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Thierry Tea, histoire d’une ascension entrepreneuriale

Par Justine Hugues | Publié le 13/06/2019 à 10:00 | Mis à jour le 14/06/2019 à 10:25
Thierry Tea PhilJets club VIE

Créateur de plusieurs sociétés en Asie, de l’aéronautique à la distribution, le Français Thierry Tea est héritier de valeurs familiales fortes : l’ancrage, le respect et la réussite. 

 

Aujourd’hui Phnom Penh, hier Manille, demain Singapour. Thierry Tea a fait, depuis deux décennies, plusieurs fois le tour de l’Asie. Ce serial entrepreneur français, d’origine sino-cambodgienne, a grandi dans l’amour de l’Hexagone, le mélange des cultures et le désir de réussite. C’est ce qui l’a poussé à vouloir, très jeune, faire carrière dans une entreprise française à l’international. « Alors que mes copains d’origine asiatique pensaient à reprendre le restaurant ou le magasin d’informatique familial, je voulais intégrer un grand groupe, montrer que j’en étais capable », se souvient-il. A la maison, on parle en khmer et en teochew, le dialecte d’usage à l’est de la province du Guangdong. Sa famille, traumatisée par l’idée de la guerre et craignant un nouvel exil, rêve pour lui d’un avenir hexagonal. Mais le jeune homme nourrit des envies d’ailleurs. 

Ayant intégré l’école de commerce Negocia (aujourd’hui Novancia), il multiplie les stages à Singapour, Hong Kong et Shanghai, un territoire familier où « il se sent bien ». 

 

 

Le VIE propulse sa carrière

 

En stage chez Airbus Hélicoptères à 23 ans, il frappe à toutes les portes pour décrocher un Volontariat International en Entreprise. « Je voulais aller en Chine, je me suis fait recaler. Pareil pour l’Australie. On me disait que pour vendre là-bas, il fallait être blanc et avoir des cheveux gris », raconte-t-il, amusé. Sa persévérance aura raison de la liste des postes à pourvoir puisqu’on lui crée un volontariat à Manille et qu’il vend, en un tour de bras, son premier hélicoptère. Deux ans plus tard, il devient le plus jeune responsable de filiale du groupe. 

Thierry gravit quatre à quatre les marches de l’entreprise, intègre les règles de gestion qu’il appliquera, plus tard, à ses sociétés. Après 8 ans passés dans le groupe aéronautique, et alors qu’il est responsable de toutes les activités Airbus Hélicoptères aux Philippines, il décide de se lancer en solo. « J’étais dans les petits papiers pour devenir senior manager dans le groupe. Mes amis me traitaient de fou, d’autant plus que je ne savais pas vraiment ce que j’allais faire », reconnaît-il.  Fort de son réseau philippin, il fonde la société aéronautique PhilJets en 2013, spécialisée dans l’aviation d’affaires et le tourisme aux Philippines et en Asie du Sud-Est. 

 

Thierry Tea PhilJets club VIE

 

 

Cador de l’investissement

 

L’entreprise gère aujourd’hui une flotte de 10 hélicoptères et 5 jets et emploie près de 70 personnes. Une belle réussite. Mais insuffisante pour Thierry, assoiffé d’aventures entrepreneuriales. En 2014, l’expatrié fonde le groupe Negocia. Un clin d’œil à son ancienne école de commerce et une holding d’investissements qui repère et soutient les start-up prometteuses dans des secteurs variés, de l’agriculture au digital, en passant par la distribution et l’immobilier. En complément, le groupe assure la distribution de marques de renom au Cambodge et d’autres pays asiatiques – dont Pandora et Bering- et se lance dans de nouveaux secteurs, comme avec la création du media Forward au Cambodge. « Je voudrais aussi développer ma marque de cosmétiques qui pourrait rayonner dans la zone et travailler avec des PME françaises, détaille Thierry. On a tendance à oublier que la France est très en avance sur la R&D, la conception, la création ».

Jonglant au quotidien entre différents marchés étrangers, Thierry assume complètement son prisme international. «  Je me sens 100% français, 100% khmer et 100% de la diaspora chinoise et je suis fier d’exprimer mes origines à travers mes activités ».

 

Volonté et objectifs : les clés du succès

 

Interrogé sur les facteurs de sa réussite à l’étranger, Thierry reprend le célèbre adage sur le pouvoir de la volonté : « J’ai grandi en me disant qu’il fallait travailler dur. Plus j’avançais, plus je prenais conscience de ce que je pouvais faire ». Pour lui, «  quand on n’a pas réussi, c’est qu’on ne s’est pas donné d’objectif. Il ne suffit pas de se dire « on teste et on verra » mais il faut fixer au préalable ce qu’on veut atteindre, et de là, définir ses objectifs à court et moyen termes »

 

Celui qui dévore les biographies, de Zidane à Richard Branson, croit aussi beaucoup à l’inspiration de mentors. C’est cette transmission qu’il souhaite perpétuer aujourd’hui, en s’investissant notamment au sein du club VIE, de la french tech au Cambodge, ou encore d’associations d’entrepreneurs et incubateurs comme Make Sense. « Personne n’a un parcours linéaire. Parfois, on se perd un peu ou on se plante complètement. Mais la volonté de continuer et de réussir est toujours gagnante », conclut Thierry. 

 

 


Le club VIE et les trophées des talents internationaux 

 

Pour la seconde année consécutive, le Club V.I.E, alumni des volontaires internationaux (VIE, VIA, VSN et CSN), a organisé, le 6 juin, les trophées des talents internationaux, en mettant à l’honneur 5 parcours dans différentes catégories : jeune talent (pour les VI rentrés de mission depuis moins de 3 ans), entrepreneur (pour les profils audacieux), parcours international (pour les longues carrières à l’international, catégorie dans laquelle Thierry Tea a été nommé lauréat), acteur social et solidaire ainsi qu’un prix du public. 

 

Créé en 2006 sous l’égide de Christine Lagarde, alors ministre déléguée au commerce extérieur, le club VIE est devenu un réseau professionnel de référence. Fort de ses 17.500 membres, situés en France (70%) comme à l’étranger (30%), le réseau s’attache à booster les opportunités professionnelles, cultiver des contacts et coopérations à travers le monde, et promouvoir l’expérience du volontariat international. 


 

 

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Justine Hugues

Justine Hugues

Après avoir travaillé 8 ans dans l’aide humanitaire et au développement (en Amérique Centrale, République Dominicaine et Birmanie) elle s'est reconvertie dans le journalisme avec l'ESJ Pro. Elle fait aujourd'hui partie de l'équipe de rédaction à Paris.
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