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DANSE – Béjart dans le ballet de l’au-delà

Le populaire chorégraphe Maurice Béjart est mort hier à 80 ans à l'hôpital universitaire de Lausanne. Au terme d'un demi-siècle de passion pour la danse qu'il a démocratisée et rendue contemporaine, il laisse en souvenir plus de 250 ballets et l'image d'un regard pétillant


Maurice Béjart voulait une danse physique, sensuelle et où les danseurs prendraient vie (Photo AFP)

Après Pavarotti en septembre qui avait popularisé l'opéra, Maurice Béjart qui a ouvert la danse contemporaine au grand public vient de s'éteindre. A 80 ans, suite à des problèmes rénaux et cardiaques, il est mort dans la nuit de mercredi à jeudi à l'hôpital universitaire de Lausanne, dans cette ville suisse où il avait monté le Béjart Ballet Lausanne voilà 20 ans. Auparavant, il avait aussi créé une école à Bruxelles et à Dakar qui ont formé des générations de danseur à sa technique singulière.
Pour lui en effet, la danse était d'abord une discipline aussi rigide que celle du sport, mais il fallait ensuite oublier le travail pour entrer dans le corps et laisser s'installer la liberté d'interprétation. Lui qui a remplacé le tutu par le jean, a aussi mixé la musique de Queen à celle de Mozart pour son Ballet for life à la fin des années 90.

La femme de Molière
Maurice Berger, qui avait adopté son nom de scène en référence à Armande Béjart, la femme de Molière, était issu d'une famille d'intellectuels marseillais et avait découvert la danse à 14 ans pour développer son corps alors chétif. Après une formation classique à Londres et Paris, sa Symphonie pour un homme seul (1955) l'a fait découvrir en montrant déjà son nouveau regard sur une danse qu'il voulait physique, sensuelle et où les danseurs prendraient vie. Ainsi, dans les années 60, ses compositions ont fait le tour du monde en rencontrant chaque fois le même succès comme Le Boléro, Roméo et Juliette ou Messe pour le temps présent.
En mêlant cinéma, théâtre ou opéra tout autant que les époques, Béjart inventait des spectacles parfois déroutants, mais toujours impressionnants comme ses récents MutationX, Ciao Federico, ou Zarathoustra. Sa dernière création, le Tour du Monde en 80 minutes, devait être présentée dans un mois à Lausanne, puis à Paris en février 2008, avant une tournée mondiale.
Patrick Dupont a eu hier ce joli mot en hommage à Béjart : "Il est sans doute déjà en train de faire danser les étoiles".
Florence PENSONNI. (www.lepetitjournal.com) vendredi 23 novembre 2007

En savoir plus :
Lire une passionante enquête du Monde (2005) : Maurice Béjart sous le regard de ses pairs
Une interview de Libé sur à propos de sa Messe pour le temps présent (1996)

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