

(Rédaction internationale) Le plus anglais des marseillais est de retour avec un nouveau film, présenté en compétition officielle au festival de Cannes. Depuis sa première apparition au cinéma en 1995, Eric Cantona (AFP) est parvenu à gagner en tant qu'acteur la reconnaissance qu'il n'a pas eu, en France, en tant que footballeur. Et s'il n'a jamais remporté de coupe du monde, il pourrait bien repartir de Cannes avec une palme
Cantona le footballeur
Crâne rasé, col relevé et regard noir, Eric Cantona n'a jamais rien fait comme les autres et n'a jamais accepté de se voir dicter sa conduite. Suspendu à de nombreuses reprises, renvoyé de plusieurs clubs, l'enfant terrible du football français n'a jamais connu la gloire dans son pays. Trop arrogant, trop imprévisible, et trop anticonformiste. Un footballeur incontrôlable, parfois violent, qui dit admirer Fassbinder et Pasolini, écoute Chet Baker, fait de la peinture et de la poésie : la France a du mal à comprendre. Mais ce qui ne faisait pas recette en France a fait sa gloire en Angleterre. Là bas, le club de Manchester l'accueille à bras ouverts, et fait de ce "déserteur"français sa star, au point que, douze ans après son dernier match, il est toujours l'égérie du club, et les supporters mancuniens entonnent encore lors des matchs des chants à la gloire d'Eric the King.
Et Cantona l'acteur
Eric Cantona n'est pas l'homme d'une seule passion. Après le football, c'est au cinéma qu'il se consacre. Dès 1995, il est remarqué dans le film d'Etienne Chatillez, Le bonheur est dans le pré. Prenant sa retraite du football, il enchaîne ensuite d'autres films, alternant les genres, des Enfants du marais de Jean Becker à L'outremangeur de Thierry Binisti. Il s'essaye également à la réalisation, avec un court-métrage, Apporte moi ton amour, adaptation d'une nouvelle de Charles Bukowski.
Looking for Eric
En 2009, Eric Cantona joue son propre rôle dans le film de Ken Loach, Looking for Eric, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes. Mais il ne fait pas que jouer : c'est lui qui est à l'origine du film, et qui en a confié l'idée au réalisateur britannique. Un film sur le football, bien sûr, mais pas seulement : «Dans ses films, Ken Loach s'engage et ça me plait?, déclare l'acteur. Et apparemment, cela plait aussi au public, qui s'est montré très enthousiaste lors de la projection du film lundi.
Homme à tout faire
"Je ne suis pas un homme. Je suis Cantona"dit son personnage dans le film de Ken Loach. Et ce Cantona n'en finit pas de surprendre : non content d'être un dieu du football en Angleterre et un acteur reconnu en France, il a encore d'autres cordes à son arc. Peintre amateur, mais aussi photographe à ses heures perdues, il a réalisé en 2005 une exposition de photographies de tauromachie, qui a remporté un certain succès. La même année, il gagnait la coupe du monde de beach soccer avec l'équipe de France. Et avec tout ça, il reste modeste, refusant d'être un exemple, mais préférant rester lui-même et "s'amuser de tout", car "c'est là que les gens sentent votre sincérité".
Audrey Vassalli (www.lepetitjournal.com) mercredi 20 mai 2009
Pour en savoir plus :
Le site officiel du film
Liberation : Cantona que l'amour
Rue 89 : Cantona : « Dans ses films, Ken Loach s'engage et ça me plait »
Le Matin : Eric The King règne toujours sur Old Trafford, en attendant Cannes




































