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EXPATRIÉS – Devenir coach, pourquoi ? Comment ?

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 24/11/2013 à 23:00 | Mis à jour le 21/02/2018 à 18:37
Devenir coach expatriation

Pas d'expérience préalable, flexibilité, possibilité de se former et d'exercer à distance? Le métier de coach semble à de nombreux conjoints d'expatriés une bonne idée de reconversion. Mais attention ce métier, souvent idéalisé, ne convient pas  à tous

L'expatriation, parce qu'elle marque une rupture, est une période propice aux questionnements et aux changements de cap. Phénomène de mode ou phénomène durable, de plus en plus de conjoints d'expatriés semblent tentés par une reconversion dans le coaching.
Corinne Tucoulat, cofondatrice d'Expat Communication, constate depuis quelques années un "véritable engouement". Son agence est extrêmement sollicitée par des coachs, de retour d'expatriation, qui souhaitent exercer.
Nicolas Serres Cousiné, coach de vie à New York  raconte : "Ces deux dernières années, j'ai été contacté par environ 10 personnes (des femmes françaises, la cinquantaine) pour savoir comment devenir coach. Trois de ces femmes avaient les aptitudes pour faire ce métier correctement. Et les motivations adéquates. Les autres étaient de sympathiques épouses d'expats qui s'ennuient et qui cherchent a faire un truc "part-time" pour s'occuper (je veux être coach parce que, je cite, mes copines me disent que je suis super bonne à leur filer des conseils). Au secours !"

Etre coach, qu'est ce que c'est ?

Coach sportif, coach de vie, coach de l'image, tout cela a tendance à être un peu nébuleux pour le profane. La profession de coach, encore assez nouvelle, alimente bien des fantasmes et des confusions avec le métier de consultant par exemple.
Difficile en effet de définir en un mot le coaching. Un coach accompagne son client dans la réflexion, afin que celui-ci trouve en lui ses propres solutions (il est donc différent du formateur, qui développe des compétences différentes lors d'une formation ou d'un consultant qui donne son avis, des conseils). Le but du coaching est d'aider ses clients à avancer, jusqu'à leur complète autonomie. C'est de la maïeutique telle que Socrate la concevait : "l'art de faire accoucher les esprits".

Devenir coach

Aucun parcours professionnel ne prépare plus qu'un autre à l'exercice de cette profession. Une carrière de psychologue ou de formateur ne constitue pas un préalable nécessaire.
Comme dans toute reconversion, avant de se lancer, il convient de se poser les bonnes questions : quel est mon projet professionnel ? Quelles sont mes compétences et mes motivations ? Est-ce que je me connais bien ? Le coaching doit répondre à une réelle envie, et correspondre à ce que l'on est.
Aude Bénéton est coach et consultante chez Harmony & Mobility Consulting, un cabinet de Conseil en Ressources Humaines, implanté à Pékin, Singapour, Casablanca et Bruxelles, spécialisé dans la mobilité, l'intégration, la gestion de carrière et l'accompagnement au changement. Après avoir travaillé 10 ans chez Nestlé (dans le change management notamment) puis expérimenté l'entreprenariat, elle a mûrement réfléchi à un nouveau projet professionnel : "J'ai réalisé que lors de mes différentes expériences professionnelles, mon fil conducteur et ma motivation se trouvaient dans l'accompagnement du développement des autres. J'ai pu concilier cet intéret avec mon expérience dans une multinationale et mon parcours entrepreneurial, en me formant au coaching à Singapour. J'interviens aujourd'hui dans l'accompagnement de la transformation dans un cadre professionnel grâce à mon expérience professionnelle passée. C'est ce socle qui fait mon expertise".

Obtenir une certification

Si la profession n'a pas de diplômes obligatoires, il est vivement recommandé de s'appuyer sur une formation sérieuse, reconnue, de suivre un cursus qui débouche sur une certification (ex : ICF International Coaching fédération, ou IIC International Institute of Coaching).
La formation permet d'assoir sa crédibilité lorsque l'on démarre. On ne peut intégrer des associations professionnelles comme l'ICF qu'en justifiant d'un certain nombre d'heures de formation.

Les formations sont plus ou moins onéreuses (souvent de 2.500 à 3.000 euros mais chez International Mozaik, le parcours complet atteint 10.000 euros).
Leur durée est variable : des modules que l'on peut faire en 6 mois mais parfois aussi étaler jusqu'à 24 mois. Les cours sont souvent modulables.
L'e-learning permet une grande flexibilité. Ces formations donnent les outils de base, avec des exercices, des travaux à rendre, des mémoires à faire, et permettent de s'initier à la pratique du coaching avec les autres étudiants. Les spécialisations sont un plus (ex : coach pour couples, pour enfants).

