

En tournée mondiale, le groupe de HipHop français Hocus Pocus jouera samedi 9 avril au Jazz Cafe, une date à ne pas manquer! Pour l'occasion, Lepetitjournal.com/londres a rencontré 20Syl, le fondateur et vocal lead du groupe. Dynamique, créatif et ouvert, l'artiste jongle avec le micro, les platines pour le collectif de DJ C2C et la caméra pour la réalisation des clips
" 2 0 S Y L j'ai déjà entendu ce type " chantait Hocus Pocus dans son premier album " Acoustic HipHop Quintet " sorti en 2002. Moins de 10 ans plus tard, le groupe est mondialement connu et apprécié par un public large mais exigent. Le dernier album du groupe 16 Pièces est dans la continuité des trois précédents, un mélange de hip-hop, rap et soul, parsemé de références musicales des années 90 et fourmillant de critiques humoristiques des travers de la société contemporaine. Au fil des titres, Hocus Pocus rebondit sur les jeux de mots et entraîne avec lui les meilleurs artistes sur la scène de rap français, tels que Oxmo Puccino ou Akhenaton, en passant par des musiciens de qualité plus récents, comme Ben L'Oncle Soul ou encore des surprises telles que Alice Russell. Toute cette diversité reflète leur ouverture d'esprit musicale.
Lepetitjournal.com/londres: Comment s'est formé le groupe?
20Syl: J'ai créé Hocus Pocus en 1995, à Nantes, avec un ami, Cambia. Entre 1998 et 2001, le groupe est resté en stand by entre 1998 et 2001 à cause du lycée et des études. Nous nous sommes alors un peu perdus de vue et la formation du groupe a pris une autre direction. J'avais rencontré Grimm au lycée et on a continué à travailler ensemble. En 2000/2001, nous avons commencé à travailler avec des musiciens jusqu'à trouver la formation actuelle en 2003. Les rencontres avec les membres du groupe se sont faites spontanément, de manière assez naturelle, parce qu'on partageait les mêmes goûts musicaux.
Vos goûts musicaux sont en effet très variés. Êtes-vous ouvert d'esprit musicalement?
Oui vraiment. L'ouverture est à la base même d'Hocus Pocus. Nos inspirations sont larges et multiples. Notre répertoire va aussi bien de la chanson française classique et du rap français au niveau de l'écriture jusqu'à la soul, le jazz, le funk, les musiques africaines et sud-américaines. C'est un grand mélange qui vient enrichir notre panel musical.
Vous collaborez également avec beaucoup d'artistes...
C'est dû à la diversité de nos inspirations. Parfois, on a envie de réaliser des rêves: quand on aime un artiste, on aimerait partager un morceau avec lui. Il y a aussi un propos purement artistique. Je suis le seul vocal lead sur nos morceaux et je n'écris pas ni ne chante en anglais donc nous avons besoin d'autres artistes pour réaliser ce côté soul en anglais auquel on tient. Nous aimons inviter des chanteurs comme Omar, Alice Russell ou plein d'autres qui vont apporter cette touche là.
Comment avez-vous rencontré la Britannique Alice Russell?
La première rencontre s'est faite avec sa musique qui nous avait beaucoup séduit. Par le biais de contacts interposés, nous avons réussi à prendre son email et nous lui avons écrit de manière assez spontanée. Tout s'est déroulé naturellement: elle a été enthousiasmée par le projet et nous avons pu nous rencontrer à Paris pour enregistrer tout simplement, dans le studio d'un ami.
Vous évoquez beaucoup vos influences américaines. Qu'en est-il des Britanniques?
Il y a plusieurs Djs que nous apprécions, comme Dj Vadim qui travaille avec Ciara Bravo, et avec qui nous aimerions collaborer dans le futur. Pour nous, Omar est une des grosses références Britanniques. Nous aimons aussi le côté acid jazz de Gilles Peterson qui a ouvert la voie et a amené ce style musical sur le devant de la scène. Le groupe Roots Manuva nous intéresse beaucoup aussi.
Pour quand est le prochain album d'Hocus Pocus?
Là je suis dans un projet différent, avec le collectif de DJ C2C [quatre DJ: 20Syl, Atom, Greem, et Pfel, membre du groupe Beat Torrent] avec qui on a remporté quatre fois les championnats du monde à Londres justement. Nous n'avons jamais eu l'occasion de faire un album puisque nous étions vraiment occupés avec Hocus Pocus, mais maintenant nous allons nous y consacrer. L'album verra le jour en 2012. Nous avons arrêté la tournée française de Hocus Pocus et nous développons désormais le côté international en Europe de l'Est, à Montréal, et à Londres.
Vous avez déjà joué en Angleterre?
Avec Hocus nous avions déjà fait deux concerts à Londres mais jamais au Jazz Cafe. C'est un endroit dont on a souvent entendu parlé, qui est un lieu mythique de la soul et du hip-hop instrumental.
Comment ça se passe avec ce public mondial?
C'est toujours une surprise. En France, il y a un esprit hip-hop qui est assez particulier, soit dans le côté très rap, soit un autre public dans le côté alternatif. J'ai l'impression qu'à l'étranger, le public est plus large et qu'il y a une mixité naturelle sur les concerts de rap. C'est cela que nous recherchons. En Allemagne ou en Angleterre, le rap a une connotation moins négative qu'en France où ce genre de musique peut avoir mauvaise réputation. Les médias ont souvent tendances à assimiler le rap dur à la violence, à des problèmes de société, et à en faire des clichés qui sont ensuite difficiles à porter pour les artistes.
Vous évoquez d'ailleurs les travers de la société avec légèreté et simplicité. Est-ce un rôle que doit avoir la musique selon vous?
Nous essayons toujours d'apporter une vision décalée de la société, de ce qui nous entoure tout simplement et des choses du quotidien. C'est notre caractère de le faire avec du second degré et de l'humour. Cette manière d'aborder les choses est propre à notre personnalité, sans entrer dans le schéma de rap classique qui dénonce la société. Il y a en ce moment en France un phénomène de peur, récupéré par les médias et les partis dans une surenchère d'arguments politiques et commerciaux qui m'agace profondément et sur laquelle j'ai du mal à avoir de l'humour.
Vous évoquez beaucoup le passé. Êtes-vous nostalgique des années 90?
Nous, notre grande époque du hip-hop, c'était le milieu des années 90, qui nous a bercé et que nous avons aimé. Même si aujourd'hui on trouve des groupes intéressants, on est forcément nostalgiques de cette époque là parce qu'on a des souvenirs liés à cette musique. Mais je ne suis pas nostalgique dans l'âme. Je suis plutôt optimiste, tourné sur l'avenir et sur les évolutions au niveau musical. Quant à nos influences, elles appartiennent à cette époque aussi. C'est toujours difficile de citer des artistes de notre temps parce qu'on a l'impression de faire partie de ce même développement artistique. On va chercher nos inspirations dans le passé et on vit avec celles d'aujourd'hui.
Propos recueillis par Justine Martin (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 31 avril 2011
Plus d'infos:
Hocus Pocus
http://www.myspace.com/hocuspocushiphop
Samedi 9 avril 2011
Jazz Cafe
5 Parkway
CamdenNW1 7PG
Métro: Camden Town
Prix: 15£






































