Édition internationale

DIPLOMATIE – Kouchner prône des mesures incitatives pour la Birmanie

En visite officielle à Singapour hier, Bernard Kouchner a estimé que les sanctions contre la junte birmane devaient être impérativement accompagnées par des mesures incitatives afin d'encourager le régime à s'engager vers la réconciliation nationale

Hier, Bernard Kouchner était en visite à Singapour pour recueillir l'avis des représentants de la Ville Etat et celui de l'Asean (présidée actuellement par Singapour) sur les conditions d'un réel processus de dialogue et de réconciliation nationale en Birmanie. Malgré des différences quant aux sanctions à prendre, les ministres des Affaires étrangères français et singapouriens ont convenu que l'ASEAN et l'Union Européenne allaient travailler à appuyer la mission de l'émissaire spécial de l'ONU pour susciter des changements démocratiques en Birmanie.
Le Ministre singapourien des Affaires étrangères Georges Yeo s'est dit très satisfait de la visite de son homologue français, tout en reconnaissant les divergences entre l'approche de l'UE et celle de l'ASEAN en ce qui concernait l'efficacité des sanctions contre la Birmanie. "Bien sûr, l'Europe a ses propres valeurs et doit prendre une position forte en accord avec son propre système de valeurs,"a-t-il souligné.
Les ministres des affaires étrangères de l'UE avaient approuvé le 15 octobre de nouvelles sanctions contre le régime birman comprenant un embargo sur l'export de bois tropical, de pierres et de métaux précieux. Cette action venait en réponse à la répression militaire du mouvement pro démocratie en septembre qui avait causé la mort d'au moins 13 personnes et vu l'emprisonnement de plus de 3000 autres. L'UE avait déjà auparavant pris des mesures contre les leaders du régime et leur famille : 375 personnes sont interdites de visa et leurs avoirs ont été gelés. D'autres mesures pouvant aller jusqu'à une interdiction totale de tous nouveaux investissements pourraient être envisagées.
S'adressant à l'association des journalistes étrangers, Bernard Kouchner a néanmoins affirmé hier que les sanctions ne suffiront pas, même si elles sont utiles. Le ministre estime qu'il faut travailler sur l'offre politique et sur les mesures incitatives pour les Birmans. Il a à ce propos évoqué l'idée de la création d'un fonds sous l'égide de la Banque mondiale et des Nations unies susceptible de fournir un "micro crédit au niveau de l'Etat"qui permettrait de développer les échanges et le tissu industriel de la Birmanie. Un tel fonds avait été mis en place en 2000 au Kosovo lorsque M. Kouchner était administrateur pour l'ONU de ce pays dévasté par la guerre.
Aujourd'hui, Bernard Kouchner est à Bangkok où il doit rencontrer le Ministre thaïlandais des Affaires Nitya Pibulsongkram puis le Premier Ministre Surayud Chulanont, ainsi que des représentants de la communauté birmane en Thaïlande. (
www.lepetitjournal.com Bangkok avec AFP) mardi 30 octobre 2007

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