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Méditerranée : quel héritage pour les générations à venir ?

Par Anne-Claire Voss | Publié le 20/12/2021 à 17:45 | Mis à jour le 20/12/2021 à 17:45
Conférence à l'école ESCP au campus de Paris avec l’ambassadeur délégué interministériel de la Méditerranée, Karim Amellal.

Bon nombre d’expatriés français se sont installés dans la Méditerranée et observent depuis quelques années de perpétuelles évolutions politiques. Pour répondre aux questions des citoyens, le groupe MMO/ Maghreb Moyen Orient des Alumnis de l’école de commerce européenne ESCP en partenariat avec les Alumnis de l'ESA Business School, et avec le soutien de plusieurs associations comme le CCMF/ Club des Cadres Marocains de France a donc invité lors d’une conférence l’ambassadeur délégué interministériel de la Méditerranée, Karim Amellal. L’enjeu : décrypter l’héritage que cette région du monde aura à offrir.

 

Portrait de l'ambassadeur Karim Amellal

 

Malgré les flux migratoires, les crises diplomatiques ou environnementales, la Méditerranée habitera inévitablement deux milliards d’habitants en 2050. Trois étudiants de l’ESCP, pour certains même fraîchement diplômés, se sont portés volontaires pour questionner, jeudi 9 décembre, l’ambassadeur délégué interministériel de la Méditerranée, Karim Amellal, concernant le précieux héritage qui sera légué à leur génération.

 

Faciliter les échanges universitaires en Méditerranée

Dans cette discussion menée par la jeune génération, les premières questions se sont tout de suite tournées vers les échanges universitaires. Erasmus fête cette année ses 33 ans et l’ambassadeur répond affirmativement que la coopération universitaire reste dynamique en Méditerranée. Selon lui, ce moyen d’échange permet de consolider voir d’améliorer parfois des relations politiques. Un autre projet nommé Erasmus Med’ pourrait voir le jour en plus du réseau Thétys qui englobe plus de 70 universités. Celui-ci permettrait d’ouvrir aux étudiants l’accès aux différentes cultures et d’unifier davantage le Nord et le Sud méditerranéen.

 

Karim Amellal mentionne cependant une fuite des cerveaux. Certains jeunes espoirs se retrouvent face à un choix imposé et doivent quitter leur pays natal pour aller au plus offrant. Pour lui, il serait dès à présent nécessaire de trouver des terrains d’ententes avec les gouvernements méditerranéens pour résoudre ce problème : « Il faut que les mobilités pour aider ces jeunes soient aussi équitables et vertueuses que possible ». Toujours selon l’ambassadeur, une considérable créativité de la jeunesse se déploierait après les études dans l’entreprenariat mais celle-ci ne serait pourtant pas suffisamment encouragée par les institutions.

 

L’entreprenariat et les échanges permettent de fédérer la Méditerranée

Karim Amellal affirme qu’ « une grande richesse de notre pays vient des diasporas et qu’il s’agit de manière générale d'un enjeu politique de premier plan. » Dans cet esprit de consolidation, les démarches administratives pour les entrepreneurs vivant à cheval entre deux pays devraient se voir améliorées. Certaines institutions comme l’Agence française du Développement (AFD) fondée par l’ancien président Charles De Gaulle mettent déjà en oeuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale. Ces idées fédératrices pour les différents pays pourraient développer certaines relations diplomatiques avec le Maroc, l’Algérie ou encore la Tunisie. « Il est de notre intérêt commun que ces ressources puissent offrir un chemin de développement beaucoup plus fort que ce qu’il est. Nous en avons les moyens et l’ambition. Nous devons nous y mettre tous ensemble. » Karim Amellal insiste tout au long de la conférence sur la diplomatie dont les gouvernements doivent faire preuve : « le dialogue politique est un outil incontournable. La France essaye activement mais modestement d’appliquer cette mesure car elle ne peut pas agir seule. Il est nécessaire de respecter l’identité des autres pays, leur intégrité, leur souveraineté, leur vocation, respecter ce qu’ils sont. »

 

Se tourner vers une indépendance des ressources en Méditerranée

Au vu de l’actualité, un autre sujet économique pèse sur la Méditerranée : celui des chaînes de valeurs. Karim Amellal confie qu’« avec le Covid-19, il y a là un ras-le-bol de voir des médicaments fabriqués extrêmement loin. L’enjeu est de rapprocher ces chaînes de valeur. Nous considérons qu’il y a pour les pays du sud une opportunité extraordinaire dont il faut se saisir. C’est aussi quelque chose de très important pour l’opinion publique. » À l’initiative du président français Emmanuel Macron, le Sommet des deux rives, Forum de la Méditerranée se tiendra en février 2022 à Marseille. Cette réunion a pour ambition de relancer la dynamique de coopération en Méditerranée occidentale par la mise en œuvre de projets concrets en faveur du développement humain, économique et durable dans la région. Selon l’ambassadeur, ce type de projets « pourrait offrir des formations, des insertions et des emplois, pour une population confrontée a de nombreuses inégalités. »

 

Avec les réponses apportées, se glisse finalement des interrogations vis-à-vis de l’environnement. Comment conjuguer l’urgence climatique avec les autres problématiques ? La mer Méditerranéenne est la plus polluée du monde avec 8 à 12 millions de tonnes de plastiques déversés chaque année. Sans ombre d’un doute, le climat restera un impératif et pourra créer des tensions entre les différentes régions du monde. « Une ville comme Montpellier ou Grenoble  aura des températures à l’année semblables à celles d’Alger ou de Casablanca. Cela aura des conséquences massives. »  L’ambassadeur Karim Amellal affirme : « Pour tous les Etats et tous les acteurs, ceci doit être une totale priorité. »

Anne-Claire Voss

Anne-Claire Voss

Diplômée d'un Bachelor en Management et médiation culturelle à l'ICART (Paris), elle décide de réaliser un Master en journalisme à l'ISFJ (Paris) et de se former avec notre rédaction.
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