apporte. » Avec toujours, en filigrane, cette double identité qu’elle revendique pleinement.
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