Édition internationale

COTE D’IVOIRE – Situation préoccupante à Abidjan



Après l'arrestation de Laurent Gbagbo, la capitale économique ivoirienne est le théâtre de combats et de pillages. Et les organisations humanitaires ne peuvent pas atteindre toutes les zones de la ville

 

Un véhicule de la gendarmerie française est accueilli par des Ivoiriens à Abidjan (photo AFP)

Arrêté lundi, Laurent Gbagbo, ancien président de la Côté d'Ivoire a été emmené à un autre endroit du pays, selon un porte-parole des Nations unies, Farhan Haq. Pour l'instant, ce lieu est gardé secret par souci de sécurité. La mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) "continue d'assurer sa protection", a indiqué, hier mardi, le porte-parole.

Heurts et pillages à Abidjan
Dès l'arrestation de son rival, le président élu Alassane Ouattara a affirmé lors d'un discours qu'il demanderait à son Garde des Sceaux "d'engager une procédure judiciaire à l'encontre de Laurent Gbagbo, de son épouse et de ses collaborateurs." Il a également appelé au calme les forces armées des deux camps par ces mots : "Aux jeunes transformés en miliciens, ils doivent comprendre que leur combat n'a plus de sens. Je leur demande donc de déposer leurs armes."
Malgré cela, la situation restait instable, hier à Abidjan. Les rues de la capitale économique ivoirienne ont connu leur onzième jour de combat entres les partisans de Ouattara et ceux de Gbagbo, parfois très lourdement armés. La situation pourrait s'envenimer dans les prochaines heures, si la mort de l'ex-ministre de l'Intérieur de Laurent Gbagbo se confirmait. D'après Libération.fr, l'ancien membre du gouvernement Désiré Tagro aurait été tué par des soldats pro-Ouattara lors de l'arrestation de son chef politique.

La France annonce une aide financière
A Abidjan, les quartiers nord de la ville, qui abritent en majorité des proches de Gbagbo, étaient encore hier la cible de pillages. D'après les agences humanitaires de l'ONU, la capitale économique, où les ordures s'amoncèlent, manque cruellement de nourriture et de médicaments. Hier, Paris et Bruxelles ont respectivement annoncé des aides de 400 millions d'euros et de 180 millions d'euros pour financer les dépenses d'urgences mais aussi la reconstruction du pays. Mais tant que l'insécurité règnera dans certaines zones de la ville, celles-ci resteront inaccessibles, comme depuis une dizaine de jours, à toutes sortes d'aide humanitaire.   
Yann Fernandez (www.lepetitjournal.com) mercredi 13 avril 2011

Lire aussi :
Liberation - L'ex-ministre de l'Intérieur de Gbagbo tué à la suite de l'assaut final
Le Figaro - Abidjan : "Un besoin urgent de denrées et de médicaments"
Le Monde - Côte d'Ivoire : "L'interpellation de Laurent Gbagbo ne signifie pas nécessairement la fin du conflit"


Les soldats français n'ont pas arrêté Gbagbo, selon Fillon
Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé hier devant l'Assemblée nationale que les soldats français n'étaient pas impliqués dans l'arrestation de Laurent Gbagbo. "Pas un seul soldat français n'a mis les pieds dans la résidence (?) Le comportement des forces françaises a été exemplaire", a-t-il expliqué. La force Licorne devrait quitter la Côte d'Ivoire dès que la situation sera stabilisée dans le pays.
YF. (www.lepetitjournal.com) mercredi 13 avril 2011


Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.