

Celui par qui le scandale Clearstream a frappéde plein fouet le gouvernement est revenu sur les faits dans une interview parue hier dans Le Journal du Dimanche. Alors que le général Philippe Rondot disculpe Villepin et Chirac, l'opposition ratisse large avant le débat de demain sur la motion de censure
Les déclarations du général Rondot apporteront-elles une bouffée d'air au gouvernement ? (Photo : AFP)
L'ancien agent spécial Philippe Rondot est sorti de sa réserve pour accorder un entretien au Journal du Dimanche, paru dans son édition d'hier. Le général Rondot, àla retraite depuis la fin 2005, a fait couler beaucoup d'encre depuis le début de l'affaire Clearstream.
Cet homme du secret avait déposéfin mars auprès des juges d'Huy et Pons, chargés de l'instruction. Son procès-verbal, repris par plusieurs médias, mettait en cause l'intégritéde Dominique de Villepin et de Jacques Chirac. Le général a souhaitéles disculper formellement et estiméqu'àprésent "il y a trop de fuites, trop de manipulations, trop de publications tronquées de mes écrits ou de mes propos".
Selon lui, le Premier ministre est de "bonne foi". Alors que les médias lui avaient prêtéune déclaration selon laquelle Dominique de Villepin lui aurait demandéde fouiller tout particulièrement dans les affaires sales de l'actuel ministre de l'Intérieur, Philippe Rondot a affirméqu'il "n'a jamais étéquestion d'enquêter sur Nicolas Sarkozy". Concernant l'histoire du compte nippon du Président de la République, il est formel : "Il n'y a pas de compte de Jacques Chirac au Japon".
Bayrou en renfort pour la censure
Convoquépar les juges les 18 et 22 mai, le général Rondot dit qu'il ne se présentera pas car il n'a plus confiance : "je ne crois plus dans l'instruction menée par ces juges". Il explique que pendant sa première audition, "longue et éprouvante", il était "décontenancé". "Sans pouvoir me référer àmes documents", il a fait "quelques confusions", se justifie-t-il. Egalement : "j'ai ététraitéde menteur, ils m'ont menacéet considérécomme un voyou. Ca m'a choqué". Et il ajoute : "si on veut m'y conduire de force, ce qui est vraisemblable, je refuserai de répondre aux questions".
Sans savoir encore si ces déclarations donneront àVillepin une bouffée d'air, l'opposition continue de battre le rappel dans la perspective du débat sur la motion de censure, qui aura lieu demain àl'Assemblée. Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a ainsi déclaré: "Tous les députés qui veulent voter la censure seront les bienvenus. Ils auront rendu service àleur pays".
Il a obtenu du renfort en la personne de François Bayrou. Invitéhier soir du JT de TF1, le président de l'UDF a annoncéqu'il voterait la censure et a dit espérer que les députés de son parti le suivent. Pour autant, la motion de censure ne sera certainement pas adoptée, l'UMP détenant une majoritéabsolue àl'Assemblée.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 15 mai 2006
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