Un nouveau centre destiné aux animaux sauvages prend forme dans la province de Kampong Speu. Le projet est porté par Cambodia Wildlife Care, une organisation créée après l’arrêt des programmes de sauvetage et de réhabilitation de Wildlife Alliance.


Une première zone de quarantaine a été installée le 16 septembre dans la forêt communautaire de Prambei Mom, en collaboration avec le département des Forêts et de la Faune sauvage. Les animaux secourus y seront examinés et soignés avant d’être transférés dans des enclos plus vastes, aménagés au cœur de la forêt.
Pour Nick Marx, conseiller de Cambodia Wildlife Care et ancien responsable des programmes de sauvetage, de soins et de réintroduction de Wildlife Alliance, la nouvelle organisation vise à poursuivre ce travail. « Nous avons créé Cambodia Wildlife Care pour répondre au manque laissé par Wildlife Alliance », a-t-il déclaré .
L’organisation souhaite secourir les animaux sauvages, leur fournir des soins et, lorsque leur état le permet, les réintroduire dans leur milieu naturel.
La forêt de Prambei Mom abrite une importante population de bantengs
La zone de quarantaine constitue la première étape du futur refuge. Les vétérinaires y évalueront l’état de santé des animaux et détermineront s’ils peuvent être relâchés dans la nature. La forêt communautaire de Prambei Mom couvre environ 1 190 hectares, dans la commune de Prambei Mom, au sein du district de Thpong.
Selon Suon Lay, représentant de la communauté locale, elle abrite environ 117 bantengs, ainsi que des sangliers, des paons, des chacals, des cerfs et plusieurs espèces rares d’oiseaux et de reptiles.Le Cambodge compterait plus de 1 000 bantengs. Le pays possède ainsi l’une des dernières populations importantes de cette espèce de bovidé sauvage menacée.
Selon Nick Marx, la protection des bantengs de Prambei Mom figurait déjà parmi les projets de conservation auxquels il participait lorsqu’il travaillait pour Wildlife Alliance. Le nouveau refuge s’inscrit donc dans la continuité de cette mission.
L’écotourisme pour financer la protection de la faune
Nick Marx estime également que l’écotourisme pourrait contribuer au financement durable de la conservation, tout en créant des revenus pour les populations installées autour des forêts protégées. « L’écotourisme est l’un des rares moyens de financer durablement la protection de la faune tout en aidant les populations locales », a-t-il déclaré.
Il cite l’ancienne station de réintroduction de Wildlife Alliance, située près de Chi Phat, dans la province de Koh Kong. Les visiteurs pouvaient y observer des sambars, des muntjacs, des langurs argentés, des gibbons à bonnet, des ours malais, des paons et des calaos.
Cambodia Wildlife Care souhaite développer un modèle similaire à Prambei Mom. Le paysage y est toutefois différent : les forêts sempervirentes de Koh Kong laissent place à une forêt sèche de diptérocarpes.
Une réponse au commerce des animaux sauvages
Le projet intervient alors que le commerce d’animaux sauvages reste préoccupant au Cambodge.
Pour Nick Marx, de nombreuses plaintes concernent la vente d’animaux destinés notamment à devenir des animaux de compagnie. Cambodia Wildlife Care ne dispose toutefois ni de l’autorité ni des moyens nécessaires pour saisir des animaux ou faire appliquer la loi.
Il appelle les autorités et le public à agir pour décourager ce commerce. « Je demande à chacun de ne pas acheter, vendre ou consommer des animaux sauvages, sous quelque forme que ce soit (...) Les animaux sauvages ne sont pas faits pour vivre comme des animaux de compagnie. »
Il invite la population à laisser les animaux dans leur habitat naturel et à les observer à distance.
La zone de quarantaine de Prambei Mom constitue la première étape d’un projet plus vaste. Cambodia Wildlife Care souhaite créer un lieu où les animaux secourus pourront être soignés, protégés puis, lorsque cela sera possible, rendus à la nature.
Les personnes souhaitant soutenir l’organisation peuvent consulter son site internet.
Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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