

La semaine dernière, lepetitjournal.com vous invitait à découvrir l'écrivain Estelle Nollet, actuellement au Randell Cottage de Wellington où elle écrit son quatrième livre. Comment vit-elle son expérience dans cette résidence pour écrivain ? Voici la seconde et dernière partie de son interview.
Lepetitjournal.com - Après On ne boit pas les rats-kangourous et Le bon, la brute, etc. vous êtes au Randell Cottage pour écrire votre troisième ou quatrième roman ?
Estelle Nollet - Le troisième est déjà fini, je l'ai envoyé à mon éditrice quand je suis arrivée à Wellington. Je l'ai écrit en Afrique où j'ai passé toute l'année dernière. Donc ici, je commence le quatrième?
Connaissiez-vous le Randell Cottage avant de vous inscrire ?
Pas du tout ! C'est mon attachée de presse qui m'a envoyé un mail en me disant "Tiens, il y a une résidence d'écrivains à Wellington. Comme tu aimes la Nouvelle-Zélande, peut-être que cela t'intéresseras !" Et en effet ça m'intéressait !
Comment êtes-vous entrée dans le Randell Cottage ?
J'ai fourni un dossier et une lettre de motivation notamment pour expliquer en quoi cette résidence là et pas une autre. Car des résidences, il y en a partout dans le monde. J'ai parlé de ma passion pour la Nouvelle-Zélande et pour sa culture notamment avec les Pakeha (Néo- Zélandais d'origine anglo-saxonne ou européenne) et les Maoris. Il y a un clivage et un rassemblement historique tellement fort. Et puis, il y a ce rapport fort avec la nature. J'ai aussi expliquer en quoi consistait était mon travail et quel projet je pensais mener à bien lors de cette résidence. J'ai été assez honnête, j'étais en train de finir mon troisième roman, en aout 2012, alors j'ai été très claire avec eux. J'ai expliqué que je ne connaissais pas encore le sujet du prochain roman, je n'avais pas la tête à ça. Mais il se trouve que la Nouvelle-Zélande est un pays que je connais et cela m'a aidé. Tout ça, c'était en août 2012, j'ai eu la réponse en septembre.
Selon vous, pourquoi on vous a choisi vous ?
Honnêtement, je n'en sais rien. Je n'ai pas demandé. Je pense que comme j'avais déjà amorcé une relation avec la Nouvelle-Zélande, ça a aidé. L'écrivain français qui était là l'année dernière, n'était jamais venue en Nouvelle-Zélande. Et il est bien possible que celui, ou celle, d'avant non plus. Alors peut-être que le fait d'avoir quelqu'un qui a un peu de repères? Mais je ne préfère pas trop m'avancer.
Et pourquoi avoir voulu faire cette expérience là ?
Plusieurs choses ! D'une part parce que c'était la Nouvelle-Zélande. D'autre part parce qu'en réfléchissant un petit peu, je me suis dit que j'aimerais beaucoup placer un bouquin en Nouvelle-Zélande. Alors c'est mieux d'être sur place. Et même si je ne savais pas exactement ce que j'allais écrire, c'est un sujet qui allait me botter, je le savais. Maintenant, je peux dire que je m'intéresse à la culture maorie, je fais des recherches pour mon quatrième roman. Et puis enfin, il ne faut pas se leurrer, c'est très rare une résidence comme ça. Nous y sommes bien payés et c'est une résidence à long terme. Sachant que je ne vends pas comme Marc Lévy, mon compte en banque a tendance à crier famine de temps en temps. Dans cette maison je ne paye que la nourriture.
Quelle est votre journée type au Randell Cottage ?
C'est la même que dans n'importe quelle maison ou je vais. De 8 heures à 12 heures : écriture. Quoi qu'il se passe, je suis devant le clavier. J'ai le droit de m'arrêter à ce moment là. Mais si j'ai envie de continuer, je continue. L'après-midi, c'est souvent des recherches. Mais ça peut-être la fin de ma journée de travail et dans ce cas là, je vais me balader, bouquiner, voir des amis ou une expo? Où que je sois, c'est comme cela que ça se passe depuis le deuxième bouquin.
Vous en êtes où dans l'écriture de votre livre ?
J'ai commencé l'écriture. Je viens de finir la période de recherches. Mais il y a des pauses, parce que je vais à Chistchurch ou Auckland, et lors de ces voyages je n'écris pas. Je mets neuf mois normalement pour écrire un livre. Docteur Freud, bonjour ! Après quatre mois au Randell Cottage, le livre sera loin d'être fini.
Et lors de vos voyages, ça ne vous manque pas de ne pas écrire ?
Si ! Et puis, quand on est écrivain, c'est un peu comme un sportif. Après une longue période sans écrire, il faut s'y remettre. On a plus le souffle. Ça ne prend pas longtemps, un ou deux jours. Mais c'est pour ça que c'est bien d'écrire constamment. J'ai un rythme de croisière et je m'y sens bien.
Vous-allez revenir en France pour faire la promotion du troisième livre ?
Oui ! Je suis chez Albin Michel et c'est contractuel. Je ne peux pas faire l'impasse sur la promotion. Ce qui est logique. Avant je regardais des émissions littéraires avec des écrivains qui parlaient de leurs bouquins. Et lors de la sortie de mon premier livre, je n'ai pas pensé que cela pouvait m'arriver. Quand on m'a dit "Il y a tous ces salons à faire, une interview là, une émission télé ici, tu pars en Belgique?", j'étais un peu perdue. Ce n'est pas un job facile. Il y a des gens qui le maitrisent très bien, mais moi j'ai beau adoré écrire, je n'aime pas beaucoup parler. Surtout de ce que j'ai écrit. Ce qui est chouette lors des salons ou des interviews, c'est que les personnes nous apprennent beaucoup sur notre livre. Je suis assez intuitive dans mon écriture et c'est pour ça que je ne sais pas vraiment décoder ce que j'ai écrit. Ils m'apprennent beaucoup sur mon livre et sur moi.
Vous n'avez pas peur que l'inspiration s'essouffle ?
Je n'y ai jamais pensé pour tout avouer. Mais personnellement, je crois que ce ne serait pas un problème. J'ai été dans la publicité, j'ai fait une maîtrise de plongée, j'ai écris. Donc si un moment c'est tari, tant pis, c'est tari et je passerai à autre chose. Moi je veux élever des chevaux. Donc si j'ai plus d'inspiration j'essayerai de concrétiser ce rêve.
Arthur Police (www.lepetitjournal.com/Auckland) vendredi 5 avril 2013









































