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Le Cambodge engage la deuxième phase du canal Funan Techo

Le Cambodge lance une nouvelle phase du canal Funan Techo, un projet majeur destiné à relier le Mékong à la mer et réduire les coûts logistiques, dans un contexte de défis économiques et géopolitiques.

Le Cambodge engage la deuxième phase du canal stratégique Funan Techo Le Cambodge engage la deuxième phase du canal stratégique Funan Techo
Photo Ministère des transports
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 19 avril 2026

Le Premier ministre Hun Manet a déclaré, le 11 avril, que le Cambodge avait été confronté à de nombreux défis, à l’occasion du lancement de la construction du deuxième tronçon d’un canal reliant le Mékong à la mer, dans le sud-ouest du pays. Ce projet vise à améliorer les liaisons de transport, tout en renforçant la connectivité et les échanges commerciaux.

Ce deuxième segment, long de 151,6 kilomètres, fait partie du projet intégré de gestion des ressources en eau Funan Techo, dont la longueur totale atteint 180 kilomètres. Il traverse les provinces de Kandal, Takeo, Kampot et Kep.

La construction du premier tronçon a débuté en août 2024. Une fois achevé, le canal permettra de réduire les coûts de transport des importations et exportations en évitant le passage actuel par le Vietnam.

Un projet financé en partenariat avec la Chine

Le coût total du projet est estimé à 1,7 milliard de dollars, financé dans le cadre d’un partenariat public-privé avec la China Road and Bridge Corporation.

Selon le vice-Premier ministre Sun Chanthol, l’ouvrage devrait être achevé d’ici 2028, avec une durée de construction estimée à quatre ans.

Partant au sud de Phnom Penh, le canal reliera trois voies navigables existantes : le canal de Takeo (affluent du Mékong), le canal Ta Ek (affluent du Bassac) et le canal Ta Hing dans le district de Koh Thom, avant de déboucher sur la mer dans la province de Kep.

L’infrastructure aura une largeur de 100 mètres en amont et de 80 mètres en aval, pour une profondeur de 5,4 mètres. Elle pourra accueillir des navires transportant jusqu’à 3 000 tonnes en saison sèche et jusqu’à 5 000 tonnes en saison des pluies.

Renforcer la résilience face aux défis

Selon Hun Manet, l’objectif principal du projet est de renforcer le prestige national et les capacités du pays, afin de rendre le Cambodge plus résilient et d’améliorer la prospérité de sa population, tout en garantissant une appropriation par l’ensemble des secteurs.

Lors de son discours, il a évoqué plusieurs défis auxquels le pays est confronté, notamment des préoccupations liées à la souveraineté, aux territoires occupés par la Thaïlande, aux déplacements de populations civiles, ainsi que des incertitudes mondiales telles que la crise au Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole. « Ces facteurs constituent des difficultés complexes et en constante évolution », a-t-il indiqué.

Revenant sur les cinq dernières années, il a rappelé que le Cambodge avait déjà surmonté de nombreuses épreuves, allant de la pandémie de COVID-19 aux répercussions économiques de la guerre en Ukraine, en passant par les évolutions des politiques commerciales, les conflits et les crises énergétiques.

« Malgré ces incertitudes et ces difficultés, le Cambodge a démontré sa résilience et sa capacité à surmonter les obstacles et à poursuivre son développement », a-t-il ajouté.

Un soutien affirmé de la Chine

L’ambassadeur de Chine au Cambodge, Wang Wenbin, a déclaré que ce projet permettra de relier le réseau fluvial intérieur du Cambodge à son littoral, contribuant ainsi à combler les lacunes du système de transport et à renforcer l’intégration du pays dans les réseaux régionaux et mondiaux.

Selon lui, ce canal reflète une aspiration de longue date du peuple cambodgien. « La Chine soutient la construction de ce projet », a-t-il affirmé.

Il a également souligné que la Chine et le Cambodge entretiennent une amitié « à toute épreuve », fondée sur la confiance mutuelle. « La Chine a toujours été un partenaire fiable du Cambodge », a-t-il déclaré, ajoutant que Phnom Penh soutient Pékin sur des questions clés telles que le Tibet et le Xinjiang, tandis que la Chine appuie fermement le développement du Cambodge.


Rédigé par : Torn Chanritheara

Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

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