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DISPARITION – Roger Planchon éternel ouvrier de la culture

Pionner de la décentralisation et de la démocratisation du théâtre, Roger Planchon a marqué de ses engagements l'art dramatique et le cinéma. Travailleur infatigable et passeur d'intelligences, il est mort mardi d'une crise cardiaque

Le pouvoir aux créateurs ! disait Roger Planchon, ici en 2004 (photo AFP)
Avec la mort de Roger Planchon mardi, le monde de la culture perd une figure magistrale. A l'âge de 77 ans, celui qui a été un fougueux créateur est décédé paisiblement : il venait de lire une de ses dernières pièces à l'une amie quand il s'est senti fatigué. Il s'est couché et a été emporté par une crise cardiaque. L'auteur dramatique, metteur en scène, acteur et cinéaste exigeant et populaire est mort comme il a vécu : en travaillant.
"Ne jamais cesser de travailler"a d'ailleurs été un des principaux conseils qu'il a donné à Patrice Chéreau qui dit avoir tout appris de lui. D'ailleurs, l'autodidacte de St Chamond (Loire) était encore en mars sur la scène du Théâtre Silvia-Monfort : il jouait aux côtés de son épouse, Colette Dompietrini, Amédée ou comment s'en débarrasser, une pièce de Ionesco.

"Le théâtre est une brèche ouverte sur le monde"
Pour Roger Planchon le théâtre était un outil d'émancipation des masses qui ne pouvait qu'être populaire et politique aussi a-t-il toujours ?uvré pour sa démocratisation et sa décentralisation : jamais il n'a oublié les enseignements d'une enfance ardéchoise au contact de paysans.
Après avoir débuté au Théâtre de la Comédie, à Lyon, il a pris la direction du Théâtre de la Cité ouvrière de Villeurbanne en 1957 qu'il a transformé ensuite en Théâtre national populaire (TNP) et où-refusant les rennes du Théâtre de la Ville à Paris, et de la Comédie-Française, il est resté jusqu'en 2002 pour créer sa propre compagnie.
Énorme lecteur, il puisait son inspiration chez les classiques comme Molière, Shakespeare, Brecht ou Marivaux chez qui il trouvait les clés de la modernité. Mais des auteurs plus contemporains comme Orson Welles, Tchekhov, Adamov ou Vinaver le séduisaient aussi.
Considéré comme l'un des metteurs en scène les plus engagés depuis Jean Vilar, Roger Planchon a aussi été acteur de cinéma notamment dans Le Retour de Martin Guerre ou I comme Icare, et réalisateur de Dandin (1988) ou Louis l'enfant roi (1993). Dans les années 90, il a initié Rhône-Alpes cinéma, une structure qui a co-produit depuis plus de 200 films, et inventé Studio24, un studio de cinéma /salle de spectacle. Homme de lettres Planchon a également rédigé une biographie de Toulouse-Lautrec et publié ses mémoires : Apprentissages, (Plon, 2004).
Depuis l'annonce de son décès, les hommages affluent.
Anne LAPIERRE. (www.lepetitjournal.com) jeudi 14 mai 2009

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