Au delà de la formation, "c'est une expérience de vie qu'il faut avoir acquise, on ne devient pas coach à 20 ans?, estime Corinne Toucoulat. Pour Raphaëlle Choël, "difficile d'être coach sans faire un travail sur soi". Le parcours de cette diplômée de l'ESSEC et de Sciences Po Paris est éclectique, avec la communication comme fil conducteur : marketing international, reporter pour la télévision, puis correspondante pour divers magazines. Avide de mettre en lumière les talents de ceux qu'elle croise, c'est naturellement qu'elle s'est formée au coaching lors d'une expatriation en Angleterre. Raphaëlle a co-fondé ActiveExpatCoaching à Shanghai où exerce toujours son associée, Fabienne Hansoul, et réside aujourd'hui à Singapour. "Il faut avoir confiance dans ce que l'on peut apporter et bien se connaître".
"Certaines problématiques du client peuvent entrer en résonnance avec ses propres problématiques, estime Aude Bénéton. Il est important de prendre du recul par rapport aux difficultés de son client pour être en mesure de jouer le rôle de miroir et de lui faire voir la situation sous un autre angle. Ecouter de façon active est une clé du coaching et requiert des qualités et des compétences specifiques".  La formation continue se révèle souvent indispensable pour nourrir la pratique du coaching.

Pratique du coaching

Tout commence par la définition avec le client d'un objectif à atteindre. Cela va déterminer le nombre de séances de coaching. Des stratégies sont définies pour atteindre cet objectif, et des actions. La confidentialité est totale, le contraire ne serait pas sécurisant pour le client.
Ensuite, "un bon coach maitrise les outils de base, et danse avec" explique, enthousiaste, Raphaëlle Choël. "La dimension humaine est passionnante. Les échanges avec les clients sont très riches, on fait du sur-mesure, il faut être très créatif. L'absence de jugement est essentielle".

Indépendance, réflexion, ouverture aux autres, la pratique du coaching apporte de grandes satisfactions : "J'ai apprécié la dynamique créée par cette nouvelle formation. J'ai beaucoup appris avec ce nouveau métier, beaucoup grandi", estime Aude.

Quelle clientèle ?

On distingue deux grandes catégories de coachs : le coaching d'entreprise et le coaching personnel. Le coaching personnel est en plein développement. "Il y a encore une réticence dans la mentalité française pour consulter un coach, estime Corinne Tucoulat d'Expat Communication. On n'est pas submergés de demandes de clients. Mais la génération des 30-40 ans a moins de freins et se fait coacher plus facilement."

Beaucoup de coachs ciblent les conjoints d'expatriés, pour les aider à résoudre les challenges auxquels ils sont confrontés. Devenir coach d'expatriés ne s'improvise pas. Des séjours prolongés à l'étranger s'imposent, mais il faut également une bonne connaissance de l'entreprise et d'un contexte multiculturel.

Chez ActiveExpatCoaching, on ambitionne d'aider les expatriés à donner un sens à la vie d'expatrié :"Comment tirer parti de mon expatriation ? Quels sont mes souhaits, mes ambitions et comment les transformer en actions ? Comment définir et parvenir à  l'équilibre qui me convient ?". "Vivre ailleurs, c'est exaltant, mais cela peut être aussi, à un moment précis, un véritable mal-être, estime Nicolas Serres Cousiné. Comment finalement retrouver cet équilibre personnel, familial ou professionnel, qui vous échappe actuellement ? Le life coach peut aider à trouver les réponses. Mon expérience me fait dire qu'il y a 10 à 15% de Francais expats qui sont à la recherche ou le seront bientôt, d'un coach. Il existe donc un marché, une demande."

Les conjoints d'expatriés peuvent parfois profiter d'un budget formation alloué par l'entreprise pour se faire coacher. Les entreprises sont d'ailleurs de plus en plus réceptives au coaching.

Les difficultés  du métier

Dans cette profession, être sur les réseaux sociaux est indispensable. Faire partie d'une association professionnelle peut être un atout. Mais le meilleur référencement est le bouche à oreille. "Souvent les personnes qui viennent une fois reviennent", dit Corinne Tucoulat,"mais c'est un leurre de croire qu'on va pouvoir en vivre facilement".  Le coach est un inspirateur, sa relation particulière avec le client n'est souvent pas récurrente, d'où la difficulté d'exercer le coaching sans activité complémentaire, sauf si l'on parvient à obtenir de nombreux contrats en entreprise.
Il y a une variabilité énorme dans les tarifs des coachs, selon qu'on exerce en entreprise ou en coaching personnel, selon le marché local des autres coachs, selon l'expérience acquise etc.

Beaucoup de coachs proposent donc en parallèle des bilans de compétences, de la gestion de carrière. Expat Communication a une activité importante de formation (au départ ou au retour d'expatriation entre autres) ainsi que le site femmexpat.com.  "Même si on pratique peu une fois formé, et que ceux qui arrivent à vivre du coaching sont rares, on peut considérer que cette formation est toujours un plus sur un CV, pour travailler dans les Ressources Humaines par exemple", estime Corinne Tucoulat. Les outils très performants du métier de coach permettent un changement de perspective important à tous les professionnels dont le coeur de métier est centré sur les relations. Par conséquent, le choix de se former permet de booster n'importe quelle carrière, sans avoir à changer de métier.
Les vies professionnelles, autrefois rectilignes, deviennent multiples, imprévisibles, décousues? Autant de facteurs qui pourront  peut-être contribuer à favoriser la demande en coaching à l'avenir.

Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) lundi 25 novembre 2013

Liens utiles : International Coaching Federation
International Institute of coaching

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