Les conseillers du Commerce extérieur de la France (Les CCE) constituent un réseau de 4500 chefs d’entreprise et experts qui proposent un appui pour l’internationalisation des entreprises françaises. Ils sont présents en France et dans plus de 150 pays. La présidente, Sophie Sidos Vicat nous explique le rôle des CCE. Interview.


Quelle sera votre priorité absolue pour ce nouveau mandat ?
Transformer notre réseau en levier d'action concret. Les CCE, ce sont plus de 4 500 membres actifs présents dans 152 pays. C'est une force considérable, encore trop souvent sous-utilisée. Ma priorité est d'intensifier les passerelles entre nos membres et les entreprises françaises qui souhaitent se développer à l'international, en affirmant pleinement la place des CCE au sein de la Team France Export. Aux côtés de Business France et de l'ensemble des partenaires du dispositif, nous apportons une valeur ajoutée unique : l'expérience de dirigeants bénévoles implantés dans les marchés internationaux, capables d'accompagner les entreprises grâce à leur connaissance du terrain et à leurs réseaux. Le dispositif institutionnel donne le cadre ; les CCE apportent l'expérience, la proximité et la confiance. C'est cette complémentarité que je souhaite renforcer.
Les CCE, ce sont plus de 4 500 membres actifs présents dans 152 pays.
Quels secteurs considérez-vous comme stratégiques pour les cinq prochaines années ?
Trois axes me semblent incontournables. D'abord les technologies deeptech et l'intelligence artificielle : la souveraineté numérique est désormais un enjeu géopolitique autant qu'économique. Ensuite la transition énergétique et les infrastructures critiques, où la France dispose d'atouts reconnus, du nucléaire aux énergies renouvelables. Enfin, l'Afrique, avec laquelle la France entretient des relations économiques appelées à se renouveler. Les demandes en infrastructures, en énergie, en santé, en numérique ou encore en formation offrent des perspectives majeures de partenariats durables. Sur chacun de ces enjeux, les CCE ont vocation à être un relais de terrain de la Team France Export, en facilitant les mises en relation, en partageant leur expérience et en aidant les entreprises françaises à transformer des opportunités en projets concrets.

La France est pour la septième fois la première destination des investissements étrangers, mais avec une méfiance croissante. Quelle analyse en faites-vous ?
Ce paradoxe est révélateur. La France attire : ses talents, ses infrastructures, son excellence scientifique, sa capacité d'innovation et son cadre de vie demeurent des atouts majeurs. Elle suscite également des interrogations, notamment sur la stabilité fiscale, la complexité réglementaire ou encore la lisibilité des politiques publiques à long terme. Les investisseurs étrangers ne recherchent pas la perfection ; ils attendent avant tout de la prévisibilité.
Dans ce contexte, la Team France Export et les CCE jouent un rôle complémentaire. Les dispositifs publics apportent un cadre structuré, tandis que les CCE, présents dans 152 pays, créent un lien de confiance grâce à leur connaissance du terrain et à leur expérience entrepreneuriale.
Quant à l'innovation, je pense que les entreprises françaises disposent d'un formidable potentiel. Elles excellent souvent en recherche et développement, mais hésitent parfois davantage que leurs concurrentes internationales lorsqu'il s'agit de changer d'échelle ou d'investir rapidement. C'est autant une question de culture que d'économie. Les CCE peuvent contribuer à faire évoluer cet état d'esprit en partageant les retours d'expérience de dirigeants qui ont su réussir à l'international et qui démontrent chaque jour que le risque maîtrisé est avant tout un investissement pour l'avenir.
Je pense que les entreprises françaises disposent d'un formidable potentiel.
À titre personnel, qu'est-ce qui vous motive le plus après une réélection ?
La continuité dans l'action. Un premier mandat est souvent celui de l'écoute, de la construction et du rassemblement. Le second est celui où l'on peut pleinement transformer. Ce qui me motive profondément, c'est la qualité humaine de ce réseau : plus de 4 500 femmes et hommes qui ont réussi à l'international et qui choisissent de mettre bénévolement leur expérience au service des entreprises françaises, en lien étroit avec les partenaires de la Team France Export. Cette générosité et cet engagement méritent d'être pleinement valorisés. C'est ce défi qui me porte.
Ce qui me motive profondément, c'est la qualité humaine de ce réseau : plus de 4 500 femmes et hommes qui ont réussi à l'international et qui choisissent de mettre bénévolement leur expérience au service des entreprises françaises.
Si vous pouviez changer une habitude française dans le monde du travail, laquelle serait-ce ?
En France, l'échec reste encore trop souvent perçu comme une faute, alors qu'à l'international il est fréquemment considéré comme une expérience qui renforce un entrepreneur. Cette culture de la perfection peut freiner la prise de risque, ralentir l'innovation et conduire certains talents à développer leurs projets ailleurs. Réhabiliter le droit à l'erreur comme une étape normale de l'apprentissage constituerait, selon moi, une véritable évolution culturelle, indispensable pour renforcer durablement notre compétitivité.
Réhabiliter le droit à l'erreur comme une étape normale de l'apprentissage constituerait, selon moi, une véritable évolution culturelle, indispensable pour renforcer durablement notre compétitivité.
Quel message souhaitez-vous adresser aux entrepreneurs qui souhaiteraient se lancer en 2027 ?
Le monde est aujourd'hui plus complexe, plus incertain et plus exigeant qu'il ne l'était il y a dix ans. Mais il offre aussi des opportunités extraordinaires. L'écosystème français d'accompagnement à l'international s'est considérablement structuré : la Team France Export propose désormais un parcours clair, depuis le diagnostic export jusqu'à l'implantation à l'étranger.
Pour autant, aucun dispositif ne remplace l'expérience de celles et ceux qui ont déjà emprunté ce chemin. C'est toute la valeur des CCE : plus de 4 500 dirigeants et experts présents dans 152 pays, qui mettent bénévolement leur expérience au service des entreprises françaises, en partageant leurs réussites, leurs difficultés et leur connaissance des marchés.
Appuyez-vous sur cet écosystème, osez-vous entourer et bénéficiez de l'expérience de ceux qui vous ont précédés. Les CCE sont là pour ouvrir des portes, partager leur expérience et vous aider à réussir plus vite et plus durablement.
































