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210 millions de dollars pour sauver les côtes d’Afrique de l’Ouest

Par Adrien Filoche | Publié le 19/04/2018 à 09:52 | Mis à jour le 19/04/2018 à 11:02
Photo : (Pixabay)
érosion côtière, Afrique de l'Ouest

Disparition de plages, maisons englouties par la mer, l’érosion côtière touche dangereusement l’Afrique de l’Ouest. Pour lutter contre ce phénomène, devenu une priorité, la Banque mondiale et le Fonds pour l'environnement mondial débloquent une enveloppe de plusieurs millions de dollars. 


De Dakar à Abidjan, de Cotonou au Cap, la mer grignote les côtes africaines à raison d’un à six mètres par an en moyenne selon une étude d’Ibrahima Faye, chercheur universitaire. 210 millions de dollars seront ainsi débloqués par la Banque mondiale au profit du Bénin, de la Côte d'Ivoire, la Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal et le Togo. Objectif : enrayer l’aggravation de l'érosion côtière et la dégradation du littoral. Les États côtiers d'Afrique de l'Ouest sont, chaque année, impactés par ce fléau. 

Selon l’instance mondiale, ‘’ce projet contribuera à réduire les inondations en restaurant les lagunes et les systèmes de drainage et en améliorant la gestion des bassins versants.’’ La Banque mondiale estime que ces actions permettront de renforcer la résilience de ces zones, où se concentre 42% de l’économie de l'Afrique de l'Ouest.


Un phénomène naturel aggravé par l’activité humaine 

On trouve plusieurs causes à l’érosion des côtes. Vents, tempêtes, courants marins, ou encore glissements de terrains provoquent de manière naturelle ce phénomène d’avancée de la mer sur les terres. Capable de s’auto-réguler, le circuit déraille lorsque l’humain vient ajouter son grain de sable. 

L’aménagement du littoral est par exemple une importante cause d’érosion côtière. La dégradation, voire la destruction de la couverture végétale dans ces espaces est aussi facteur d’érosion. Ces détériorations sont principalement causées par le déboisement ou encore la circulation des véhicules. Sans parler de la montée des eaux, conséquence funeste du réchauffement climatique. De quoi pointer une nouvelle fois l’homme comme principal coupable. 


Le tiers de la population vit sur les côtes

L’enjeu est de taille. Pour rappel, c’est sur ce littoral en danger que sont concentrées la plupart des capitales de l’Afrique de l’Ouest. (Nouakchott, Dakar, Cotonou, Conakry, Freetown, Monrovia, Lomé…). Chiffre révélateur, les littoraux abritent près de 30 % de la population d’Afrique de l’Ouest.

En 2016, l’érosion côtière a englouti l’ancienne cité et le phare de Grand-Lahou, en Côte d’Ivoire, entraînant l’abandon des habitations et la disparition des mangroves qui procuraient du bois aux populations. À Rufisque (Dakar), la ligne de côte a reculé à certains endroits d’une centaine de mètres. L'avancée de la mer à Saint-Louis (Sénégal) a aussi emporté de nombreuses habitations et établissements, et menace la vieille ville, classée patrimoine mondial. 

 

En attente d'une réponse globale

Les réactions existent, mais demeurent insuffisantes. Au Bénin, au cours des dix dernières années, la mer a gagné entre 40 et 50 mètres. En 2014, le pays a érigé des digues artificielles de 200 à 300 mètres de long. Mais dans certains espaces, ces constructions ont dramatiquement accentué l’érosion côtière. Seul, le Bénin ne peut lutter contre le fléau. 

À Saint-Louis, les autorités ont aussi construit une digue de protection de plus de trois kilomètres pour protéger la ville historique. Seul inconvénient : le phénomène s’est déplacé un peu plus loin sur la côte et risque de toucher d’autres pays limitrophes. Comme chaque problématique globale, seule une réponse globale pourra y répondre.

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Adrien Filoche

Étudiant en Mastère de Journalisme spécialisation Internationale à Nice, je suis depuis janvier 2018 au sein de la rédaction de Paris du petitjournal.com
1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

kris mar 18/09/2018 - 14:48

Y sont fous ces Romains ? «Comme chaque problématique globale, seule une réponse globale pourra y répondre.» Et nous y voilà encore!!! On reprend l'obsession de cette technocratie internationale qui veut tout niveler d'une même solution car sur le papier du système bureaucratique, de dîplomés du même moule, en commissions encravatées et aux gras émoluments c'est..... plus facile ! Ainsi donc la mode est de tout généraliser sous un nivelant positivisme forcené: plus de sexes , plus races, plus de nations, plus d'identités, plus d'humains différents, tous pareils msieurs dames attention on globalise !!! GLOBALITE DES PROBLEMES GLOBALITE DES SOLUTIONS ainsi va-t-on au .... désert mondial quoi ! Ben oui DESERT et on ne tient pas compte qu'il est fait de sable aux grains différents et alors ensuite bien sûr encore et encore ils vont nous demander des fonds car ils devront envoyer tous les bulldozers du monde pour niveler la hauteur les dunes que le vent de la nature fabrique lui ............. naturellement. Cette technocratie dans les nubuleuses internationales pépères est devenue Dieu! Or la nature n'est pas responsable, le sont toujours les hommes sur son terrain. Mais le sont bien plus ceux qui fondent en principes absolus des absurdités pareilles dans les hautes Instances Internationales. Pourquoi ? Mais parceque tout leur système sort du même moule théorique bâti uniquement sur du comptable en faramineux budgets perlimpimpins qui ne veulent pas par ce même principe ..... DE TERRAINS DIFFERENTS . Alors leur potion magique fait qu'on globalise standardise tout sur la mer du nord qu'on connait mieux et on obtient la «merde du sud» qu'on ne connait pas. Alors ils ont raison, ne voit-on arriver la dérive financière GLOBALE MONDIALE GENERALE qui va être encore payée par les impôts des autres. Ils sont globalement fous ces mecs là, vous croyez pas ?

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