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Mondulkiri : les danses punong cherchent leur relève

Résumé (≤200 caractères)Dans les villages du Mondulkiri, les danses punong continuent d’accompagner les fêtes et le tourisme. Mais le manque de jeunes danseurs inquiète les communautés qui souhaitent transmettre leur culture.

Mondulkiri - les danses punong cherchent leur relèveMondulkiri - les danses punong cherchent leur relève
photo AKP
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 15 mars 2026

ans les collines verdoyantes de Mondulkiri, le son grave des gongs accompagne encore les mouvements circulaires des danseurs punong. Ces danses, transmises de génération en génération, font partie intégrante de la vie des communautés autochtones. Mais aujourd’hui, derrière la beauté de ces cérémonies, une inquiétude grandit : de moins en moins de jeunes semblent prêts à apprendre ces traditions.

Un héritage culturel profondément ancré

Pour les communautés autochtones, les danses et les musiques traditionnelles ne sont pas de simples spectacles. Elles expriment l’identité, les croyances spirituelles et l’histoire collective des villages. On les retrouve lors des grandes fêtes, des rituels ou encore pour accueillir des visiteurs.

Dans la province de Mondulkiri, au nord-est du Cambodge, ces traditions sont parfois décrites comme un « or vert ». Elles permettent de faire connaître la culture des peuples autochtones tout en offrant une source de revenus aux communautés grâce au tourisme.

Des communautés prêtes à transmettre

selon Chréng Bet, présidente de la communauté écotouristique de la cascade Leng Kao, dans le district de Keo Seima, les habitants souhaitent continuer à partager leurs danses avec les visiteurs.

« Nous voulons préserver cette culture traditionnelle et encourager les jeunes générations à apprendre et à développer les compétences nécessaires pour la maintenir vivante pour les générations futures », explique-t-elle.

Mais la communauté manque aujourd’hui de formateurs et de moyens pour transmettre ces savoir-faire dans de bonnes conditions.

Des représentations de plus en plus rares

À Sen Monorom, dans le village de Poutang, Vann Leang dirige une troupe de danse traditionnelle depuis 2008. Selon lui, les représentations de danses punong se font aujourd’hui plus rares.

La troupe se produit principalement lors de programmes nationaux ou de cérémonies particulières.

« Nos performances font souvent partie de programmes touristiques. Elles permettent de présenter le patrimoine culturel des communautés ethniques du Cambodge aux visiteurs locaux et internationaux », explique-t-il.

Selon lui de nombreux anciens possèdent encore les connaissances et les gestes qui pourraient être transmis aux jeunes.

« J’espère qu’il y aura davantage d’attention et de formations pour que les jeunes puissent poursuivre cette tradition », ajoute-t-il.

Une transmission fragilisée

Dans le village de Purang, dans le district d’O’Reang, Thol Virak, vice-chef de la communauté, rappelle que les spectacles traditionnels restent un moment important de la vie collective. Le village compte 76 familles et les danses accompagnent toujours certaines cérémonies.

Cependant, l’intérêt des jeunes semble diminuer, ce qui alimente les inquiétudes quant à l’avenir de ces pratiques culturelles.

Pour lui, encourager les jeunes à apprendre ces danses est aujourd’hui essentiel pour préserver le patrimoine punong.

Le soutien des autorités culturelles

Sum Mab, secrétaire d’État au ministère de la Culture et des Beaux-Arts, reconnaît que les arts traditionnels autochtones font face à plusieurs défis, notamment celui de la transmission entre les générations.

Le ministère affirme vouloir poursuivre les initiatives visant à soutenir ces formes d’expression artistique, qui témoignent de la richesse culturelle des peuples autochtones du Cambodge tout en participant au développement du tourisme.

 

Mondulkiri : les danses punong cherchent leur relève

photo AKP

Une diversité d’arts autochtones à préserver

Le Cambodge possède une grande diversité de traditions artistiques autochtones. Parmi elles figure la danse du sacrifice du buffle, pratiquée par les communautés kreung, tumpoun et punong dans les provinces de Ratanakiri et Mondulkiri.

D’autres danses existent également, comme la danse Phloy Suoy de la communauté suoy dans la province de Kampong Speu, la danse Sneng Tonsong, la danse Sem Phloy, la danse du paon ou encore la danse de la cueillette de cardamome de la communauté por dans la province de Pursat, ainsi que la danse du paon de la communauté kola dans la province de Pailin.

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Publié le 15 mars 2026, mis à jour le 15 mars 2026
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