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Investir au Panama : les conseils du directeur de la CCI France Panama

Destination prisée des expatriés, le Panama séduit aussi de nombreux entrepreneurs en quête d'opportunités. Marché porteur, porte d'entrée vers l'Amérique centrale, fiscalité attractive… mais aussi pièges à éviter : Christian Saphore, directeur exécutif de la CCI France Panama, démêle le vrai du faux sur l'investissement et l'installation dans le pays.

Christian Saphore, directeur CCI France PanamaChristian Saphore, directeur CCI France Panama
Christian Saphore, directeur exécutif de la CCI France Panama - Janvier 2025 © Mundo Social
Écrit par Sacha Carion
Publié le 7 juillet 2026

En 2025, le Panama s'est discrètement imposé parmi les destinations les plus attractives pour s'expatrier et démarrer une nouvelle vie, selon une étude menée par Expat Insider InterNations auprès de plus de 10 000 expatriés de 172 nationalités. Plus révélateur encore, 94 % des expatriés installés au Panama déclarent s'y sentir heureux, selon cette même enquête. Des arguments qui lui permettent de devancer des destinations comme la Colombie ou le Mexique pour certains critères.

Mais l'isthme jouit également d'une réputation d'eldorado pour les entrepreneurs et les investisseurs. Son environnement favorable aux affaires, sa position stratégique et sa fiscalité attractive contribuent largement à cette image. Pour autant, la réalité est plus nuancée.

Pour le directeur exécutif de la Chambre de commerce et d'industrie France-Panama (CCI France Panama), Christian Saphore, plusieurs précautions s'imposent avant de franchir le pas. Comme pour toute expatriation ou tout projet d'investissement, une préparation approfondie et des informations fiables restent les meilleurs moyens d'éviter les désillusions. Au cours d'un entretien accordé au petitjournal Panama, il revient sur les idées reçues qui entourent le pays et livre ses conseils pour réussir son installation dans ce pays d’Amérique centrale.

"Le Panama doit être vu comme LE fablab incontournable pour développer un projet à l'échelle régionale."

Comment décririez-vous le marché panaméen ?

Comme partout ailleurs, le Panama obéit à des règles. Il existe des processus précis à respecter et il faut surtout comprendre l'ADN du business local. Le pays est intéressant, mais il reste un marché de petite taille. À mes yeux, le Panama doit être vu comme LE véritable laboratoire, LE fablab incontournable pour développer un projet à l'échelle régionale.

Pour schématiser, on teste d'abord son modèle sur un marché de quatre millions d'habitants. Si le concept fonctionne, on peut ensuite l'étendre au Costa Rica, qui connaît une croissance soutenue, puis en République dominicaine où l'environnement économique est devenu beaucoup plus dynamique. Une fois ces marchés consolidés, il devient plus crédible de viser les grands marchés latino-américains comme le Mexique, la Colombie ou le Brésil.

"Le Panama est un pays d'opportunités."

Faut-il donc penser le Panama dans une logique régionale ?

Exactement. Le Panama est un pays d'opportunités. Il affiche la croissance la plus forte d'Amérique centrale sur la dernière décennie, et est jouit d'un environnement sûr. 

Quels sont aujourd'hui les principaux secteurs du Panama ?

Le secteur de la logistique maritime reste évidemment incontournable. Le Canal, les services et le transport maritime sont les piliers de l'économie panaméenne. L'agriculture conserve également une place importante, tandis que le secteur minier pourrait retrouver de l'importance si les activités reprennent dans les prochaines années.

Le tourisme constitue également un secteur porteur au Panama, notamment les agences réceptives (aussi connues sous le nom de destination management companies, en anglais), c'est-à-dire que celles qui prennent en charge les touristes une fois sur place, plutôt que de vendre des séjours au départ. C'est un marché qui fonctionne bien. En revanche, c'est un métier qui ne s'improvise pas. 

Les principaux atouts ?

Le véritable avantage du Panama réside dans sa position géographique. En quelques heures de vol, on rejoint facilement les principaux marchés d'Amérique centrale, des Caraïbes et du continent. Le pays est également relié directement à Paris, Amsterdam, Madrid et Istanbul, ce qui facilite ensuite les connexions vers l'Asie ou d'autres marchés internationaux. Le Panama constitue une excellente base pour rayonner dans la région.

"Il faut arriver avec une vision de long terme, des ressources financières suffisantes et ne pas penser qu'avec six mois de trésorerie tout sera réglé."

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?

La première consiste à sous-estimer le temps nécessaire pour réussir. Il faut arriver avec une vision de long terme, des ressources financières suffisantes et ne pas penser qu'avec six mois de trésorerie tout sera bouclé. Le marché panaméen est relativement conservateur. Il faut parfois plusieurs mois, voire davantage, pour gagner la confiance des clients. Une fois cette étape franchie, les relations commerciales sont généralement durables.

Aujourd'hui, certains Français arrivent, investissent dans l'immobilier et pensent ensuite qu'il ne leur reste plus qu'à profiter de la plage. Ce n'est pas ainsi que fonctionne le pays. 

Enfin, j’ajouterai qu’il faut être vigilant avec ce qui est publié sur les réseaux sociaux. Instagram et Facebook peuvent être utiles pour s’informer en amont, mais il y a, selon moi, un énorme travail de tri à faire. Une grande partie des contenus diffusés véhicule des informations erronées ou très simplifiées sur l'installation au Panama. Il faut systématiquement vérifier les informations auprès d'organismes certifiés, tels que la CCI France Panama.

Existe-t-il des secteurs dans lesquels les entrepreneurs français se trompent régulièrement ?

La restauration est un bon exemple. Si vous êtes un véritable chef avec un concept solide, vous pouvez réussir. Toutefois, beaucoup arrivent avec l'idée d'ouvrir une crêperie simplement parce que la fiscalité leur paraît avantageuse. J'en vois deux chaque année ! Mais s'il existe si peu de crêperies au Panama, ce n'est pas un hasard ! Les habitudes de consommation sont différentes. C'est souvent une fausse bonne idée.

Le même phénomène se retrouve avec les exportateurs de vin français. Beaucoup imaginent pouvoir vendre facilement des vins français au Panama. Pourtant, si les importateurs spécialisés sont peu nombreux, c'est parce que les coûts sont élevés. Les producteurs argentins et chiliens proposent d'excellents vins, bien plus compétitifs grâce à leur proximité géographique et à des coûts logistiques beaucoup plus faibles.

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