Édition internationale

Le Cambodge vigilant face à Ebola

Alors qu’aucun cas d’Ebola n’a été détecté au Cambodge, les autorités sanitaires ont déclenché une alerte nationale après la déclaration d’une urgence de santé publique mondiale par l’OMS. L’épidémie en Afrique centrale suscite une vigilance accrue dans le royaume.

Le Cambodge vigilant face à Ebola Le Cambodge vigilant face à Ebola
Vaccination contre le virus Ebola en Ouganda. Photo OMS

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à déclaré d’une urgence de santé publique de portée internationale en raison d’une épidémie en cours en République démocratique du Congo (RDC) et de sa propagation vers l’Ouganda, le ministère cambodgien de la Santé a confirmé qu’aucun cas d’Ebola n’avait été détecté dans le royaume à ce jour. Dans un communiqué publié lundi, les autorités indiquent toutefois suivre la situation de près et appellent la population à la prudence.

Le ministère précise avoir diffusé des informations de prévention auprès des professionnels de santé, des équipes d’intervention et du grand public, notamment via les réseaux sociaux. Des mesures de préparation sont également en place pour permettre une réponse rapide en cas de suspicion.

Une épidémie active en Afrique centrale

L’épidémie actuelle touche principalement l’est de la RDC, notamment la province de l’Ituri, où les autorités sanitaires ont signalé des cas d’une maladie initialement inconnue, caractérisée par un taux de mortalité élevé. Les investigations ont permis d’identifier le virus Bundibugyo, une souche rare d’Ebola.

Au 15 mai, 246 cas suspects et 80 décès avaient été recensés dans plusieurs zones de santé, dont Rwampara, Mongbwalu et Bunia. Des cas importés ont également été confirmés en Ouganda.

Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola en RDC depuis la découverte du virus en 1976. L’OMS a justifié sa décision par la propagation rapide de la maladie, les transmissions transfrontalières et un contexte humanitaire fragile dans la région.

Une souche rare sans vaccin homologué

La souche Bundibugyo du virus Ebola se distingue par l’absence actuelle de vaccin ou de traitement spécifique homologué. Selon les données disponibles, son taux de létalité varie généralement entre 30 % et 50 %, bien que d’autres formes du virus puissent atteindre jusqu’à 90 % en l’absence de prise en charge rapide.

Les autorités cambodgiennes rappellent que le virus se transmet par contact direct avec le sang, les liquides corporels ou les tissus de personnes infectées, ainsi que par des objets contaminés. Des transmissions peuvent également survenir lors de rites funéraires ou par contact avec des animaux infectés, notamment certaines chauves-souris ou primates.

Des mesures de prévention et de préparation au Cambodge

Face à ce contexte, le ministère de la Santé appelle à renforcer les mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains avec du savon ou des solutions hydroalcooliques.

Les voyageurs se rendant dans des zones à risque sont invités à respecter strictement les consignes sanitaires et à consulter immédiatement un professionnel de santé en cas de symptômes après un séjour ou un contact à risque.

Les autorités ont également mobilisé différents acteurs, dont les services d’urgence, les autorités locales et les médias, afin de renforcer la sensibilisation et la coordination en cas de détection de cas suspects.

Une réponse internationale 

L’OMS et ses partenaires soutiennent les autorités en RDC et en Ouganda, notamment par le déploiement d’équipes d’intervention, le dépistage en laboratoire, la surveillance aux frontières et la mise en place de centres d’isolement.

Cependant, les efforts de contrôle sont compliqués par l’insécurité et les déplacements de population dans l’est de la RDC. La province de l’Ituri compte à elle seule plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées, ce qui limite l’accès des équipes médicales.

Malgré la déclaration d’urgence mondiale, l’OMS ne recommande pas de restrictions généralisées des voyages ou des échanges commerciaux, estimant que ces mesures pourraient entraver la surveillance et la gestion de l’épidémie.

Dans ce contexte, le Cambodge mise sur l’anticipation et la prévention pour limiter tout risque d’introduction du virus sur son territoire.

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