

Palme d'or àCannes, The Wind that shakes the barley s'attache àune période troublée de l'histoire irlandaise et suit le destin de deux frères, qui combattent côte àcôte contre les Britanniques avant de se retrouver face àface lors de la guerre civile irlandaise.
De gauche àdroite, Cillian Murphy et Padraic Delaney
Lorsque le réalisateur de Kes ou ou My name is Joe s'attaque àl'histoire irlandaise, il garde le regard critique et socialiste qui le caractérise. Il ne faut surtout pas compter sur le Britannique Ken Loach pour être complaisant avec sa patrie?
Les actions menées par les soldats britanniques contre les Irlandais sont décrites sans complaisance aucune et leur brutalitésoulève le coeur. Et certains protagonistes, comme dans tout film de Ken Loach, ont àcoeur de dénoncer le système de production capitaliste.
Des hommes ordinaires
S'il décrit la même période que Neil Jordan dans Michael Collins, Ken Loach a choisi de placer sa caméra sur des "hommes ordinaires"et non sur les leaders de l'époque. De fait, il nous fait suivre un groupe d'une quinzaine d'hommes, engagés dans la guérilla contre les Black and Tans, ces forces paramilitaires britanniques réputées pour leur brutalitéet haïes de la population.
Parmi les Irlandais, deux frères, joués admirablement par Padraic Delaney et Cillian Murphy, combattent côte àcôte avant de se diviser sur la question du Traitéde paix. Ce traité, qui instaurait un Etat-Libre mais maintenait l'allégeance àla couronne britannique et l'appartenance au Commonwealth, fut àl'origine d'une guerre civile entre ses partisans et ses détracteurs, pourtant issus du même mouvement républicain.
Récompensépar une palme d'or àCannes, le film n'a pas manquéde faire ressurgir le débat sur cette période en Irlande et en Grande-Bretagne. Et ce n'est sûrement pas pour déplaire àKen Loach?
Merrill GOUSSOT (www.lepetitjournal.com) Vendredi 14 juillet 2006






































