La garde d’enfants au Cambodge pourrait stimuler l’emploi féminin et l’économie, mais reste sous-développée malgré un fort potentiel.


Une étude récente de la Banque mondiale souligne que le développement de services de garde d’enfants accessibles et abordables pourrait avoir des effets économiques significatifs au Cambodge : une amélioration de la qualité de l’emploi des femmes et leur maintien dans l’activité. Environ 74 % des femmes en âge de travailler occupent un emploi ou en recherchent un, malgré des conditions souvent précaires. Elles assument près de 90 % des tâches domestiques non rémunérées et demeurent très présentes dans l’économie informelle. « De nombreuses femmes indiquent qu’elles chercheraient un emploi, ou un meilleur emploi, si des services de garde fiables et abordables étaient disponibles », selon la Banque mondiale.
Une offre insuffisante face à une demande croissante
Seuls 3,2 % des enfants de moins de trois ans ont accès à un mode de garde formel, obligeant la majorité des familles à se reposer sur l’entraide. La Banque mondiale estime que ce secteur pourrait générer près de 400 000 emplois d’ici 2030, auxquels s’ajouteraient 150 000 postes liés à la prise en charge des personnes âgées. « Les gains réels liés à la garde d’enfants proviennent du passage vers des emplois formels offrant de meilleurs salaires, horaires et protections », selon l’institution.
Un investissement rentable, mais encore sous-exploité
Un sous-décret adopté en décembre encadre désormais les structures de garde pour les enfants jusqu’à six ans, qu’il s’agisse de crèches communautaires, privées ou mises en place par les entreprises. Ce texte vise à alléger la charge pesant sur les parents et à leur permettre de rester actifs sur le marché du travail. Une analyse réalisée par la Banque mondiale estime que chaque dollar investi pourrait générer de 3 à 10 dollars de bénéfices, notamment grâce au maintien de l’emploi maternel et à un meilleur développement des enfants. Toutefois, 72 % des usines ne respectent pas encore les obligations en vigueur. Les priorités concernent le renforcement des contrôles, l’accompagnement des employeurs et le développement de formations certifiées. Pourtant, « la garde d’enfants constitue aussi un investissement productif pour les entreprises », d’après l’organisme, qui rappelle que le pays dispose d’une fenêtre d’opportunité limitée avant le vieillissement de sa population.
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