Le vieux bac
Pour s'y rendre, il est très facile de prendre un tuk tuk depuis Phnom Penh et de suivre la nationale 6A sur une quinzaine de kilomètres après le pont japonais, jusqu'à une petite pancarte indiquant l'embarcadère. Au bout d'une étroite piste de terre rouge, le vieux bac attend ses passagers : piétons, motos, vélos, voitures, camions, tout le monde se serre à bord. La traversée du Mékong dure une dizaine de minutes puis les passagers se pressent de débarquer. A l'arrivée, quelques vendeuses de soie proposent déjà leurs produits. Un billard est installé sur le côté pour patienter avant les départs.
Sous les maisons, les tisserands
Quelques mètres de piste permettent d'arriver au village, qui s'étend sur toute l'île, face au rivage. Il n'y a pas de voiture, ou si peu. Seuls quelques motos et vélos viennent troubler la tranquillité des lieux. L'habitat est traditionnel : les maisons sont en bois, sur de hauts pilotis. Sous presque toutes les maisons, les tisserands ont installé leurs métiers à tisser. Sous l'?il bienveillant des anciens, les plus jeunes tissent la soie, filles et garçons.
Dans les années 1950, la production de fil à soie au Cambodge atteignait 150 tonnes par an et couvrait l'ensemble des besoins du tissage. Aujourd'hui, la plupart des fils de soie sont importés, du Vietnam notamment, car la quasi-totalité des mûriers et des souches de vers à soie a été détruite sous le régime des Khmers rouges. La sériculture ou l'élevage de vers à soie n'en est donc encore qu'à ses débuts au Cambodge.
Travail patient et minutieux
Une promenade à pied autour de l'île permet de prendre toute la mesure du travail de la soie. Les fils sont teints puis filés, avant d'être savamment installés sur les vieux métiers en bois. La préparation du métier à tisser est une opération très longue qui peut prendre jusqu'à 3 jours. Ensuite, le tissage peut commencer : la navette passe et repasse entre les fils, les pieds actionnent les armures. En une journée, un tisserand peut ainsi produire entre un à deux mètres de tissus.
Les jeunes vendeuses servent de guides aux visiteurs. Et si leurs produits ne sont pas meilleur marché ici que sur les étals du marché russe à Phnom Penh, c'est tout de même l'occasion de ramener un petit souvenir de l'île de la soie.
(Source Photo: LPJ-Cambodge)
Aurélie Colladon ( www.lepetitjournal.com Cambodge) Mercredi 8 Octobre 2008




































