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Manina : de Phnom Penh à New-York, en passant par Paris et Tokyo

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 12/09/2017 à 12:12 | Mis à jour le 19/05/2018 à 08:47
Manina

Manina Phala nous donne rendez-vous un lundi matin au Starbucks de BKK. Cette Cambodgienne nous confie, dans un français à rendre jaloux Molière, sa vie de jeune créatrice de mode. Du haut de ses 26 ans, elle a déjà habité à Tokyo, Paris, Phnom Penh, New-York, Kuala Lumpur, Londres et elle ne compte pas s’arrêter là. Rencontre avec cette jeune femme qui rêve d’Amérique.

Vêtue d’une longue chemise blanche, Manina, souriante s’assoit à notre table et commence à nous raconter son parcours : « Mon prénom est Manina, mon nom est Phala et j’ai 26 ans ». Si sa présentation semble typiquement scolaire, son parcours est pourtant atypique. Manina a commencé son éducation à Tokyo, en japonais, puis elle retourne au Cambodge avec ses parents. « À cette époque, il y avait de grands écarts de niveau dans le système d’éducation au Cambodge donc mes parents ont décidé de m’inscrire au lycée français de Descartes », nous explique pudiquement la créatrice. C’est ici qu’elle y apprend le français. Une fois son baccalauréat scientifique en poche, Manina s’envole en France. « À l’école et dans les livres, j’entendais toujours parler de Paris : c’était un rêve d’y aller », raconte-t-elle. Dans la ville de l’amour, elle y fait une mise à niveau en arts et s’envole pour New-York. Dans la grande pomme, elle y passe un bachelor en mode, et file pour Londres. Dans la capitale anglaise, elle y étudie le textile pour un semestre et repart pour New-York. Vous suivez toujours ?

Mode

Une fois diplômée, la créatrice globetrotteuse, qui avait déjà effectué des stages pendant ses études (Condé Nast, Barneys, Calvin Klein…) trouve un emploi dans une start-up, XIMONLEE. Elle y dessine alors des vêtements « plutôt pour hommes mais unisexes ». À l’expiration de son visa, elle est forcée de quitter la ville qui ne dort jamais. « Cependant, je n'ai qu’une envie, y revenir », nous confie-t-elle. Même si pour elle, Paris reste la plus belle du monde (Cocorico !),  elle est tombée sous le charme de la mégalopole américaine cosmopolite où « dans cette ville, tout le monde est actif ». Depuis son départ du Royaume, Phnom Penh a bien évolué : « D’un point de vue restauration, on pourrait même se croire à Brooklyn à certains endroits ». Concernant la mode, les mentalités aussi ont beaucoup évolué et une partie de la jeunesse cambodgienne s’y intéresse. « Ici, la mode ne concerne que les grandes marques chères comme Gucci, c’est ce que veulent les clients. En revanche, à New-York ou dans d’autres grandes villes, la mode n’est pas que chère, elle peut aussi juste être l’expression de quelque chose sans avoir de valeur monétaire et accessible à tous », nous explique la jeune femme.

Manina à la reconquête de l'Amérique

« Qu’est-ce qui vous inspire quand vous dessinez ? » À cette question, Manina hésite et tranche finalement : « Tout m’inspire : la littérature, ce que je vois, les gens avec qui je parle, les livres, les expos ». La créatrice préfère dessiner plus pour l’aspect esthétique du vêtement que pour sa fonction. Si la création doit rester ‘portable’, Manina préfère travailler sur son histoire et son concept. « J’aime aussi jouer sur le textile, plutôt que sur la forme », ajoute-t-elle. Son expérience au Cambodge nourrit aussi ses créations : « J’adore les couleurs, les paillettes, comme dans les mariages cambodgiens ». Elle le reconnait : la mode est vue –parfois à juste titre- comme un monde superficiel. « Cependant, les gens ont une mauvaise image de la mode, regrette-t-elle, en faisant  des études dans ce domaine, je me suis aperçue que c’est quelque chose de très sérieux ». 

Textile

Celle qui parle japonais, français, anglais et khmer souhaiterait retourner sur ‘Le Nouveau Continent’ pour continuer à créer. Si jamais son rêve échoue, Phnom Penh sera son plan B, mais pas un choix par défaut. « Si je reste au Cambodge, je pense que je vais continuer à évoluer dans le domaine artistique mais peut-être pas dans la mode car il n’y a que très peu de possibilités », nous explique-t-elle. Au  royaume, elle se réjouit de pouvoir à nouveau manger le petit-déjeuner cambodgien, le Kuy-teav, même si elle espère rapidement pouvoir de nouveau croquer la grande pomme !

Vous pouvez retrouver plus de créations ici

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