

Vikash Dhorasoo, Roschdy Zem, Marie Gillain et Jean-Paul Rouve (photo Pathé)
Le monde du travail et l'engagement citoyen ne sont pas très souvent au menu des comédies françaises. C'est pourtant l'angle choisi par Pierre Jolivet qui, 8 ans après sa Petite entreprise, continue avec La très très grande entreprise.Il s'agit évidemment de l'histoire d'une injustice et, comme le titre le laisse penser, d'une variante collective du combat de David contre Goliath.
La pollution engendrée par une usine du groupe Naterris a ruiné les riverains d'un étang. Il a fallu fermer les parcs à huîtres. Les touristes ont fuit, les restaurants se sont vidés. Pourtant, après des années de procédure, les victimes ne sont pas indemnisées à la hauteur de leur perte.
Mélanie, Zaccharias, Kevin et Denis décident de ne pas se laisser faire et de trouver une faille dans le système de la très très grande entreprise. Ils montent à Paris, s'installent tant bien que mal et se font embaucher dans l'immense tour de la maison mère. La recherche du dossier compromettant peut commencer.
Plus de justice que de suspense
Un cuistot, un vigile et une femme de ménage parviendront-ils à ébranler le pouvoir et l'argent ? Autrement dit, le petit peuple peut-il prendre son destin en main et faire plier les puissants ? Ce oui utopique que claironne Pierre Jolivet peut faire sourire. Ça tombe bien, il en fait une comédie !
La très très grande entreprise a donc le charme des ?uvres animées par un ardent désir de justice sociale. Évidemment, n'est pas Capra qui veut, mais la sincérité de Jolivet est patente et sauve le film de ses petits travers.
A son crédit, les comédiens insufflent l'humanité nécessaire à des personnages politiquement correctement étalonnés - un arabe, une femme, un homo - sans jamais trop en faire. Roschdy Zem est plutôt retenu et Jean-Paul Rouve campe un gay judicieusement sobre.
Par ailleurs hélas, inutile d'espérer le grand frisson. Pour ce qui est de l'espionnage et du suspense, le scénario est tout de même du genre plan plan. Il faut une bonne dose de bienveillance pour se prendre réellement au jeu.
Les choses sont toutefois bien faites, puisque c'est précisément la bienveillance que La très très grande entreprise inspire le mieux. Ce qui ne peut pas faire de mal, convenons-en.
Jean Marc Jacob
La très très grande entreprise, Pierre Jolivet (1h42) avec Roschdy Zem, Jean-Paul Rouve, Marie Gillain, Adrien Jolivet
http://www.latrestresgrandeentreprise-lefilm.com/




































